Samedi 19 octobre Acte 49 A nous de jouer

A l’occasion de leur Acte « 49 »,
les Gilets jaunes d’Angers lancent un appel
à une grande marche festive ET résolue dans les rues angevines
le samedi après-midi 19 octobre :
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Lundi 14 octobre 18H30 Place du Ralliement

Rendez-vous à nouveau  LUNDI 14 OCTOBRE
sur la Place du Ralliement à 18 heures 30
pour affirmer notre soutien  aux Kurdes de Rojava
 ainsi qu’à la population du Nord Syrie bombardée par la Turquie.
Exigeons la protection des populations
et notamment la mise en place d’une zone de protection aérienne.
Exigeons que soient prises toutes les dispositions diplomatiques pour arrêter les combats en Syrie
et un plan à long terme de sortie pour une paix durable !
Merci à toutes les organisations
qui ont relayé le message pour samedi et à vous qui étiez présents.
Soyons plus nombreux lundi.
A imprimer : Chants à reprendre

Communiqué du Mouvement de la Paix :
Devant les propos irresponsables de D. Trump annonçant le retrait des troupes états-uniennes de la zone tampon entre la Turquie et la Syrie, le Mouvement de la Paix exprime sa crainte extrême que cela ouvre la porte à des massacres de la population kurde habitant depuis des siècles sur ce territoire. C’est la menace qui a été faite de manière très claire par le Président turc Erdogan. Celui-ci a déjà montré que ses menaces contre les Kurdes étaient suivies d’effets si des pressions internationales n’étaient pas faites.
En conséquence :
Nous demandons que notre pays demande la réunion urgente, dans les heures qui viennent, du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour que des mesures soient prises afin d’assurer la sécurité de populations qui souffrent depuis de nombreuses années des attaques turques comme des attaques de Daesh.
Nous demandons que notre pays, avec la Grande-Bretagne, reste présente dans cette région comme force pacifique d’interposition.
Nous demandons que notre pays conditionne tout rapport économique avec la Turquie au respect des principes élémentaires des droits de l’homme et de la démocratie. Qu’elle libère en particulier tous les prisonniers politiques et rétablisse dans leurs droits toutes les personnes sanctionnées pour leurs positions politiques. ( A Paris, le 08/10/2019 )

« AUJOURD’HUI JE SUIS KURDE, JE PENSE KURDE, JE PARLE KURDE, JE CHANTE KURDE, JE PLEURE KURDE…
( Article de Charb, assassiné à Charlie Hebdo en 2015 )

Samedi 12 octobre 15H Place du Ralliement

La situation des Kurdes du Rojava est menacée.
Rassemblons-nous SAMEDI 12 OCTOBRE
sur la place du Ralliement à 15 heures
pour que la France impose la diplomatie et protège les Kurdes
de toute agression dans la région.
Appel du Mouvement de la Paix
Appel des Amitiés kurdes de Bretagne

Tribune parue dans Cerveaux non disponibles  :
La Turquie bombarde ainsi un territoire démocratique ; le Rojava, où le droit des femmes y est puissant, ou les pouvoirs sont répartis localement et non centralisés. Tout n’y est pas parfait certes. Mais si nous y voyons là un territoire ami, ce n’est pas le cas de nos États, qui dans cette histoire sont criminels. Rappelons qu’en France les personnes qui s’étaient rendues là bas combattre Daech furent considérés à leur retour comme des terroristes, fichés S et poursuivis par la justice. Quels sont ces États qui font des serments de luttes antiterroristes pour ensuite laisser libre cours stratégiquement à des attaques sanguinaires contre des démocraties réelles ?
APPEL À UNE RÉBELLION INTERNATIONALE POUR LE ROJAVA !
Nous, collectifs écologistes, groupes de gilets jaunes, organisations syndicales, organisations nationales, occupant-e-s de la place du Châtelet à Paris, membres d’Extinction Rebellion, appelons à soutenir massivement le Kurdistan syrien envahi par l’armée turque depuis le mercredi 9 octobre. Les bombes qui pleuvent sur ce territoire nous concernent tous-tes.
Depuis 2012 cette région au nord de la Syrie jouit d’une indépendance de fait et d’une administration autonome. Une expérimentation politique unique s’y déroule, basée sur la démocratie directe, les assemblées locales, le féminisme, l’écologie, et la cohabitation des différents peuples. Malgré toutes ses imperfections, cette expérience représente une vraie alternative et mérite d’être défendue.

Photo by Janet Biehl in Rojava

Les enjeux de cette guerre sont immenses. Depuis 2013, les combattant-e-s kurdes et arabes des « Forces Démocratiques Syriennes » ont été au premier plan de la guerre contre Daech. Les voilà maintenant totalement lâché-e-s par la coalition internationale, qui s’en prétendait pourtant alliée. L’Union Européenne, qui sombre dans des politiques de plus en plus xénophobes, cède depuis des années au chantage d’Erdogan au sujet des millions de réfugiés syriens en Turquie. Elle reste bras croisés parce qu’elle ne souhaite surtout pas accueillir ces millions « d’indésirables » qui sont confinés dans des camps en Turquie depuis des années.
Ceux qui sont menacés par les bombes turques au Kurdistan syrien, ne sont pas seulement les populations kurdes mais toutes les populations civiles de la région : arabes, syriaques, arméniennes, turkmènes, assyriennes, etc. C’est la possibilité d’une coexistence pacifique entre de nombreuses minorités ethniques et confessionnelles qui risque d’être détruite par des massacres, des déplacements massifs et un nettoyage ethnique.
Dans cette région du « Croissant Fertile » aujourd’hui soumise à la destruction écologique, cette guerre vise aussi à prendre le contrôle des ressources naturelles. En annexant ce territoire, la Turquie cherche à s’accaparer en particulier l’eau de l’Euphrate et également son pétrole. Nous sommes solidaires de l’appel à mobilisation internationale des volontaires de la « Commune Internationaliste », et de leur effort pour préserver les ressources naturelles et reboiser la région.
Nous n’oublions pas que l’expérience d’autonomie du Kurdistan syrien a surgi dans le contexte de la révolution syrienne de 2011, écrasée dans le sang dans le silence total de la communauté internationale. Elle est reliée aux vagues de soulèvements populaires des « Printemps arabes » en 2011. Depuis un an, cette vague internationale de révolte populaire a repris, en Algérie, au Soudan, en Irak, à Hong-Kong, en France et ailleurs. Nous en sommes profondément solidaires.
Nous dénonçons l’hypocrisie et la complicité des grandes puissances internationales. Si l’armée turque s’autorise à bombarder le Rojava, c’est parce que les États-Unis, la France, l’Allemagne et d’autres États le veulent bien. La gouvernement français est d’ailleurs complice puisque l’entreprise Thalès fournit du matériel optique pour les drones turcs et réprime le mouvement kurde en France. Des « conférences climat » aux « Conseils de sécurité », c’est la même hypocrisie géopolitique qui règne. Une hypocrisie sanglante qui mène à l’effondrement du vivant sur la Terre, et à la destruction de toutes les alternatives politiques à ce système capitaliste, patriarcal et raciste.
Nous exigeons de l’État français, l’Union Européenne et la communauté internationale :
• L’arrêt immédiat de la guerre menée par l’État turc
• La constitution immédiate d’une zone d’exclusion aérienne au dessus de la région
• La reconnaissance de l’autonomie de « l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est »

Mardi 8 octobre 15 heures Place du Ralliement

Les organisations nationales de retraités
appellent à manifester mardi 8 octobre
contre la réforme des retraites.
Pour l’augmentation des pensions, tous en action !
A Angers, rassemblement
place du Ralliement
à 15 heures
Nos vies valent plus que leurs profits !

23 septembre 2019, par NPA 49


Travailler plus pour gagner moins ?
En modifiant les paramètres de calcul des pensions et des durées de cotisation, Macron vise une refonte globale du système de retraite, dont la finalité constituera une véritable saignée des pensions qui seraient amputées de 15 à 35 %.
Sous l’apparence d’un traitement égal, juste et universel, le nouveau système serait avant tout un grand nivellement par le bas généralisé. Actuellement seuls les meilleurs salaires sont pris en compte pour le calcul de la retraite. Calculer les pensions sur l’ensemble de la carrière, c’est calculer à partir d’un salaire de référence inévitablement plus bas, donc avoir une retraite automatiquement plus faible, plus particulièrement pour les femmes, les précaires… Compte-tenu de l’allongement de la durée de cotisation prévue par la réforme, il faudra travailler plus pour gagner moins !
Plus largement cette contre-réforme va entériner un changement systémique car la baisse massive des pensions va progressivement ouvrir la voie à la capitalisation pour celles et ceux qui en auront les moyens.
Faire payer les capitalistes, amplifier le système par répartition
La vérité c’est que nos retraites ne sont ni trop élevées ni trop longues. Si nous vivons plus longtemps, c’est parce que nous travaillons moins et nous ne voulons pas que cette logique s’inverse. Les privilégié.e.s ne sont pas à chercher du côté des salarié.e.s, mais du côté de ceux qui ont le plus à gagner dans cette contre-réforme : le patronat, les compagnies d’assurances, les banques… Il n’y a en réalité aucun problème de financement, pour qui veut prendre l’argent là où il se trouve, en augmentant en particulier les cotisations patronales, en supprimant toutes les exonérations.
Il faut donc refuser le statu quo et exiger des mesures radicalement opposées : retraite à 60 ans dès 35 ans d’activité, 55 ans pour les emplois pénibles, incluant le travail salarié ou les périodes sans travail avec continuité du salaire, en assurant aussi le rattrapage des pensions pour les femmes et toutes les victimes de la précarité. Pour maintenir un système par répartition, il faut augmenter les salaires et répartir le travail. Aucun revenu ne doit être inférieur à 1800 euros nets, et le temps de travail doit être ramené à 32 heures sans perte de salaire.
Unité pour construire un mouvement d’ensemble
Une seule journée d’action ne suffira pas pour faire plier le gouvernement et imposer le retrait du projet de réforme. Face au calendrier d’enfumage de Macron, il faut imposer un autre agenda social tirant les leçons des défaites antérieures.
Toutes et tous à 15 heures place du Ralliement mardi 8 octobre
mais il faut lui donner des perspectives d’actions durables pour pouvoir bloquer l’économie : la seule solution pour construire le rapport de force nécessaire pour gagner. Le succès de la grève à la RATP est un premier encouragement, et les manifestations pour la justice climatique, celles des Gilets jaunes, montrent aussi qu’il existe un climat combatif. Salarié.e.s du public ou du privé, nous sommes toutes et tous attaqué.e.s ; nous ne pouvons agir en ordre dispersé. Il est urgent d’opposer une résistance unitaire – syndicale, politique, associative – de toutes celles et ceux qui veulent mettre en échec ce recul social sans précédent, pour en finir avec Macron et son monde, un monde capitaliste anxiogène qui menace directement nos vies, à la fois dans le champ social et dans le champ environnemental.

Vendredi 4 octobre Place aux coquelicots !

Le Cercle 49 sera présent ce vendredi 4 octobre
Place du Ralliement à 18 heures 30
pour soutenir l’appel Nous voulons des coquelicots
qui demande l’interdiction de tous les pesticides de synthèse :
« Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant.
Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin,
dans le nectar des fleurs et l’estomac des abeilles,
dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux
dans le lait des mères, dans les pommes et les cerises.

Les pesticides sont une tragédie pour la santé.
Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson,
des troubles psychomoteurs chez les enfants,
des infertilités, des malformations à la naissance.
L’exposition aux pesticides est sous-estimée
par un système devenu fou, qui a choisi la fuite en avant.
Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place.
Il y en a des milliers.
Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée.
Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans;
la moitié des papillons en vingt ans; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards; les grenouilles et les sauterelles
semblent comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares.
Ce monde qui s’efface est le nôtre et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive.
Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde !
Non, nous ne voulons plus. À aucun prix. Nous exigeons protection.
Nous exigeons de nos gouvernants l’interdiction
de tous les pesticides de synthèse en France.
Assez de discours, des actes. »
N’oubliez pas de signer la PÉTITION en ligne.
Une chanson animera le rassemblement, texte à imprimer ICI
Ce rassemblement sera reconduit ( Place du ralliement à 18h30 )
tous les premiers vendredis de chaque mois jusqu’en octobre 2020.
Une centaine de citoyen-ne-s à travers la France a pratiqué
des analyses d’urines pour rechercher des traces de glyphosate, principal marqueur de notre ingestion quotidienne de pesticides.
Le glyphosate est une molécule de synthèse créée par l’homme
et impossible à trouver naturellement dans l’environnement.
100 % des analyses ont été positives, preuve de la présence
des pesticides dans notre organisme.
Le bon taux, c’est zéro !

Non à l’esclavagisme ! Mercredi 2 octobre 18h30

Le Cercle 49 soutient cet appel relayé par le Collectif Émancipation
à se rassembler mercredi 2 octobre à 18 heures 30
devant l’hôtel Ibis Angers Centre ( rue de la Poissonnerie )

Depuis le 17 juillet dernier, les salarié.es de l’hôtel Ibis Batignolles dans le 17e arrondissement de Paris sont en grève. Elles et ils (23 femmes et 1 homme) dénoncent les conditions de travail que leur impose la société de sous-traitance qui les embauche, mais aussi le viol d'une femme de chambre par l'ancien directeur de l’hôtel.
Elles et ils ont appelé à les soutenir, par des rassemblements devant les hôtels du groupe Accor notamment. C'est un petit geste de solidarité pour nous,mais un soutien précieux pour les grévistes.
C'est pourquoi nous nous rassemblerons, mercredi 2 octobre, à 18h30 devant "l’hôtel Ibis Angers centre" rue de la Poissonnerie,avec des banderoles et témoignages de soutien, pour dénoncer les violences d'un système capitaliste, patriarcal et raciste.
Pour plus d'infos sur la lutte en cours.
Des militant.es féministes, syndicalistes et anticapitalistes d'Angers.
Pour maintenir les « couts » au minimum et s’aligner sur les tarifs imposés par le groupe ACCOR, les sous traitants imposent des contrats en temps partiel aux femmes de chambre. Mais dans les faits, les cadences sont telles, qu’elles sont plus proches du temps complet… sans pour autant que leurs heures supplémentaires soient rémunérées… Voilà comment on rémunère des salariées en dessous du SMIC en 2019.
Pendant ce temps là certains se portent très bien. A commencer par le PDG du groupe, grand copain de ces actionnaires inutiles. Pourtant ceux là sont loin d’être indispensables, au contraire, ils plombent le groupe ACCOR et poussent à la dégradation des conditions de travail depuis de nombreuses années.
Soutenez les femmes de chambre en partageant cette page et en finançant la caisse de grève !
Trop c’est trop !
Le groupe ACCOR, leader français, européen et sixième groupe mondial fait en 2018: 2,3 milliard d’euros de bénéfices. Cette somme colossale servant à rémunérer les actionnaires, s’est faite sur le dos de salarié-e-s exploité-e-s, dans des conditions de quasi esclavage.
En cause: la généralisation progressive de la sous-traitance du service des étages, c’est à dire, le nettoyage des chambres.
L’idée est simple. Les femmes de chambres (et oui se sont majoritairement des femmes) ne sont pas considérées comme des travailleuses dignes d’être employées dans les mêmes conditions que leur collègues des autres services. En passant par des entreprises intermédiaires, les hôtels peuvent ainsi contourner toutes les obligations du code du travail et se dédouaner de toutes responsabilités quant aux conditions de travail des femmes de chambre.
Les femmes de chambre dans ces hôtels peuvent être virées du jour au lendemain, sans motif réel et sérieux. Le « donneur d’ordre » (ACCOR) a juste à envoyer un sms au sous traitant. Celui-ci n’a plus qu’à muter l’employé à l’autre bout de la région parisienne et le tour est joué. On appel ça la « close de mobilité », elle est inscrite dans leur contrat de travail.
Comment réclamer ces droits dans ces conditions ?

Je suis là, tu es là, on est là Café repaire

Rendez-vous mardi 1er octobre
pour une nouvelle soirée Café repaire
pour continuer, élaborer, renforcer la lutte
contre Macron et son monde !
– Infos sur le dispositif de soutien au référendum

sur la privatisation d’ Aéroport De Paris
– Préparation de l’Acte « 49 », à nous de jouer
!

Au bar Le Challenge ( 12 place Mendes France )
à partir de 19h30 comme d’hab’.

Et à lire, ce beau texte qui circule sur le Net :

Lettre ouverte aux Gilets Jaunes et au Président

Cette lettre ouverte s’adresse aux gilets jaunes, aux français, au Président de la République. En aucune manière, nous ne prétendons représenter le mouvement en cours qui depuis le début, se défie des chefs et des appareils politiques. Sur les ronds-points, dans les manifestations, nous avons jeté toutes nos forces, mais nous ne pouvons en rester là. Il est devenu impératif de témoigner, de réagir sans haine mais sans compromis à l’immense mépris dont nous faisons l’objet. Nous refusons de croire que tout puisse s’arrêter là : dans la brutalité et la défiance, dans l’humiliation et la résignation.
Novembre 2018, les gilets jaunes bousculent l’Histoire et décrètent l’état d’urgence. Urgence fiscale. Urgence sociale. Urgence politique. En France, le sens des injustices est, paraît-il, plus vif qu’ailleurs. Est-il cependant nécessaire de brandir ce signe distinctif, ce brevet d’insoumission pour expliquer notre soulèvement ? Le désastre en cours ne saute-t-il pas aux yeux de tous ? Reconnaissons-le, notre France opulente prend l’eau de toute part et emploie désormais toute son énergie à conjurer l’hypothèse du naufrage. Autour de nous, on ne compte plus ceux qui découvrent l’angoisse des fins de mois, les stratégies laborieuses pour joindre les deux bouts. Vidées de leurs pauvres, les métropoles cultivent l’entre-soi ; leur unique préoccupation : tenir leur rang dans les remous de la globalisation. La périphérie est invisible.
Personne ne saurait dire exactement ce que nous sommes, personne n’est en mesure de porter notre parole, de nous représenter. Sans voix, sans armes, sans guides, nous n’avons eu d’autre choix que de nous emparer de l’espace public. Exprimer les colères, passionner les samedis, perturber le quotidien, envahir les radios et les téléviseurs, enflammer la rue et chanter la Marseillaise, brûler quelques poubelles, se barricader pour engager la lutte. En peu de mots, voilà les gilets jaunes. L’histoire a ses secrets et ses ironies : ces invisibles, ces sans-voix sont partout. Les gilets jaunes sont dans nos esprits, dans nos conversations, dans nos médias, sur les réseaux sociaux et dans les derniers bistrots de France. Et qui, autour de nous, n’a pas une mère, un fils, un ami ou un collègue gilet jaune ?
Nous, gilets jaunes, ne sommes pas le peuple. C’est un fait. Mais la France républicaine aurait-elle encore un visage, sans ces agitateurs de ronds-points, sans ces foules improbables qui envahissent les centres-villes pour foutre en l’air joyeusement les après-midi shopping ? La France républicaine a-t-elle encore un visage, arc-boutée qu’elle est derrière une police éreintée mais acculée au matraquage, de plus en plus grisée par la fièvre répressive ? Devant cette France qui nous toise et décime nos rangs, qui chaque samedi nous refoule dans nos déserts pavillonnaires, nous agitons pourtant un symbole clair et sans équivoque. Porter un gilet jaune c’est se rendre visible en situation d’urgence, montrer qu’on attend les secours. Chacun sait que nous traversons des temps d’interrogation et d’inquiétude, mais nous, les gilets jaunes, nous sommes aux premières loges. On nous prédit un avenir effroyable, on nous reproche de penser fins de mois quand la fin du monde se dessine à l’horizon. Mieux que quiconque pourtant nous avons senti peser le poids du désastre global dans nos budgets faméliques, dans nos combines à deux sous.
Pendant qu’une portion toujours plus réduite de la population se cale sur le rythme effréné des « premiers de cordée », avec, en ligne de mire, l’insolente réussite des plus riches (le fameux 1%), nous regardons s’écrouler les immeubles vétustes comme à Marseille, nous voyons péricliter nos services publics – étendard de notre France sociale – sous les coups répétés de réformes scélérates, nous sentons bien que les institutions complices de cette mécanique impitoyable, que les politiques de gestion de crise sont au bout du rouleau. Qui peut croire que ces dernières peuvent encore lutter sérieusement et loyalement contre les monstres économiques qu’elles ont couvés et engendrés ? Qui peut croire qu’il y a encore une âme derrière les sourires crispés des gestionnaires en déroute ?
Nous encourageons à nous rejoindre, tous ceux qui ne peuvent plus se résoudre à la routine du déni, aux élections cadenassées, tous ceux qui ne s’en laissent pas conter. Nous tendons la main à tous ceux qui savent, en leur âme et conscience, que nous ne sommes pas des monstres racistes, homophobes et antisémites, pour reprendre la terne litanie des communications officielles. Ceux qui devinent que nous n’avons nullement vocation à la paresse ou à la haine, aux déprédations et aux provocations. Nous accueillerons tous ceux qui se sentent cernés et impuissants, tous ceux qui ne demanderont plus l’aumône.
Nos mains pourtant, se sont d’abord tendues vers vous, Monsieur le Président. Vous qui ne pouvez presque rien quand les grands établissements financiers peuvent presque tout, vous qui affichez une politique jupitérienne quand vos pairs sont à Bruxelles à la tête d’une Europe construite dans notre dos et sur notre dos. Vous étiez la nouveauté et l’audace dans cette Vème République vieillissante à laquelle, comme par fatalité, vous avez fini par ressembler. Vous imaginiez pouvoir comprendre et échanger avec tous les Français alors que tous vos gestes sont étudiés : pas une mimique qui ne soit calibrée par la com’, pas une émotion qui ne soit affectée. Votre langue parfois se délie, il le faut bien quand on parcourt la France au pas de course, mais là encore : nulle trace de chaleur ou d’empathie, seulement ces fameuses petites phrases assassines, ces concentrés de venin dont on fait des gorges chaudes. Vous engagez un débat national pour repenser notre vie démocratique quand, en réalité, vous avez décidé par avance des règles du jeu. En définitive, vous le savez bien, l’essentiel n’est pas négociable.
Est-ce là ce que vous appeliez votre « révolution » ?
« Vous ne pouvez rien sans les français, Monsieur le Président Macron, alors enfilez le gilet jaune et marchez avec nous pour alarmer et secourir. Avec nous et non pas contre nous, ayez l’esprit de courage et d’humilité, transformons les colères en solutions. » C’était la première invite des gilets jaunes, elle vous a été adressée en novembre 2018. Il s’agissait alors de comprendre, d’agir avec discernement, d’évaluer l’urgence de la situation. Entre-temps gaz lacrymogènes et flashballs ont éclairé nos lanternes. Nos mains tendues se sont retirées pour se tenir plus fermement les unes aux autres. Seule la violence pouvait occuper cet espace que le dialogue avait déserté. Avions-nous d’autres choix ? Peut-on éternellement reprocher à ceux qui se savent condamnés de se débattre jusqu’à leur dernier souffle ? Nos seuls ennemis sont pourtant la cécité et la surdité.
Osons une formule à l’emporte-pièce : le mouvement gilets jaunes est la conscience de notre temps. Notre époque est celle d’une crise généralisée qui ne dit pas son nom, et détourner le regard n’empêchera pas la catastrophe. A tous ceux qui spéculent sur la fin du monde, à ces briseurs d’humanité emportés par leur rapacité, nous disons que nous ne reviendrons pas sur cet état d’urgence parce que c’est désormais ce que nous sommes. A ceux qui gouvernent dans le déni et l’autoritarisme nous disons : n’oubliez jamais que sans vous, nous sommes tout et que sans nous, vous n’êtes rien.
Vivre humainement et dignement dans une société plus juste, qui se rappelle qui elle est, voilà ce à quoi nous aspirons. Il n’y a pas de réponses interdites face à cet immense défi, il n’y aura pas de réponses faciles. Tôt ou tard, il faudra les entendre.
( Benoît Christel et Arnaud Marie )

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