Archives pour la catégorie ZAD | Zones à Défendre

De la Guinée à Nantes, parcours d’un résistant

Voici le récit poignant de Mohammed, jeune Guinéen de 16 ans, installé depuis le 15 novembre avec des dizaines d’autres sans-papiers, à l’Université de Nantes, où des étudiantEs et militantEs soutenant les migrantEs occupent les bâtiments universitaires de la Censive et du Château du Tertre. Un témoignage d’une lucidité saisissante, qui jette une lumière crue sur les conditions de la migration ordinaire.
Propos recueillis à Nantes par Claudine et Sandra.
( publiés sur le site du NPA national )

Pourquoi as-tu voulu quitter ton pays ?
J’aurais été au chômage, là-bas les diplômes ne sont pas considérés, les gens qui ont du travail sont ceux qui donnent de l’argent pour ça. C’est du donnant donnant : si tu ne donnes pas d’argent, tu n’as pas de travail. C’est comme cela dans toute la Guinée, quel que soit le système politique si tu veux entrer dans les bureaux tu dois donner de l’argent du coup seuls ceux qui en ont peuvent avoir un travail.

Tu es donc parti pour le Mali …
Je suis parti avec des amis, mon frère aussi mais lui est décédé. Je suis venu par la Libye. De Guinée je suis parti au Mali. Nous avons traversé le désert dans un camion, on ne nous a presque pas donné à manger pendant 2 semaines. Nous avons d’abord été vendus par les passeurs au chef rebelle Mohammed Talenta. Les hommes ont été vendus comme esclaves, les 15 femmes ont été vendues pour servir d’esclaves sexuelles.

Les autorités maliennes sont-elles au courant de ce trafic d’être humains?
Le gouvernement malien le sait très bien et l’ONU aussi : les passeurs nous ont laissés dans une grande cour déserte et un hélicoptère de l’ONU est venu. Les casques bleus nous ont dit : « vous, vous n’êtes pas Français ». Ils nous ont laissés entre les mains du chef rebelle. L’ONU est complice, je leur en veux beaucoup ; l’armée française aussi est complice, elle seule a le droit d’atterrir sur ce territoire, cela n’a pu se faire qu’avec leur accord.
On est restés environ une semaine. C’était des travaux forcés, on creusait des canalisations à longueur de journée. Le chef rebelle pouvait aller et venir avec ses amis. Ils venaient chercher du pétrole. Ensuite nous avons été vendus à des Algériens. Ils nous disaient : « nous on n’est pas des Africains ». ils venaient chercher les filles la nuit pour qu’elles leur servent d’esclaves sexuelles.
Ils nous disaient, à nous les garçons, d’appeler nos parents, de leur dire qu’il fallait donner de l’argent pour nous libérer. L’un de nous a appelé sa maman, il pleurait au téléphone. Sa maman a envoyé de l’argent, quand ils ont eu l’argent ils l’ont emmené dans un camion, on ne l’a pas revu. Ils l’ont tué.

Comment êtes vous arrivés en Libye ?
Nous avons été vendus à un autre passeur, Ben Ouali, qui allait en Libye. Nous avons essayé de nous enfuir pendant le voyage qui a duré un jour, nous étions environ 15. Mais nous avons été repris et ramenés à notre passeur par les autorités locales. Là-bas il n’y a pas de police, tout le monde est armé et peut faire ce qu’il veut. C’est un moyen de gagner de l’argent.

Les représailles ont dû être terribles ?
En arrivant nous avons été mis en prison et torturés. On nous a demandé d’appeler nos parents, toujours pour leur demander de l’argent contre notre libération. C’est quelque chose qui est bien connu. En 2015, 2016, ça existait déjà même si c’est seulement maintenant qu’on en parle. Tout le monde connaît les passeurs, leurs méthodes, mais l’État n’a jamais rien dit.

Vous étiez nombreux en prison ?
Oui, très nombreux, on ne pouvait pas dormir allongés… Les femmes s’allongeaient mais les hommes dormaient assis. C’était la prison de Zabrata.

Comment en es-tu sorti ?
Nous nous sommes enfuis. C’était difficile, il y avait des murs, avec des barbelés, et c’était gardé partout par des hommes armés. On a cassé les murs et les barbelés, on a couru en groupe et les hommes armés ont tiré sur nous. Certains n’ont pas pu s’enfuir, ils sont morts. C’est là que j’ai perdu mon frère.

Ensuite, vous êtes partis pour l’Europe ?
Non, ensuite on est arrivé à un ancien camp militaire. Il y avait des travaux de rénovation du camp, là on a travaillé pour les militaires, ils nous donnaient même un peu d’argent. Puis ils ont voulu nous « confier » à un passeur qui devait nous faire partir en Europe.
On n’avait plus confiance mais on n’avait pas le choix. Et surtout on voulait arriver en Europe.

Comment la traversée pour l’Europe s’est-elle passée ?
On a été embarqués dans un camion jusqu’à la mer, et vers 23 heures on a pris un bateau. On était 115. Hommes, femmes et enfants.
La traversée a duré une semaine du lundi au lundi, sans manger ni boire. On buvait l’eau de mer ou notre urine. Une femme a accouché sur le bateau.
Enfin un gros bateau nous a récupérés. Beaucoup étaient morts. On est arrivés à Lampedusa. On nous a dit tout de suite : ici on n’aime pas beaucoup les Africains.

En Italie, on s’est occupé de vous ?
On nous a ensuite envoyés à Rome. Une association, Integra, devait nous prendre en charge mais en fait on était dans la rue. J’ai mangé une seule fois. On était aussi en difficulté avec la langue, ne comprenant pas l’Italien
On est tombés malades, mais à l’hôpital on n’a pas été soignés. Il y avait un racisme important, on nous disait : vous comprenez, nous en Italie on n’a pas colonisé l’Afrique, on n’est pas responsable de votre situation, c’est à la France de vous prendre en charge… Je ne sais pas ce que les autres sont devenus. On a pris le train pour Vintimille. On y est restés 2 jours. À Vintimille on a pris un autre train pour Nice.

Comment êtes vous finalement arrivé à Nantes ?
Dans le train il y avait la police, on s’est cachés dans les toilettes, ils sont allés chercher une clé, mais on a bouché les serrures, et le temps que tout cela se passe, on était en France ! On a pris plusieurs trains jusqu’à arriver à Nantes. À Nantes on était dans la rue, une dame nous a dit : « Je ne connais rien aux problèmes de les migrants mais si vous êtes mineurs allez voir la police elle va vous aider ». La police nous a envoyé vers l’association qui évalue si nous sommes mineurs.
Ils ne nous ont pas crus : « ce n’est pas possible de parler aussi bien Français si vous êtes mineurs », et puis il faut donner le nom et la date de naissance de votre mère, de votre père et de vos grands parents. Je ne les savais pas et ils n’ont pas voulu me considérer comme mineur . Et pourtant j’avais un extrait d’acte de naissance avec moi. J’ai donc vécu dans la rue, pendant 8 mois.

Comment te sens-tu ici ?
C’est mieux que dans la rue. Je suis d’abord allé à l’ancienne école des Beaux-Arts mais on a été expulsés. Ici on mange tous ensemble, il n’y a pas de racisme, on est considéré comme un être humain. Les gens qui viennent nous voir sont gentils, ils nous aident, ils nous donnent des cours de français, d’anglais, d’informatique…

Quel est ton but maintenant ?
Je voudrais continuer des études et devenir ingénieur. J’ai perdu mon papa mais ce qui me soutient c’est que je garde contact avec ma maman, c’est pour elle que je veux m’en sortir, tant que je vivrai c’est la pensée de ma maman qui me donne ma force.

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Une lutte exemplaire à l’université de Nantes

Une lutte exemplaire se joue en ce moment sur le campus universitaire de Nantes face au mépris affiché et aux mensonges des pouvoirs publics…

Le président de l’université de Nantes a envoyé ce mail aux personnels cet après-midi, alors que l’on apprenait la fermeture administrative du bâtiment Censive : des cours ont été interrompus et les étudiant.e.s et enseignant.e.s sommé.e.s de quitter les lieux. Pour quelles raisons ?

« Cher (es) collègues,
Les occupants du Château du Tertre ont rejeté hier soir, lundi 11 décembre, notre demande de quitter ce bâtiment. Conformément à ce que j’avais indiqué, j’ai donc saisi, peu après 18h, la préfecture pour demander l’évacuation du château.
Sous couvert d’un soutien aux migrants, la situation, sur le château, devient de plus en plus préoccupante : des barricades ont été érigées avec le matériel du chantier voisin, des liens avec la ZAD clairement revendiqués et des interventions sauvages entrainant des dégradations ont été constatées sur nos installations techniques.
Parallèlement, la nature de l’occupation en Censive a radicalement évolué ce matin. Des accès sont barricadés, des sorties de secours sont bloquées et les agents de l’Université de Nantes se sont vu refusé l’entrée des locaux. Ces derniers ont, malgré tout, pu constater, de visu, la présence de bonbonnes de gaz propane, produit inflammable totalement prohibé dans ce type de bâtiment.
Cette occupation relève désormais d’une contestation dépassant très largement le problème des migrants. Le collectif a ainsi décidé que l’usage de 600 m2 permettant provisoirement un accueil digne et qui, jusqu’à ce jour, s’était déroulé dans des conditions respectueuses et sécurisée, n’est plus la priorité de son action.
J’en prends acte et cela m’amène à prendre une décision importante.
J’ai décidé la fermeture administrative du bâtiment Censive en ce début d’après-midi, pour les raisons de sécurité présentées ci-avant, en attendant l’évacuation complète du château du Tertre et des locaux occupés de la Censive pour laquelle je requiers le concours des forces de l’ordre auprès de la Préfecture.
Je regrette profondément la tournure qu’ont pris ces évènements. Chacun devra en prendre sa part de responsabilité. En attendant, j’appelle chacun à la plus grande vigilance sur le campus du Tertre au vu d’une situation que le collectif souhaite voir s’envenimer.
Sentiments dévoués,
Olivier LABOUX
Président de l’Université de Nantes »

Ce communiqué étant mensonger et agressif, voici la réponse des occupant.e.s de l’université; étudiant.e.s et exilé.e.s :

M. le président,
C’est un ultimatum que vous nous avez adressé par l’intermédiaire de M. Gastineau, que nous avons plus souvent rencontré que vous depuis le début des occupations, et non une demande. Un ultimatum ignorant totalement nos propres demandes : des garanties écrites de votre part, sur la non expulsion de Censive visée par la procédure administrative que vous avez requise tout en assurant faire preuve de tolérance pour ce bâtiment, ou une solution pérenne de relogement pour tou.te.s les exilé.e.s accueilli.e.s dans les locaux occupés. Nous ne pouvons abandonner à la rue des personnes qui nous ont accordé leur confiance et dont nous partageons la vie depuis maintenant trois semaines.
M. le président, nous aimerions connaître de votre bouche les motivations que vous nous attribuez mais sur lesquelles vous restez si mystérieux. Permettez-nous de vous faire remarquer que cette accusation de prétexte d’aide aux personnes migrant.e.s à des fins si inavouables que vous ne pouvez les avouer n’est pas sans rappeler la désinformation de militant.e.s d’extrême-droite, en particulier celles et ceux qui nous ont attaqué.e.s la nuit du 3 au 4 décembre et dont vous avez grand soin de ne jamais parler.
M. le président, si vous nous aviez fait part de vos inquiétudes sur nos motivations et accepté d’écouter notre réponse, peut-être auriez-vous compris que les barricades ont été érigées devant l’inflexibilité de votre demande de quitter les lieux sans garantie aucune, ainsi que devant la notification d’une autorisation d’expulsion pour le château mais aussi Censive.
M. le président, vos accusations à l’encontre de la ZAD sont sans fondement. Nous aimerions également vous rappeler que le rétablissement « sauvag[e] » du chauffage au château du Tertre fait suite à plusieurs choses : les températures hivernales, votre intervention pour couper ce chauffage en prétextant la sécurité, et les températures hivernales.
M. le président… à nouveau les barricades ? Les agents de sécurité se sont présentés à nous pour vérifier l’existence d’une, et non plusieurs, bonbonne de gaz. Votre communication allusive laissant entrevoir une utilisation bien dangereuse de cette unique bonbonne, permettez-nous de vous rassurer : elle était destinée à la cuisine, et nous l’avons sortie des locaux à la demande des agents de sécurité. De plus, cette bombonne était simplement stockée ici et ne servait qu’à l’extérieur. Il est étonnant que vous n’en informiez ni les destinataires de vos mails ni les vice-président.e.s de l’université pour les rassurer à votre tour.
M. le président, de grâce apprenez-nous quelle est donc cette priorité cachée de notre action qui vous préoccupe tant. En effet, malgré la relecture assidue de tous nos communiqués, nous ne parvenons pas à trouver autre chose que l’exigence du respect du droit élémentaire à un toit pour toutes et tous, sans distinction de nationalité ou d’âge.
M. le président, votre fermeture administrative de Censive a interrompu de nombreux cours qui n’ont pas été relocalisés. Votre décision de demander l’intervention policière pour expulser –car il s’agit bien de cela et non d’une évacuation- les deux bâtiments nie vos propres engagements au point qu’il vous aura fallu ce mail douteux pour vous en justifier. Cette décision vous déshonore.
M. le président, nous regrettons profondément nous aussi votre absence ce soir, qui entache quelque peu votre appel à la responsabilité de chacun.e. Plus que jamais nous aurions souhaité vous rencontrer et vous inviter à négocier. Mais après avoir demandé l’expulsion, sans doute aviez-vous hâte de rentrer chez vous bien au chaud.
M. le président, cessez de nous prêter des intentions. Vous avez demandé l’autorisation d’expulser les deux bâtiments dans une unique procédure et nous avons peine à croire qu’un homme assurant votre fonction n’ait pu entrevoir la tension que cela créerait. Nous assurant de votre tolérance pour Censive, vous avez aujourd’hui demandé l’expulsion des deux bâtiments.
Nous espérons vous voir demain à 10h.
Nos sentiments dévoués à la cause des personnes abandonnées par les pouvoirs publics.
Les occupant.e.s des bâtiments Censive et du château du Tertre

Bonsoir à tous ceux qui luttent,
Aujourd’hui nous avons été massivement soutenus par votre présence, et c’est grâce à vous que nous avons réussi à obtenir une nuit à la fac (Censive).
Le bordel d’aujourd’hui a été choquant. Votre présence a sauvé les jeunes mineurs isolés contre l’expulsion. Mais sachez que sans vos soutiens, nous ne serions pas là ce soir. Un monde sans violence est possible ! Ghandi. Et sans vous, le maintien du Censive ne serait qu’un immense rêve pour tous ici présents. On ne peut pas vous dire exactement comment on se sent maintenant, parce que votre courage est surhumain, votre courage dépasse nos attentes. Vous êtes les plus brillantes et excellentes personnes qui soient misent sur nos chemins. Vous êtes un Tout qui fait peur aux transgresseurs. Alors s’il vous plaît nous vous demandons demain à 9H d’être présent pour que le combat continue. Vous êtes la corde qui nous tient débout. Nos espoirs seraient sans doute anéantis sans votre noble aide. La victoire est proche et ça c’est grâce à vous. Nous savons que vous ne nous abandonnerez pas, pas en ce moment en tout cas. Parce que vous ne faites pas partie des gens qui renoncent à la dernière minute. Vous venez de réécrire l’histoire des sans papiers. Vos empruntes seront une marque de victoire, et chacun de nous l’a gravé sur son cœur.
Merci énormément pour toute l’aide que vous nous apportez.

Des jeunes de Censive.

Un dossier détaillé et complet de la situation  est disponible sur Indymédia Nantes.

 

Mise au point

« La presse parle depuis quelques temps de l’occupation du bâtiment Censive et du château du Tertre de l’université de Nantes. Olivier Laboux, président de l’université, notamment, s’y exprime directement sur le sujet. Les écarts entre ce que nous lisons dans la presse et la réalité de l’occupation nous poussent à livrer quelques précisions et rectifications. Nous vous invitons à prendre connaissance du dossier en envoyant un message à la page. Nous pourrons vous le transmettre en pièce-jointe.
Si nous occupons, si nous réquisitionnons, c’est qu’il y a à Nantes près de 600 mineur.e.s isolé.e.s, c’est-à-dire sans famille ni ressources. Une soixantaine complètement abandonnée à elle-même et vit dans la rue, en contradiction complète avec la convention internationale sur la protection de l’enfance, exposé.e.s à toute la violence de la rue : faim, froid, agressions, vols, violences sexuelles, prostitution forcée…
Le dossier parle notamment de la prétendue dangerosité et insalubrité du Château du Tertre que l’appel d’offre des travaux prévus en décembre dément totalement. L’eau et l’électricité fonctionnent parfaitement si ce n’est quand la présidence décide de couper volontairement le chauffage par température négative quand des jeunes dorment à l’intérieur.
Les solutions trouvées par la présidence (inscrire gratuitement des étrangers qui ont le niveau BAC/débloquer 40 chambre CROUS pour elles et eux) n’ont rien à voir avec la situation des jeunes logés ici. Mineurs, ils n’ont pas le Bac ou équivalent. Pourtant, Olivier Laboux, président de l’Université de Nantes, a beau jeu d’en faire une réponse efficace. Nous demandons avons tout que l’Université pèse face aux pouvoirs publics compétents afin de trouver des solutions pérennes pour tout le monde.
Vous trouverez également dans ce dossier un résumé du « processus d’évaluation de minorité » que fait subir le Conseil Départemental par le biais de l’association AEMINA. Un processus fallacieux, sans validité scientifique, très souvent dégradant et humiliant.
Pour finir, nous rappelons que malgré un soutien massif exprimé au cours du temps et particulièrement lors de la manifestation du samedi 9 décembre, nous sommes menacé.e.s et quand ce n’est pas la présidence, c’est l’extrême-droite, de tous bords. Groupusculaire quand le lundi 4 décembre des fascistes sont entrés au Château du Tertre pour gazer et matraquer les personnes présentes, ou institutionnelle quand le FN (et pas que…) tente depuis des années d’opposer l’aide aux SDF français et celles aux étranger.ère.s. Nous revendiquons bien évidemment un logement décent et permanent pour toutes et tous, sans distinction de nationalité, d’âge, de religion. Rassurons les fascistes, des sans-abris tout ce qu’il y a de plus français passent pour discuter, prendre un peu de repos et de nourriture sur la faculté. Nous avons conscience que ce que nous créons est leur pire cauchemar et nous en sommes fier.e.s. »
( communiqué de Université de Nantes en lutte 12/12/2017 )

Mardi 12 décembre, 16 heures :
Fermeture administrative du bâtiment Censive, les étudiant.e.s ont dû quitter les amphis. Risque d’expulsion, besoin de présence au château dès que possible. A faire tourner.

Défendons le château !

La présidence a donc bien posé un ultimatum.
Si nous n’avons pas quitté le château avant 18h,
ils appellent la police pour nous expulser.
Nous n’obéirons pas.
Le chantage n’a jamais donné un toit à qui que ce soit.
Parce que nous exigeons un toit pour toutes et tous,
parce que la situation et les souffrances
vécues par les exilé.e.s sont intolérables,
parce que nous affirmons que l’accueil digne
de toutes personnes exilées doit être inconditionnel,
nous appelons à se rassembler au château à 17h
et nous invitons à une conférence de presse à 18h.
D’ores et déjà pour tous et toutes celles et ceux qui sont disponibles, nous avons besoin d’aide au château dès maintenant.
Faites passer le message !
Après une manifestation de plus de 1000 personnes samedi dernier, un soutien concret par des dons réguliers de Nantais.es,
trois semaines intenses de lutte, de vie, d’échange,
nous ne laisserons pas ce formidable mouvement de solidarité
se faire écraser par quelques flics !
Accès : ligne 2, arrêt Facultés. Chemin de la Censive du Tertre
Université de Nantes en lutte

Tous dans la rue pour que personne n’y vive !

Hier après-midi, samedi 9 décembre à Nantes...
« Pendant que le président rendait hommage à un chanteur millionnaire, Nantes manifestait pour soutenir le mouvement d’occupation qui dure depuis trois semaines, pour héberger les mineurs à la rue.
Dans un froid mordant, et malgré les intimidations policières, 1500 personnes défilent. Jamais une manifestation de ce type n’avait tant rassemblé ! D’ordinaire, les rassemblements pour le droit des sans-papiers et des sans-logis agrègent difficilement une centaine de participants. Avec les occupations de plus en plus audacieuses menées depuis le mois de novembre, et le soutien de plus en plus large et populaire à la lutte, quelque chose est en train de se construire à Nantes. Voir la tête de cortège composée de jeunes exilés, reprenant leurs destins en main, lançant les slogans au mégaphone et ambiançant le défilé, est en soi une démonstration de force et de solidarité réjouissante. Derrière eux, une foule hétérogène composée aussi bien des forces vives des récentes manifestations que de familles, d’hébergeurs solidaires, d’étudiants, de syndicalistes …
Face aux centaines de nantais mobilisés pour l’accès aux droits fondamentaux de tous, l’État ne réagit plus que par la provocation. Avant même le rassemblement, la BAC en cagoule contrôle et fouille des manifestants. Des menaces personnelles sont proférées. Le défilé se déroule littéralement encadré de part de d’autre par un cordon policier qui court autour du cortège, électrisant les participants et inquiétant les badauds qui font leur marché de Noël. Un CRS met en joue la foule au moment de passer devant la préfecture. D’autres menacent les manifestants de tirer des grenades devant le Tribunal Administratif – qui avait validé l’expulsion cette semaine –, étape symbolique de l’après-midi. Le défilé, on ne peut plus calme, ne pourra pas faire le parcours prévu. Après la manif, d’autres coups de pression sont mis à des manifestants qui rentrent chez eux. Un régime qui en est rendu à dépenser des dizaines de milliers d’euros pour envoyer un hélicoptère, des centaines d’hommes et des canons à eau face à une manifestation familiale, antiraciste et totalement inoffensive, est un régime prêt à basculer dans l’obscurité.
Du reste, malgré leurs menaces, les nervis racistes n’ont pas osé venir se frotter à la manifestation. Les héros de l’extrême droite nantaise préfèrent frapper des adolescents à 4 contre 1 de nuit, ou gazer par surprise les occupant-e-s du château du Tertre. Minables.
Le soir, un grand repas est donné au château du Tertre toujours occupé, dans une ambiance chaleureuse.
Mais le président de l’université menace plus que jamais de faire intervenir les forces de l’ordre sur la fac. Restons vigilants en cas d’alerte.
La lutte continue ! » ( communiqué de Nantes révoltée )

 

 

RDV mercredi 13 décembre Sauvons Bure !

Rendez-vous mercredi prochain 13 décembre
avec le Comité angevin de soutien à Bure
au bar Le Challenge à 19h30

Nous sommes tous Lorrain-nes !

Dans le département de la Meuse, entre les villages de Saudron, Bure et Mandres-en-Barrois, l’état français via l’agence ANDRA ( Agence Nationale pour la gestion des Déchets RAdioactifs) tente d’implanter une décharge souterraine de déchets nucléaires, baptisé poétiquement CIGEO ( Centre Industriel Géologique).
Il s’agit selon leur propre dire du PLUS GROS CHANTIER JAMAIS ENVISAGÉ EN FRANCE. Pour ordre de comparaison, le volume de terre excavé du site serait équivalent à entre 5 et 10 fois le volume excavé pendant la construction du tunnel sous la manche. Mais ceci n’est qu’une petite partie de ce qu ils prévoient : à terme c’est toute la région qui sera nucléarisée, invivable pour l’éternité.
Après les échecs et revers cuisants qu’a subis l’agence dans ces tentatives d’implantation ailleurs en France ( comme à Segré dans le 49), l’état a affuté sa tactique d’occupation. Après des années d’arrosage financier de la région afin de faire passer la pilule radioactive aux habitants, alors même que le projet n’est toujours pas légalisé, une phase de passage en force antidémocratique a été entamée.
Après le vol de la forêt de Mandres en Barrois par l’agence, et l’occupation de celui-ci par des militant-es, meusiens, meusiennes, personnes de tout horizon, la ZONE  EST DÉSORMAIS SOUS OCCUPATION MILITAIRE. Les gendarmes locaux sont confinés dans leur casernes, et le relais est pris par des gardes mobiles. 24h sur 24, des forces d’intervention ( PSIG), des services de renseignements, des vigiles de sécurité privés, des GMs rodent dans les bois, mettent la pression sur les habitants, usent de violence, d’insultes, enferment pour des délits mineurs.
Parmi les personnes victimes de cette répression, un agriculteur a été, par exemple, condamné à 3 mois de prison avec sursis et 5 ans de mise à l’épreuve pour avoir simplement prêté sa bétaillère aux personnes en lutte. D’autres sont enfermés en détention préventive en attente de leur procès. Au mois d’aout 2017, une personne a été gravement blessée au pied par une grenade offensive.
Au mois de septembre 2017, une barrière est à nouveau franchie par la mise en place de perquisitions dans la maison associative du centre du village de Bure, ainsi chez des particuliers, perquisitions qui se sont soldées par la destruction de biens personnels et la confiscation, entre autres, de tout le matériel informatique.
Devant ces faits inadmissibles, des comités de soutien se sont formés un peu partout en France. A Angers, un groupe de personnes solidaires a décidé de se regrouper régulièrement.
Ce groupe envisage de faire connaitre la situation lorraine aux Angevins et Angevines qui pour la plupart ne savent pas que, quelque part en France, une ligne de front est ouverte avec affrontements réguliers, blessé-es graves et enfermements, le tout sous la couverture bien confortable pour les autorités que forme l’état d’urgence.

Angevins et Angevines qui, pour la plupart, ne savent pas que cette zone est aussi une zone d’espoir, où les cultures, les connaissances et la solidarité se partagent à l’infini, où des jeunes et moins jeunes réapprennent à faire du pain , des légumes, construire des maisons, font du théâtre, tournent des films et font vivre et repeuplent une zone que l’état et le lobby nucléaire aimeraient désertifier. Une zone où la société de consommation, du paraitre, de l’accumulation sans fin des richesses, de l’agriculture industrielle et toxique n’est plus envisageable pour personne.
Pour se faire, ce groupe organisera, des soirées de soutien, d’informations,  des convois et des départs pour se rendre sur place.
Pour nous rejoindre : soutien-bure49@riseup.net
A bientôt !

Le collectif de soutien angevin à Bure

Café repaire 5 décembre ZAD, quel avenir ?

Rendez-vous mardi 5 décembre pour un nouveau Café repaire
consacré à la lutte du côté de Notre-Dame des Landes.
Nous accueillerons Julien Durand, porte-parole de l’ACIPA.
L’ACIPA est une association citoyenne intercommunale
en lutte contre le projet d’aéroport
qui participe avec l’ensemble du mouvement à la réflexion
sur l’avenir de la zone en cas d’abandon du projet.
En lien avec le Collectif de Soutien aux Sans-Papiers,
le Cercle 49 relaie l’appel à dons ci-dessous.
Des cartons seront mis à disposition au bar Le Challenge
lors de cette même soirée du 5 décembre.
Les dons ainsi collectés seront transmis aux demandeurs d’asile
vivant actuellement
dans les différents lieux d’hébergement
auto-réquisitionnés d’Angers.
On ne vient plus au Café repaire les mains vides,
on apporte un petit quelque chose pour les copains sans-papiers.
( voir la liste des besoins ci-dessous )
A bientôt, au Café repaire « solidaire » !