Zéro projet destructeur ! Ni grand, ni petit !

Le Cercle 49 relaie et soutient l’appel à manifestation
LE 29 FÉVRIER  A NANTES
contre LES PROJETS INUTILES DE L’OUEST.
Convergeons et résistons avant qu’il ne soit trop tard !
Ensemble dans la rue, contre leur monde de fric et de béton !
UN COVOITURAGE AU DÉPART D’ANGERS EST PRÉVU :
S’INSCRIRE ICI .

Les projets auxquels nous devons nous opposer sont nombreux et il est temps de confluer pour faire comprendre aux collectivités et entrepreneurs-ses que nous ne voulons plus voir notre planète souillée par leurs projets mortifères d’un autre temps.
Le samedi 29 février à Nantes, convergeons nos luttes contre les projets inutiles du « Grand Ouest » pour stopper la logique de bétonisation, de métropolisation, de précarisation, de gentrification et de croissance économique derrière tout ces projets détruisant notre avenir commun !
Convergeons et Résistons avant qu’il ne soit trop tard !
De la part des personnes et des collectifs réunies à la ZAD de la Dune à Brétignolles sur Mer les 11-12 Janvier 2020, à toutes celles et ceux qui souhaitent faire converger ou rejoindre les luttes contres les GPPD2I (Grands et Petits Projets Destructeurs Inutiles et Imposés), nous lançons l’APPEL à :
 – à se retrouver pour une grande manifest’action le 29 février à Nantes à partir de 12h au Miroir d’Eau,
à venir occuper les rues autour d’un moment de célébration du vivant,
– à venir découvrir de vos yeux les luttes locales, celles qui protègent au quotidien la nature, la population, les animaux et ; qui se montreront de manières festive, carnavalesque et théâtrale tout au long de la journée le long d’un parcours plein de surprises, de débats et d’actions contre la bétonisation et la métropolisation de notre monde,
– à sortir de l’isolement pour trouver une prise contre le système capitaliste et le désastre écologique en cours en soutenant et en rejoignant ces luttes locales par votre présence,
NOUS, INDIVIDU-E-S ET COLLECTIFS EN LUTTE contre la destruction des terres maraichères, contre la bétonisation des territoires de biodiversités, contre la marchandisation, la privatisation et le tourisme croissant qui artificialise nos espaces de vies, contre la gentrification et l’exclusion des plus précaires de nos centres villes, contre la surveillance massive et l’aseptisation de nos vi(ll)es, en somme contre la métropolisation-prédation toujours plus grandissante, nous appelons tout ceux qui se reconnaissent dans cet appel et œuvrent pour l’émergence decommuns et de communes libres à nous rejoindre dans une manifest’action carnavalesque et populaire pour exprimer nos droits et nos revendications.
– à venir PARTAGER un moment de solidarité avec les luttes : contre le surfpark de Saint Père en Retz, le port de Brétignolles sur Mer, les bassines du marais poitevin, les plates-formes logistiques qui fleurissent de partout, le contournement de l’est d’Orléans et son pont à Mardié, la piscine nucléaire de Belleville sur Loire, l’extension du port de Saint-Nazaire sur le site du Carnet, la centrale à gaz de Landivisiau, les usines à bitumes, zones industrielles, centres commerciaux, les fermes usines d’élevage intensif et tant d’autres encore…
– à se rendre compte qu’il est possible de sortir de cette culture de l’égoïsme qu’on nous inculque ! En agissant tout de suite, maintenant et très concrètement contre les multiples projets industriels qui finissent de détruire ce qu’il reste de ruralité dans nos territoires désertés, victimes des métropoles; en agissant là, tout de suite, collectivement face aux catastrophes actuelles (Australie, Amazonie, Afrique : la planète toute entière !), en luttant contre ces projets de croissance économique mortifère !
– à venir en nombre, entre amis, familles, collègues, camarades, voisins, pour soutenir celles et ceux qui, trop souvent isolés, à seulement quelques-un.e.s, mettent entre parenthèse une partie de leur vie pour défendre la terre, l’eau et le vivant contre des barons locaux, fourbes, cyniques, avides d’enrichir leurs intérêts et ceux de leurs congénères bétonneurs et industriels,
– à venir vous rendre compte que, des ZAD aux ronds-point, il n’y a qu’ un pas, que tout commence par des cabanes, par un imaginaire et une créativité foisonnante, faite de recyclage et de débordements dans la joie pour renforcer les luttes, et construire le monde de demain,
Notre avenir à tous.tes se construit dès maintenant.
Nous avons, nous les êtres vivants de la Terre le droit d’exister et d’être entendus, nous sommes la nature qui se défend, parce que l’impossible est à exiger, est à créer, à expérimenter collectivement, parce que c’est une question de survie !
Nous sommes la transmission, nous sommes les coquelicots, la baleine et les cabanes, nous sommes l’eau, le feu, le vent, la terre, nous sommes les gardiennes et les gardiens d la vie !
VENEZ !  ENSEMBLE, RETROUVONS-NOUS !
AVEC NOS INITIATIVES DIVERSES ET VARIÉES, DÉGUISÉ.E.S EN TRITONS, OISEAUX, LYNX, LOUVES OU SIMPLEMENT EN ÉTANT PRÉSENT-E-S !
Toutes les infos
concernant la préparation et l’organisation de cette journée sur le site de la confluence des luttes de l’Ouest contre les projets destructeurs inutiles et leur monde : LAISSE BÉTON !

Mercredi 12 février Découvrez Cité Jaune

AVEC OU SANS GILET,
BIENVENUE A L’
ASSEMBLÉE CITOYENNE
DE
CITÉ JAUNE ANGERS
Mercredi 12 février à la Bourse du travail ( 18 heures 30 )
ORDRE DU JOUR :
– l’élection des porte-parole pour l’AdA de Toulouse (6-8 mars)
– la préparation des actions GJ à venir (3 opérations prévues sur Angers et l’appel Grand Ouest samedi prochain)
– le suivi des commissions « Soutien aux verbalisé.es du 23/01 », « Quartiers d’Angers » et « Soutien à Djamel Blanchard »
– la rédaction d’un tract GJ et d’une liste des médias alternatifs
– la conférence Pasquot & Löwe
– et bien sûr, toutes vos propositions !
Et nous terminerons l’assemblée avec l’enregistrement
de la Complainte de Cité Jaune Angers.
Soyons nombreux : plus on est de fous, plus on crie !

Pour mieux comprendre le processus de création du groupe Cité Jaune Angers, lire son dernier communiqué :

TOUS ENSEMBLE POUR EN FINIR AVEC LE CAPITALISME !
Communiqué du groupe Cité Jaune Angers du 23 janvier 2020

Mobilisation contre la réforme des retraites, actions contre l’ouverture de Géant Casino et ses caisses automatiques le dimanche, soutien au militant anticapitaliste Vincenzo, appui au squat la Grande Ourse, marche pour le climat… Ces derniers mois, le groupe d’organisation de Cité Jaune Angers a appelé à soutenir ces mouvements, et d’autres, et a mis toute son énergie dans ces actions qui, selon nous, s’inscrivent totalement dans le mouvement du 17 novembre.
Pour autant, certains Gilets Jaunes habitués du kiosque ont pu émettre des critiques à ce sujet, ne comprenant pas quels étaient les liens avec le mouvement. Ces questions, Cité Jaune Angers les entend, et c’est pourquoi il nous semble important de clarifier certaines choses. Nous pouvons être fiers de n’avoir jamais, depuis plus d’un an maintenant, fait de pause dans la lutte. C’est aussi grâce à vous, merci ! Nous reconnaissons aussi avoir parfois pu faire des erreurs en se faisant mal comprendre ou en ne parvenant pas toujours à atteindre nos objectifs lors de telle ou telle action.
Nous, l’équipe d’organisation, tenons à rappeler que Cité Jaune est un groupe parmi tant d’autres que compte ce grand mouvement du 17 novembre. Il est important de le souligner : nous n’obligeons personne à nous suivre, mais appelons les Gilets Jaunes qui partagent nos valeurs et souhaitent continuer la lutte à nous rejoindre. Toutes les idées respectant nos engagements sont d’ailleurs bienvenues.
En tant que groupe, nous avons choisi de nous rassembler autour de principes, qui sont clairs et publics (vous pouvez les retrouver détaillés sur notre page Facebook). Parmi eux : démocratie directe et participative, rejet de toute discrimination, comportements respectueux, ou encore recherche de convergences avec les luttes sociales et écologiques qui rejoignent les revendications des Gilets Jaunes.
C’est bien de cela dont on parle : la convergence. Toutes les actions réalisées jusqu’ici poursuivent le même but : dénoncer ce capitalisme financier qui broie nos vies et les écosystèmes.
En tant que groupe de Gilets Jaunes…
– pourquoi participer au mouvement contre la réforme des retraites ? Pour dire non à Macron et à son monde de spéculation sans fin. Pour dire non à cette politique qui détruit chaque jour un peu plus nos acquis sociaux et s’attaque toujours aux plus pauvres ;
– pourquoi occuper les Galeries Lafayette ? Car le blocage de l’économie reste le moyen de pression le plus efficace et pour dénoncer le consumérisme de masse qui ruine notre planète et notre porte-monnaie ;
– pourquoi participer aux signatures du référendum contre la privatisation des aéroports de Paris ? Pour obtenir une démocratie citoyenne directe, pour promouvoir le RIC et pour empêcher que le bien public soit accaparé par les plus riches ;
– pourquoi appeler à soutenir le militant anticapitaliste Vincenzo ? Parce que comme les GJ, des femmes et des hommes ici et ailleurs dans le monde se battent pour un monde meilleur et se retrouvent victimes de violences policières et d’une répression judiciaire, et ça, les GJ ne peuvent pas l’accepter !
– pourquoi soutenir les actions du squat angevin la Grande Ourse ? Pour être solidaires des personnes qui, comme les GJ, veulent sortir de ce système capitaliste et aident les plus démunis ;
– pourquoi s’indigner des incendies géants de l’autre côté de la planète ? Pour montrer du doigt les responsables du réchauffement climatique qui, pour les mêmes raisons cupides qu’ils rendent nos fins de mois difficiles, précipitent la fin du monde.
Érosion des services publics et perte du bien public, maintien d’une croissance infinie, dévastation des ressources naturelles, déni de démocratie, précarisation de l’ensemble de la population, répressions policière et judiciaire… une même cause, un même ennemi, le capitalisme.
C’est pourquoi nous privilégions la convergence des luttes car nous pensons qu’ensemble, on est plus forts ! Et face à l’oligarchie, au capitalisme tout puissant, il faut tous se mobiliser, malgré nos différences, mais aussi parce que ces différences sont notre force.
Ce n’est pas toujours facile parfois et cela demande beaucoup d’énergie. Cité Jaune Angers, depuis le début, a fait le choix de la transparence, en proposant des assemblées ouvertes à tous, pour notamment, discuter et proposer des actions à mener sur Angers. Vous pouvez trouver le compte-rendu de ces réunions sur internet. Cette convergence commence à porter ses fruits : les Gilets Jaunes sur Angers sont reconnus par les syndicats et par de nombreux collectifs en lutte telle la Grande Ourse comme de véritables interlocuteurs qui comptent dans les luttes. La page Facebook de Cité Jaune est devenue une source d’information importante pour un certain nombre d’Angevins.
Enfin, c’est une question d’efficacité mais aussi de visibilité pour les Gilets Jaunes, pour dire que oui, nous sommes toujours là, sur tous les fronts, toujours motivés. C’est bien pour ça qu’on chante “On lâche rien” tous les samedis, non ?
L’équipe d’organisation de Cité Jaune Angers
Le 23 janvier 2020

Le Café repaire met la clé sous la porte…

C’est décidé : après huit années de bons et loyaux services, l’espace public du Café repaire met définitivement la clé sous la porte.
Depuis quelques temps, de nombreux espaces de rencontre, de débat ou d’information ont vu le jour, initiés par nos camarades d’ATTAC, de la France Insoumise, du BCM, des Gilets jaunes, de la Grande Ourse ou d’autres collectifs. Difficile alors de ne pas se gêner les uns les autres, celui du Café repaire leur cède donc volontiers la place et leur souhaite à tous une bonne route.
Le Cercle quant à lui, aura davantage de temps pour se concentrer sur son projet premier, celui de créer et d’animer des espaces de rencontre en extérieur ( dans la rue, sur les places ou sur les ronds-points ) afin d’échanger avec la foule de celles et ceux qui n’ont pas l’habitude de venir discuter entre quatre murs.
Allez, salut les AMG ( Auditeurs Modestes et Géniaux ), un petit coup d’œil dans le rétro avant de se quitter… On lâche rien !

ANNÉE 2012

ANNÉE 2013 :

ANNÉE 2014 :
ANNÉE 2015 :
ANNÉE 2016 :
ANNÉE 2017 :
ANNÉE 2018 :
ANNÉE 2019 :

 

L’avenir est-il si noir ? Ou bien rouge, jaune, vert…

Rendez-vous mardi 4 février pour notre Café repaire :
Rencontre avec le groupe Cité jaune Angers.
Discussion sur le thème « L’avenir est-il si noir ? »
Au bar Le Challenge à 19 heures 30 comme d’hab’.

Dans cet article de décembre 1995,
le philosophe et militant révolutionnaire Daniel Bensaïd
revient sur la lutte contre le Plan Juppé.
Les parallèles avec la grève de l’hiver 2019-2020 sont nombreux.
Le mouvement de 1995 ouvre l’univers des possibles
sur fond de crise de la représentation politique.
Les manifestant.e.s demandent plus que le retrait
de la contre-reforme gouvernementale :
sans spécifier ses contours, ils et elles veulent une autre société.

L’avenir s’invente aujourd’hui.
Un mouvement gréviste tenace, des manifestations monstres, un large soutien dans l’opinion : c’est plus qu’une grève, c’est un véritable soulèvement de la France qui travaille et produit, qui soigne et instruit, dont les politologues pressés annonçaient la dissolution dans la masse grise d’un individualisme sans rivage. Les pendules sont remises à l’heure. La lutte des classes continue et l’action collective n’a pas disparu.
Lorsque le voile de la routine est soudain déchiré, lorsqu’est brisé le carcan du travail qui empêche de penser, lorsqu’est conjuré le sortilège de la marchandise, on apprend et on comprend plus vite en quelques semaines que pendant de longues années de résignation. On se parle, on s’entraide, on découvre en autrui un autre soi-même. On entrevoit la possibilité d’une autre vie. Ce goût de libération ne s’oublie pas facilement.
L’irruption populaire a commencé sur fond d’exaspération, d’avoir trop subi en attendant des lendemains promis, aussi inaccessibles que la ligne d’horizon. On avait voulu croire en un progrès automatique et irréversible et l’on découvre, pour la première fois depuis un demi-siècle, que la nouvelle génération vivra probablement plus mal que les précédentes. Le refus de cet avenir qui n’en est plus un est parfaitement légitime, il est vite apparu que les grévistes se battaient pour tous, que leurs aspirations mettaient à l’ordre du jour un choix fondamental de société, que leur combat ressuscitait l’espérance.
Les clichés sur « la faillite des élites » rendent mal compte du divorce entre un microcosme politico-médiatique pourri de ses propres mythes et une société lacérée par le culte inhumain de la concurrence. À droite, les groupes dirigeants n’ont cessé d’osciller entre la tentation libérale et celle du repli sur une « grandeur française » révolue ; pour que la France continue à « tenir son rang », ils ont misé sur le nucléaire et l’industrie d’armement. À gauche, les gouvernements successifs se sont rapidement décolorés pour sombrer dans le culte du franc fort ; les dirigeants socialistes savent pertinemment que, après douze ans d’exercice du pouvoir de leur part, le « retard des réformes » est le prix de ce libéralisme tempéré.
Ce qu’on appelle crise de représentation ou crise du politique traduit un désarroi démocratique. On n’a plus aucune confiance dans des présidents et des gouvernements qui font le contraire de ce qu’ils avaient annoncé. On ne sait plus très bien qui est responsable de quoi et où se trouvent les centres réels de décision éclatés entre le niveau national, la Commission de Bruxelles (et demain, peut-être, la Banque européenne), les prérogatives déléguées à certaines institutions internationales comme l’Organisation mondiale du commerce. Si la puissance impersonnelle des « mystérieux marchés financiers » s’impose comme une fatalité, il ne faut pas s’étonner du discrédit du politique, de la « crise de représentation », de la perte de substance démocratique.
Face à cette panne sèche du politique, il est logique que le mouvement social se prenne directement en charge. Le contraste entre sa puissance et l’absence d’alternative politique est flagrant. Paradoxalement, cette absence a épargné les calculs électoraux et les arrière-pensées politiciennes qui ont si souvent inhibé les luttes.
On a accusé ce mouvement de tuer dans l’œuf « la réforme », comme si Alain Juppé en détenait seul le secret. Pensée unique, hier Europe unique de Maastricht et maintenant « réforme » unique. Cette « Réforme » majuscule est en réalité une contre-réforme destructive de droits et de liens sociaux.
Initialement inflexible, « droit dans ses bottes », Juppé a dû plier l’échine et se déchausser. Il y a deux mois, le gouvernement mégotait sur les six millions de crédits dus à l’université de Rouen ; Bayrou a été contraint de concéder une promesse de deux milliards pour tenter de détacher le mouvement étudiant de celui des salariés. La question des retraites occupait une place importante dans la « cohérence » proclamée du plan Juppé ; elle a été dissociée et mise en réserve. Le contrat de plan de la SNCF a été « gelé » avec engagement de maintenir les régimes spéciaux des cheminots. Certes, tout cela peut n’être que partie remise pour peu que les salariés baissent la garde.
Reste le noyau dur du plan. L’obstination du Premier ministre à ce sujet est significative. La transformation et la fiscalisation progressive de la Sécurité sociale constituent la première pièce d’une politique « cohérente ». Cette cohérence proclamée doit être prise au sérieux. Elle exprime le choix d’une logique libérale et concurrentielle : recours croissant aux assurances privées, privatisation et rentabilisation marchande des services publics, pression fiscale accrue sur les revenus du travail. Au lendemain de son élection, Jacques Chirac avait recommandé à ses ministres de se poser, avant toute nouvelle mesure, la question : « Est-ce bon pour l’emploi ? » La politique gouvernementale va en sens inverse. Dans un contexte de récession imminente, elle mène à un grand cimetière de l’emploi.
Loin de bloquer la société sur des archaïsmes ou de « poignarder au cœur le service public de l’État », la rébellion populaire est au contraire porteuse d’avenir et d’une dynamique de réformes inscrites dans la perspective d’une société fondée, non sur la compétition de tous contre tous, mais sur un droit à l’existence (à l’emploi, au logement, à la santé) qui passerait avant le droit de la propriété et de la finance.
Ce sont bien deux droits qui s’affrontent. Les grévistes et leurs syndicats sont porteurs de propositions et de solutions : pour une politique de transport et d’aménagement du territoire, pour une participation des Télécoms à la révolution des communications qui n’oblige en rien à privatiser une entreprise publique rentable, pour une redéfinition de la santé publique. Les premiers « experts » sont ceux et celles qui connaissent les possibilités et les ressources de l’outil ou du service qu’ils pratiquent quotidiennement.
L’enjeu décisif est bien là, entre la contre-réforme libérale et un autre choix de société, indissociablement national et européen. La priorité aux besoins du plus grand nombre contre la concurrence débridée conduit en effet à remettre en cause la construction européenne telle qu’elle se fait, de l’acte unique à la monnaie unique. D’où les marges étroites de Juppé comme de Jospin. Le gouvernement s’obstine à sacrifier l’emploi et la consommation populaire, dans la continuité des gouvernements Rocard, Bérégovoy, Balladur. Quant à Jospin, s’il est aussi discret et invisible, c’est bien parce qu’il demeure prisonnier d’un traité, dont le Parti socialiste fut avec les libéraux le principal artisan.
Certes, la question des déficits se pose (y compris aux États-Unis et au Japon), avec ou sans Maastricht. Mais la course effrénée aux critères de convergences et au calendrier monétaire impose les pires solutions. La monnaie n’est pas un fétiche automate, mais l’expression de rapports sociaux et de la productivité du travail. Construire l’Europe par le biais de la contrainte monétaire, c’est la construire à l’envers. Le recours à l’impératif catégorique financier pour discipliner les économies nationales fait en réalité régresser le projet européen. L’Europe monétaire tend ainsi à se réduire au club restreint de cinq ou six partenaires rassemblés autour du mark. Cette Europe peau de chagrin mérite-t-elle encore le nom d’Europe ?
Remettre la construction européenne à l’endroit, c’est commencer par les fondations. D’une part, par la création d’un espace de convergence sociale européen (un rapprochement progressif des niveaux de salaire, des acquis et des droits sociaux, une réduction coordonnée du temps de travail génératrice d’emploi, la mise en chantier de grands chantiers de services publics de transports, de télécommunications, d’énergie à l’échelle européen). D’autre part, la définition d’une Europe politique fondée sur des subsidiarités démocratiquement consenties.
Le choix ne se pose pas seulement, en effet, entre une Europe libérale, qui va dans le mur, et un repli national-populiste en forme d’impasse. Une autre Europe, démocratique et sociale, pourrait obtenir la légitimité populaire qui fait de plus en plus défaut à la politique de Maastricht.
Les grévistes et les manifestants ont démontré que la lutte peut faire reculer le pouvoir et infliger un coup d’arrêt à l’offensive libérale. L’événement crée une situation nouvelle où se nouent l’ancien (la tradition et la mémoire retrouvées) et le nouveau d’un mouvement qui déchire la ligne d’horizon et invente son propre avenir. La mobilisation de décembre marque un début de renaissance d’une culture populaire en même temps que l’ébauche d’une alternative à la dictature des marchés financiers et au règne d’une compétition inhumaine.
Les spéculations vont déjà bon train sur le sens historique d’une grève qui serait la dernière d’une époque. Pourquoi pas aussi la première du siècle qui vient ?
Le Monde, 30 décembre 1995

Mercredi 29 janvier Angers en jaune !

Rendez-vous mercredi 29 janvier
à la Bourse du Travail ( 18 heures 30 )
pour une nouvelle assemblée du groupe Cité Jaune Angers.
Ouverte à toutes et tous, avec ou sans gilet !

ORDRE DU JOUR :
1. Vie de CJA ( appel à rejoindre l’équipe « Organisation » )
2. Élection des porte-paroles de CJA à la prochaine Assemblée des assemblées
3. Organisation du soutien aux personnes verbalisées le 23 janvier
4. Réaction de CJA aux attaques du Courrier de l’Ouest à l’encontre de Djamel
5. Comment rallier les artistes dans la lutte
Nous terminerons avec l’enregistrement de la Complainte de Cité Jaune Angers. Soyons nombreux : plus on est de fous, plus on crie !
Pour mieux comprendre le processus de création du groupe Cité Jaune Angers, lire son dernier communiqué :

TOUS ENSEMBLE POUR EN FINIR AVEC LE CAPITALISME !
Communiqué du groupe Cité Jaune Angers du 23 janvier 2020

Mobilisation contre la réforme des retraites, actions contre l’ouverture de Géant Casino et ses caisses automatiques le dimanche, soutien au militant anticapitaliste Vincenzo, appui au squat la Grande Ourse, marche pour le climat… Ces derniers mois, le groupe d’organisation de Cité Jaune Angers a appelé à soutenir ces mouvements, et d’autres, et a mis toute son énergie dans ces actions qui, selon nous, s’inscrivent totalement dans le mouvement du 17 novembre.
Pour autant, certains Gilets Jaunes habitués du kiosque ont pu émettre des critiques à ce sujet, ne comprenant pas quels étaient les liens avec le mouvement. Ces questions, Cité Jaune Angers les entend, et c’est pourquoi il nous semble important de clarifier certaines choses. Nous pouvons être fiers de n’avoir jamais, depuis plus d’un an maintenant, fait de pause dans la lutte. C’est aussi grâce à vous, merci ! Nous reconnaissons aussi avoir parfois pu faire des erreurs en se faisant mal comprendre ou en ne parvenant pas toujours à atteindre nos objectifs lors de telle ou telle action.
Nous, l’équipe d’organisation, tenons à rappeler que Cité Jaune est un groupe parmi tant d’autres que compte ce grand mouvement du 17 novembre. Il est important de le souligner : nous n’obligeons personne à nous suivre, mais appelons les Gilets Jaunes qui partagent nos valeurs et souhaitent continuer la lutte à nous rejoindre. Toutes les idées respectant nos engagements sont d’ailleurs bienvenues.
En tant que groupe, nous avons choisi de nous rassembler autour de principes, qui sont clairs et publics (vous pouvez les retrouver détaillés sur notre page Facebook). Parmi eux : démocratie directe et participative, rejet de toute discrimination, comportements respectueux, ou encore recherche de convergences avec les luttes sociales et écologiques qui rejoignent les revendications des Gilets Jaunes.
C’est bien de cela dont on parle : la convergence. Toutes les actions réalisées jusqu’ici poursuivent le même but : dénoncer ce capitalisme financier qui broie nos vies et les écosystèmes.
En tant que groupe de Gilets Jaunes…
– pourquoi participer au mouvement contre la réforme des retraites ? Pour dire non à Macron et à son monde de spéculation sans fin. Pour dire non à cette politique qui détruit chaque jour un peu plus nos acquis sociaux et s’attaque toujours aux plus pauvres ;
– pourquoi occuper les Galeries Lafayette ? Car le blocage de l’économie reste le moyen de pression le plus efficace et pour dénoncer le consumérisme de masse qui ruine notre planète et notre porte-monnaie ;
– pourquoi participer aux signatures du référendum contre la privatisation des aéroports de Paris ? Pour obtenir une démocratie citoyenne directe, pour promouvoir le RIC et pour empêcher que le bien public soit accaparé par les plus riches ;
– pourquoi appeler à soutenir le militant anticapitaliste Vincenzo ? Parce que comme les GJ, des femmes et des hommes ici et ailleurs dans le monde se battent pour un monde meilleur et se retrouvent victimes de violences policières et d’une répression judiciaire, et ça, les GJ ne peuvent pas l’accepter !
– pourquoi soutenir les actions du squat angevin la Grande Ourse ? Pour être solidaires des personnes qui, comme les GJ, veulent sortir de ce système capitaliste et aident les plus démunis ;
– pourquoi s’indigner des incendies géants de l’autre côté de la planète ? Pour montrer du doigt les responsables du réchauffement climatique qui, pour les mêmes raisons cupides qu’ils rendent nos fins de mois difficiles, précipitent la fin du monde.
Érosion des services publics et perte du bien public, maintien d’une croissance infinie, dévastation des ressources naturelles, déni de démocratie, précarisation de l’ensemble de la population, répressions policière et judiciaire… une même cause, un même ennemi, le capitalisme.
C’est pourquoi nous privilégions la convergence des luttes car nous pensons qu’ensemble, on est plus forts ! Et face à l’oligarchie, au capitalisme tout puissant, il faut tous se mobiliser, malgré nos différences, mais aussi parce que ces différences sont notre force.
Ce n’est pas toujours facile parfois et cela demande beaucoup d’énergie. Cité Jaune Angers, depuis le début, a fait le choix de la transparence, en proposant des assemblées ouvertes à tous, pour notamment, discuter et proposer des actions à mener sur Angers. Vous pouvez trouver le compte-rendu de ces réunions sur internet. Cette convergence commence à porter ses fruits : les Gilets Jaunes sur Angers sont reconnus par les syndicats et par de nombreux collectifs en lutte telle la Grande Ourse comme de véritables interlocuteurs qui comptent dans les luttes. La page Facebook de Cité Jaune est devenue une source d’information importante pour un certain nombre d’Angevins.
Enfin, c’est une question d’efficacité mais aussi de visibilité pour les Gilets Jaunes, pour dire que oui, nous sommes toujours là, sur tous les fronts, toujours motivés. C’est bien pour ça qu’on chante “On lâche rien” tous les samedis, non ?
L’équipe d’organisation de Cité Jaune Angers
Le 23 janvier 2020

Création d'un Espace de Rencontre Citoyen, Ludique et Educatif