Dimanche festif le 30 juin à la Vendange

Depuis 18 mois, une vingtaine de mineurs isolés étrangers
vivent dans une maison  désaffectée, située à la périphérie d’Angers
et  réquisitionnée par le Collectif de Soutien aux Sans-Papiers.
Leur minorité n’ayant pas été reconnue, comme pour 90 % d’entre eux, par le Conseil Départemental du Maine et Loire, ils ne peuvent bénéficier d’aucun droit ni prise en charge par les pouvoirs publics.
Face à ce vide juridique et afin que ces jeunes
ne soient pas exposé-e-s à la violence de la rue, le collectif CSSP49
et l’association Asile et Partage se mobilisent et tentent
de subvenir à leurs besoins les plus élémentaires :
nourriture, produits d’hygiène, vélos, entretien des lieux,
cartes de bus et apprentissage des savoirs de base.
Cependant,  le souhait le plus cher de ces jeunes reste
d’avoir accès à l’éducation et à une formation professionnelle,
ce qui leur est refusé par l’enseignement public.
Seuls les établissements privés, conformément aux valeurs
qui les animent, acceptent de les accueillir. Mais cela a un coût !
C’est pourquoi aujourd‘hui, nous faisons appel à votre solidarité pour leur permettre, dès la rentrée prochaine, d’être scolarisé.e.s, de vivre dans des conditions dignes
et de poursuivre leurs démarches administratives.
Cet argent permettra de leur assurer un avenir.
POUR ENVOYER VOS DONS : ICI
Y’aura quoi DIMANCHE 30 JUIN ?

 Les jeunes de La Vendange et leurs soutiens seront heureux
de vous rencontrer lors de ce dimanche festif
placé sous le signe de la fraternité.

Dès 11h, nous vous attendons pour jardiner sur le potager de La Vendange. On manque de fleurs, de tuteurs et d’huile de coude
pour désherber. Qu’on se le dise !
A partir de 12h30, apportez votre piquenique pour casser la croûte avec nous ou bien réservez un succulent repas que les jeunes  se feront un plaisir de vous préparer au prix de 9€.
Réservation par mail avant le mardi 26 juin :
asileetpartage@orange.fr

L’après-midi sera musicale et joyeuse avec :
 14 heures : un show à l’africaine
 15 heures : Ze concert « That’s Allwright folks ! »
( récital 100% de chansons de Graëme Allwright )

Plan d’accès à La Vendange :
A dimanche 30 juin !
Les collectifs du CSSP 49 et du Cercle 49
L’association Asile et partage

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Acte 31, juste du bruit sous mon balcon…

Angevins, Angevines !
Avec ou sans gilet jaune,

rendez-vous samedi 15 juin pour la suite du monde…
 Départ du kiosque du Mail à 14 heures.
Un seul mot d’ordre : Angevins debout, réveillez-vous !
Cette fois-ci, la marche sera joyeuse et « bruyante« ,
apportez vos casseroles, vos réveils, vos clairons
et vos cordes vocales.
Cette affichette sera placardée un peu partout
le long de notre parcours :
Et nous reprendrons à loisir ce chant pour réveiller
notre cité quelque peu endormie :

Jeudi 13 tous à l’assemblée des Gilets jaunes d’Angers

Avec ou sans gilet jaune,
on se retrouve toutes et tous demain  jeudi 13 juin
à la Bourse du Travail, 14 place Louis Imbach à partir de 19h15
pour une nouvelle assemblée citoyenne des Gilets jaunes d’Angers.
A l’ordre du jour, il y en aura pour tous les goûts :

– Pour ceux qui aiment les rencontres : échanges prévus avec deux collectifs angevins ( le collectif Émancipation et le mouvement Pas Sans Nous 49 )
– Pour ceux qui aiment les débats : préparation de notre participation ( et nomination de deux délégués ) à l’Assemblée des assemblées de Montceau-les-Mines à la fin du mois de juin
– Pour ceux qui aiment l’action et le bricolage : préparation des marches du 15, du 22 et du 29 juin. Y’a du taf !
Entre autres, continuons de travailler au rapprochement entre les Gilets jaunes et les habitants des quartiers populaires. Il y a eu notre présence plusieurs dimanches de suite sur le marché de Monplaisir. Il y a eu la belle prise de parole du mouvement  Pas sans Nous samedi dernier avec cette minute de silence pour madame Zineb Redouane. Et il y aura des actions communes le samedi 22 juin pour réclamer la gratuité des transports publics. Tous ensemble !

Continuons aussi de dénoncer la malhonnêteté des médias mainstream aux bottes de l’oligarchie économique et politique.
Pour rappel, cette tribune d’Acrimed cosignée par des associations, des organisations de journalistes, des médias, des syndicats et des organisations politiques :

« Depuis plusieurs semaines, le mouvement des Gilets jaunes bouleverse l’agenda politique, et porte une remise en cause profonde des institutions. Les médias sont tout particulièrement visés. Les gilets jaunes dénoncent, à juste titre bien souvent, un traitement caricatural des mobilisations : surenchère sécuritaire sur les plateaux télévisés et dans certains quotidiens ; confiscation de la parole par les éditorialistes ; disqualification de certaines revendications jugées «irréalistes» et appels à «dialoguer» avec le gouvernement ; ou encore dénonciations des violences des manifestants – alors que les violences policières ont été pendant trop longtemps passées sous silence.
Une telle pédagogie de la résignation n’est certes pas nouvelle. Déjà lors des grèves de 1995, les tenanciers des grands médias martelaient leur sempiternel message : il n’y a pas d’alternative aux réformes libérales. En 2005, ils pointaient du doigt ceux qui mettaient en cause le bien-fondé des politiques européennes et déformaient la révolte des banlieues. Plus récemment, lors des mobilisations contre la loi El-Khomri et les ordonnances Macron, ils dénonçaient un code du travail soi-disant «trop épais et illisible». À l’occasion de chaque mobilisation sociale, ils se sont faits les gardiens de l’ordre économique et politique.
Ces partis pris ont contribué à disqualifier les grands médias. La défiance à leur égard est profonde et sans précédent. D’autres sources d’information sont plébiscitées, médias indépendants ou réseaux sociaux. Certaines des analyses portées depuis des décennies par la critique des médias sont réinvesties largement, au-delà du mouvement des gilets jaunes. L’emprise de quelques milliardaires sur la production de l’information est pointée du doigt. La question des médias s’impose désormais comme une question politique.
La plupart des éditorialistes et chefs de rédaction ne voient, dans cette défiance, qu’une «haine des médias» et de la démocratie. Ils éludent la responsabilité qu’ils portent, par leurs diatribes ou leurs choix éditoriaux, dans l’hostilité qui s’exprime contre l’ensemble des journalistes. Une hostilité dont les plus précaires (en termes de statut ou de conditions de travail) font parfois les frais, sur le terrain, en étant injustement pris à partie ou agressés.
Nous pensons que la défiance envers les grands médias doit être une opportunité. Opportunité, dans les rédactions, de remettre en cause les orientations délétères imposées par les directions éditoriales, et de replacer le reportage et l’enquête au cœur du travail journalistique. Opportunité, dans les médias indépendants, de faire la démonstration par l’exemple qu’un autre journalisme, plus exigeant et plus libre vis-à-vis des pouvoirs, est possible.
Que nous soyons gilets jaunes, militant·es, journalistes, usager·es des médias, nous avons toutes et tous des raisons légitimes de contester un ordre médiatique inique, qui maltraite le pluralisme. Et de nous inquiéter des menaces réelles qui pèsent sur le droit à l’information : la mainmise de quelques milliardaires sur la plupart des médias, les plans de suppressions d’emploi dans l’audiovisuel public comme dans les groupes privés, la précarisation des journalistes statutaires ou pigistes y compris dans certains médias indépendants, la répression policière et la criminalisation qui frappent de plein fouet certains reporters et leurs sources, ou encore les lois liberticides qui visent à contrôler l’information – loi sur le secret des affaires et sur les «fake news».
C’est pourquoi nous affirmons qu’il est temps de se mobiliser pour une réappropriation démocratique des médias. Pour défendre le droit d’informer et le droit à être informé, tous deux gravement menacés. Et pour que l’information, trop longtemps confisquée par les pouvoirs, devienne enfin un bien commun et non une marchandise. »

SAMEDI 8 JUIN ACTE XXX PLACE(S) AUX GILETS JAUNES

Voilà, c’est fait.
Dorénavant, il y aura à Angers :

La Place Patoche ( Hommage à Patoche  )

La Place Vanessa Langard ( Hommage à Vanessa Langard )

La Place Jérôme Rodriguez ( Hommage à Jérôme Rodriguez )

La Place Geneviève Legay ( Hommage à Geneviève Legay )

La Place Maxime Peugeot ( Hommage à Maxime Peugeot )

Et la Place Zineb Redouane ( Hommage à Zineb Redouane )


Superbe journée, chargée d’émotion.
Merci à tout le monde !

Samedi 8 juin à 14 heures Pas de paix sans justice !

 
SAMEDI 8 JUIN      ACTE XXX
  Marche pour les victimes de la répression d’État

Marche pour celles et ceux qui résistent à Macron et son monde
L’assemblée des Gilets jaunes d’Angers
invite la population angevine à prendre part à la marche
qui aura lieu dans les rues d’Angers le samedi 8 juin.
Cette marche de l’acte 30 sera effectuée en l’honneur
des personnes entrées en résistance contre Macron et son monde
et en particulier à celles victimes de sa violence d’État.
Le cortège partira du jardin du Mail à 14 heures
et s’arrêtera sur six places angevines
pour déposer à chaque fois une plaque et rappeler les faits.
Se joignent à l’appel, les organisations :
Le Cercle 49
Pas Sans Nous 49
Le Mouvement de la Paix
ATTAC 49
Amnesty International Angers

Tribune publiée dans Nantes révoltée ( 05/06/2019 )
« Ce n’est pas parce qu’une main a été arrachée, parce qu’un œil a été éborgné que la violence est illégale. »
Ce ne sont pas les mots d’un obscur dictateur à l’autre bout du monde. C’est ce que déclare tranquillement, dimanche 2 juin Laurent Nuñez, bras droit de Castaner. L’homme à la tête du ministère de l’intérieur.
Le même Nuñez ajoute, à propos des violences policières inouïes qui se sont abattues sur des dizaines de milliers de manifestants ces derniers mois : « pas de regrets », « pas d’excuses », « pas de mauvaises tactiques ». Il déclare aussi « il est hors de question de revenir sur le Lanceur de Balles de Défense », ces fusils qui tirent des balles en caoutchouc qui ont mutilé à vie des dizaines de Gilets Jaunes.
Laurent Nuñez est le véritable chef de la police française. Christophe Castaner n’est qu’un pitre. Un ancien voyou du sud de la France, un arriviste pathétique issu du Parti Socialiste, qui a retourné sa veste au bon moment. Castaner est un figurant propulsé au ministère de l’Intérieur pour assurer la communication gouvernementale. Le véritable chef de la police, la tête pensante : c’est Nuñez. Le haut fonctionnaire, issu de l’ENA. L’ancien patron de la DGSI, la police politique, celle qui élimine et surveille les opposants.
Ces mots dans la bouche de Laurent Nuñez ont un sens : alors que des centaines de personnes ont été mutilées, défigurées ou tuées ces derniers mois par les policiers, l’Etat donne carte blanche. C’est un message adressé d’abord aux forces de l’ordre : « le gouvernement vous couvre ».
Dans la même interview, le secrétaire d’État déclare que les policiers ont « sauvé la République ». Le Régime n’a tenu que par la répression.
Sur le plan judiciaire, Laurent Nuñez assure une impunité totale aux tireurs : « Le ministère fera systématiquement appel des condamnations. Les policiers bénéficient, quand ils sont dans le cadre de leur fonction de la protection fonctionnelle, du bénéfice d’avocats. Bien évidemment nous allons accompagner ces policiers en procédure (…) Nous irons au bout ».
Qu’est-ce que cela signifie ? Tout simplement que les policiers violents qui pourraient être poursuivis seront protégés automatiquement par l’État, et bénéficieront des meilleurs avocats payés par l’argent public pour se défendre. Alors que les mutilés, déjà fichés dans les hôpitaux, n’auront aucune aide, aucun moyen, aucun soutien pour faire valoir leurs droits fondamentaux.
Le message de Laurent Nuñez est clair : il assume la guerre menée contre une partie de la population. Nous venons d’assister à la répression la plus sanguinaire depuis 50 ans, et le Régime triomphe.
Cette violence d’État, et la façon dont elle est assumée par le gouvernement n’a aucun équivalent en Europe, et peut-être en Occident.
La France est devenue un laboratoire de la militarisation de la police, et de la brutalité du pouvoir. Dans l’indifférence quasi-générale.

Une pétition pour exiger l’amnistie des Gilets Jaunes a été lancée le 11 janvier par le Média TV et elle a déjà reçu plus de 80 000 signatures dont celles d’Alain Badiou, d’Isabelle Alonso, de Bernard Friot, de Frédéric Lordon, de Pierre Perret, de Maxime Nicolle, d’Assa Traoré,  de Gérard Filoche, d’Eric Drouet, de Franck Lepage ou bien encore de Pierre Perret :
Ils n’étaient pas venus à Paris, Bordeaux, Toulouse, et tant d’autres villes, pour en découdre avec les forces de l’ordre. Ils étaient venus pour défendre leurs vies menacées, dégradées par la précarité, mises en joue par un pouvoir prêt à faire les poches de leurs parents retraités comme de leurs enfants étudiants, afin de valoriser le patrimoine financier des plus riches. Ils étaient venus pour protéger leurs droits fondamentaux, et aussi une certaine conception de la justice sociale, qui a longtemps fait l’honneur de la France.
La stratégie de la tension, délibérément choisie par le pouvoir, ne leur a pas laissé la chance d’une protestation pacifique. Gazage, nassage et brimades en tout genre, puis au fil des semaines, matraquages, tirs de flashballs et grenades mutilantes, pour la première fois de leur existence, beaucoup de « Gilets jaunes » ont été confrontés à des brutalités policières indignes d’une démocratie, que des organisations comme Amnesty international ont elles-mêmes dénoncées.
On ne compte désormais plus le nombre de manifestants, au casier vierge, mis en garde à vue, condamnés en comparution immédiate, ou aujourd’hui en instance de jugement. Certains connaîtront la prison, qui détruit, qui humilie. D’autres ne retrouveront jamais d’emploi. Un grand nombre d’entre eux verront leurs vies brisées à jamais. Nous ne pouvons accepter qu’une protestation contre une politique massivement rejetée par la population détruise ainsi des êtres pris pour boucs émissaires. Nous ne pouvons accepter qu’un pouvoir, qui a sciemment fait le choix de la confrontation, se serve d’eux pour intimider tout un peuple. Nous ne pouvons accepter l’idée d’une vengeance d’État.
C’est pourquoi nous appelons le Président de la République, Emmanuel Macron, et son Premier Ministre, Édouard Philippe, à mettre à l’ordre du jour une loi d’amnistie en faveur des hommes et des femmes aujourd’hui persécutés, mis en examen, ou détenus pour avoir participé à ce mouvement social d’ampleur historique.
C’est pourquoi nous appelons dès aujourd’hui à l’arrêt des procédures en cours, à l’effacement des peines prononcées, et à ce qu’une réponse enfin politique, et pas seulement sécuritaire et judiciaire, soit donnée aux événements hors du commun que la France est en train de vivre.
Une telle amnistie est prévue par l’article 133-9 du Code pénal et légitimée par la tradition française, de nombreuses lois d’amnistie ayant ainsi été votées depuis le début de la 5ème République, notamment dans le cadre d’activités protestataires. Un tel geste serait seul en mesure de commencer à rendre au pays l’apaisement qu’il ne saurait retrouver sur fond de persécutions pour l’exemple.
« Nous ne reprendrons pas le cours de nos vies », disiez-vous Monsieur le Président, le 10 décembre 2018.
Nous ne reprendrons pas le cours de nos vies tant que nos concitoyens n’auront pas pleinement retrouvé la leur !

Café repaire mardi 4 juin décroissance oblige…

Rendez-vous mardi 4 juin pour un nouveau Café repaire
en compagnie de Simon Moulin et de Marie Fouquay,
les deux candidats angevins qui se sont présentés
sur la liste Décroissance 2019 aux élections européennes.
Extrait :
« Notre société du gaspillage est à l’origine de l’épuisement des ressources, du changement climatique, de l’extinction des espèces,
de l’augmentation des inégalités…

Ce constat est maintenant largement partagé,
certains parlent même d’effondrement.
Des spécialistes annoncent depuis 50 ans
l’échéance pour la prochaine décade.

Pourtant, tous les partis continuent de prêcher une relance
de la croissance et s’écharpent sur les moyens pour y parvenir.
Ils continuent de faire du problème la solution. »

Évidemment, pour beaucoup, de tels propos sont quelque peu
difficiles à entendre… Pour un Jean-Jacques Bourdin, par exemple :

En introduction à la profession de foi Décroissance 2019 :
« Le capitalisme a gagné sur toute la ligne, colonisant même
l’extrême gauche avec sa foi en la science et son productivisme.
Le sentiment d’impuissance est tel qu’individualisme et fuite en avant prédominent.
Comme si guerres, famines et épidémies étaient inéluctables. Comme si le suicide était préférable à une cure d’amaigrissement.
Le simple bon sens devrait pourtant nous suggérer que, lorsque les limites physiques sont dépassées et que la survie est en jeu, il faut faire machine arrière pour revenir à l’intérieur de ces limites.
La seule politique responsable est donc d’organiser une
décroissance de l’empreinte écologique globale
tout en augmentant la résilience de la société. Cela passe par une
réduction du cycle extraction-production-consommation-déchets,
par une baisse du niveau de vie matériel global et par un programme de transition économique qui garantisse l’essentiel du bien vivre aux plus nombreux.. »
Mardi 4 juin, avec nos deux candidats angevins décroissants,
nous reviendrons plus en détail sur chacune de leurs propositions :

Production : donner à des conventions de citoyens le droit de
refuser certaines productions, d’imposer des normes afin de sortir du gaspillage et de l’obsolescence programmée. Supprimer ou taxer lourdement la publicité, le luxe, les bolides urbains, les produits toxiques, les grandes surfaces, le nucléaire, les technologies
abrutissantes.
Commerce : sortir évidemment de tous les traités européens de libre-échange, conçus depuis le début pour enrichir les riches en rendant les gens captifs d’un approvisionnement lointain et assumer un protectionnisme douanier, y compris régional, qui permette une relocalisation effective des productions.
Fiscalité : faire porter la fiscalité non plus sur la ressource abondante – le travail – mais sur celles en voie de raréfaction, comme l’énergie et les matières premières pour les économiser. Taxer équitablement le kérosène et le fuel des bateaux et des camions. Instaurer un revenu maximum, car la richesse excessive est une atteinte à la décence commune. Instaurer des quotas carbone individualisés pour garantir à tous un minimum d’énergie.
Monnaie : multiplier les monnaies pour affaiblir la finance : rétablir des monnaies publiques locales, régionales et nationales, à côté d’une monnaie commune remise à sa place.
Migration : sortir des fables libérales sur la liberté de circuler, qui justifient l’errance économique au service de l’exploitation salariale, alors que chacun aspire d’abord à pouvoir vivre dans son pays.
Savoir cependant intégrer les migrants chassés par le changement climatique et par nos guerres néocoloniales pour les ressources.
Agriculture : arrêter les grands travaux inutiles consommateurs de foncier pour financer un « plan Marshall » en faveur d’une alimentation saine de proximité : nourrir à nouveau les villes par leurs campagnes, réformer l’enseignement agricole pour réintroduire une polyculture-élevage paysanne en circuit court. Régénérer les sols et créer de nombreux emplois avec la permaculture. Garantir un droit au jardinage au moyen d’une réappropriation foncière par les communes.
Démocratie :  rapprocher les décisions des citoyens en relocalisant la politique dans les  provinces, les pays et les communes. Pour y parvenir, instaurer chaque année des référendums d’initiative citoyenne et des assemblées populaires tirées au sort, comme un Sénat des peuples européens disposant d’un droit de veto.

On discute de tout ça mardi 4 juin, au bar Le Challenge à partir de 19h30, comme d’hab’.
Pas dans un esprit de discorde, mais bien au contraire, pour renforcer les liens d’affinité et d’amitié qui nous unissent.
Nous, qui nous nous retrouvons immuablement, coude à coude
sur tant de lieux de résistance !

Le bulletin de la discorde

Merci Yannis pour ce beau texte :

On me demande si je vais voter ou pas, et le cas échéant pour qui. Cela n’a pas grand intérêt. Faites comme bon vous semble. Mais puisque quelques ami.es insistent pour savoir, je vais tout de même répondre.
Non, je ne voterai pas demain.
La raison principale est simple et je ne m’en suis jamais caché : je suis anarchiste. Je suis contre ce système politique et économique nauséabond. Je n’en peux plus de la démocratie représentative et du capitalisme qui nous rabaissent et nous écrasent. Je considère les élections comme un piège, pour la bonne et simple raison que c’est le pouvoir économique, dans toute sa puissance, qui détermine aisément le pouvoir politique, au moyen de la possession des médias de masse qui lui assurent la fabrique de l’opinion.
Ce que je vois, ici et là, me conforte dans cette idée.
S’il a pu m’arriver de voter par le passé, trois fois en trente ans, soit une fois sur cinq, c’est parce que j’ai cru qu’il s’agissait de circonstances particulières et que, en homme libre, j’ai eu envie d’essayer de peser un tant soit un peu sur celles-ci. Le résultat ne m’a pas convaincu, c’est le moins que je puisse dire. Mais le plus important, par-delà de cette question, c’est pour moi de ne m’être jamais contenté de voter ou de m’abstenir.
Ce n’est pas s’abstenir qui fait de soi un révolutionnaire, ni voter qui fait de soi un parjure. L’essentiel est ailleurs : dans la lutte, dans la rue, en tous temps, en tous lieux, dans le rapport de force quotidien avec tous les pouvoirs qui nous dominent et nous exploitent, dans l’échange avec les autres dominé.es et exploité.es, dans la résistance, dans la création, dans la solidarité, dans la discussion, dans l’action.
Je ne suis pas un exemple à suivre, ni personne d’autre. Je n’ai pas de leçon à donner vu mes erreurs passées, mes hésitations, mes opinions à réexaminer, mes textes à réécrire, mes rendez-vous manqués, mes faiblesses, mes absences, mes combats inachevés. Quoi qu’en disent nos témoins bienveillants ou malveillants, nos existences ne sont pas linéaires, loin s’en faut. Ceux qui prétendent le contraire sont des menteurs, au même titre que les auteurs de biographies pures et sans tâche. Bien plus que des troncs, nous sommes des racines tout autant que des branches. Nous sommes des racines qui cherchent leur chemin entre les pierres, qui se heurtent à des rochers, qui bifurquent encore et encore en gagnant en profondeur. Nous sommes des branches qui cherchent la lumière, s’élèvent, s’étirent et se déploient comme pour s’envoler dans le ciel. Nous ne sommes pas les colonnes robustes et droites d’un temple de marbre, mais les arbres fragiles et tortueux d’une forêt menacée par le désert qui s’étend.
Contrairement à la plupart de mes compagnons anarchistes, je ne fais pas du vote électoral un tabou absolu. Comprenons-nous : j’ai en horreur le manège électoral et le piège à répétition qu’il produit. Mais pareillement, j’ai en horreur la violence. Pourtant, il m’est arrivé d’en faire usage pour lutter contre le pouvoir, l’État ou des agresseurs fascistes en diverses circonstances. De la même manière, l’argent me rebute, mais je reconnais qu’il est l’un des nerfs de nos luttes, via la création et la solidarité. En d’autres termes, tant que nous serons embourbé.es dans les catacombes malignes de cette société mortifère, il sera difficile sinon impossible de penser et agir sans aucun paradoxe, d’une façon ou d’une autre. Il est donc nécessaire de distinguer l’horizon désiré et les contraintes en présence, la fin et les moyens, la trame idéologique et les situations en elles-mêmes.
Comme la plupart d’entre vous, la voie que je désire est celle, double, de l’émancipation individuelle et sociale. Nous sommes probablement beaucoup plus nombreux à la désirer qu’on ne l’imagine. Mais cette voie est sinueuse et semée d’embûches. Une voie triplement perturbée par les rapports de séduction (au sens large), les rapports marchands et les rapports de force. Trois problèmes qui se recoupent, bien sûr, et qui conduisent à nos trois impasses les plus courantes : le narcissisme, la vénalité et la volonté de dominer. Si vraiment nous devions fabriquer des tabous, ce serait plutôt ceux-là qu’il faudrait représenter comme les tribus d’autrefois au milieu des villages. Tout le reste en découle : égoïsme, pauvreté, violence, au sein d’une organisation politique et sociale désastreuse fondée sur l’apparence, la compétition et la hiérarchie.
C’est pourquoi, avec l’expérience, observant ça et là toutes sortes d’écueils plus ou moins grandioses ou funestes, j’ai fait le choix de me méfier de la notoriété, de l’argent et du pouvoir. Au fil des années, j’ai refusé de collaborer avec des médias de masse, j’ai préféré donner le produit de mes films pour soutenir des luttes et des initiatives solidaires autogérées, et j’ai choisi, à plusieurs reprises, de décliner des propositions qui me faisaient miroiter une position confortable dans des ensembles hiérarchiques.
Être à la fois dans le monde et sur le rebord du monde, telle est la difficulté. Dans les entrailles du monde au point de se salir les mains et le visage, mais aussi à la marge, à l’écart, sur le côté quand cela nous parait nécessaire. Les dilemmes ne manquent pas : colère, violence, profit, calcul, élection, identité, tradition, éducation, protection… Dans bien des domaines, nos choix ne sont pas faciles, qu’ils soient publics ou intimes.
Faites comme bon vous semble. Jugez par vous-même, loin du tumulte des médias et des vidéos de discours enflammés.
Et surtout, ne vous laissez pas déchirer par le bulletin de la discorde.
I
l n’en vaut pas la peine.
( Yannis Youlountas )

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