Archives pour la catégorie Café repaire

Je suis là, tu es là, on est là Café repaire

Rendez-vous mardi 1er octobre
pour une nouvelle soirée Café repaire
pour continuer, élaborer, renforcer la lutte
contre Macron et son monde !
– Infos sur le dispositif de soutien au référendum

sur la privatisation d’ Aéroport De Paris
– Préparation de l’Acte « 49 », à nous de jouer
!

Au bar Le Challenge ( 12 place Mendes France )
à partir de 19h30 comme d’hab’.

Et à lire, ce beau texte qui circule sur le Net :

Lettre ouverte aux Gilets Jaunes et au Président

Cette lettre ouverte s’adresse aux gilets jaunes, aux français, au Président de la République. En aucune manière, nous ne prétendons représenter le mouvement en cours qui depuis le début, se défie des chefs et des appareils politiques. Sur les ronds-points, dans les manifestations, nous avons jeté toutes nos forces, mais nous ne pouvons en rester là. Il est devenu impératif de témoigner, de réagir sans haine mais sans compromis à l’immense mépris dont nous faisons l’objet. Nous refusons de croire que tout puisse s’arrêter là : dans la brutalité et la défiance, dans l’humiliation et la résignation.
Novembre 2018, les gilets jaunes bousculent l’Histoire et décrètent l’état d’urgence. Urgence fiscale. Urgence sociale. Urgence politique. En France, le sens des injustices est, paraît-il, plus vif qu’ailleurs. Est-il cependant nécessaire de brandir ce signe distinctif, ce brevet d’insoumission pour expliquer notre soulèvement ? Le désastre en cours ne saute-t-il pas aux yeux de tous ? Reconnaissons-le, notre France opulente prend l’eau de toute part et emploie désormais toute son énergie à conjurer l’hypothèse du naufrage. Autour de nous, on ne compte plus ceux qui découvrent l’angoisse des fins de mois, les stratégies laborieuses pour joindre les deux bouts. Vidées de leurs pauvres, les métropoles cultivent l’entre-soi ; leur unique préoccupation : tenir leur rang dans les remous de la globalisation. La périphérie est invisible.
Personne ne saurait dire exactement ce que nous sommes, personne n’est en mesure de porter notre parole, de nous représenter. Sans voix, sans armes, sans guides, nous n’avons eu d’autre choix que de nous emparer de l’espace public. Exprimer les colères, passionner les samedis, perturber le quotidien, envahir les radios et les téléviseurs, enflammer la rue et chanter la Marseillaise, brûler quelques poubelles, se barricader pour engager la lutte. En peu de mots, voilà les gilets jaunes. L’histoire a ses secrets et ses ironies : ces invisibles, ces sans-voix sont partout. Les gilets jaunes sont dans nos esprits, dans nos conversations, dans nos médias, sur les réseaux sociaux et dans les derniers bistrots de France. Et qui, autour de nous, n’a pas une mère, un fils, un ami ou un collègue gilet jaune ?
Nous, gilets jaunes, ne sommes pas le peuple. C’est un fait. Mais la France républicaine aurait-elle encore un visage, sans ces agitateurs de ronds-points, sans ces foules improbables qui envahissent les centres-villes pour foutre en l’air joyeusement les après-midi shopping ? La France républicaine a-t-elle encore un visage, arc-boutée qu’elle est derrière une police éreintée mais acculée au matraquage, de plus en plus grisée par la fièvre répressive ? Devant cette France qui nous toise et décime nos rangs, qui chaque samedi nous refoule dans nos déserts pavillonnaires, nous agitons pourtant un symbole clair et sans équivoque. Porter un gilet jaune c’est se rendre visible en situation d’urgence, montrer qu’on attend les secours. Chacun sait que nous traversons des temps d’interrogation et d’inquiétude, mais nous, les gilets jaunes, nous sommes aux premières loges. On nous prédit un avenir effroyable, on nous reproche de penser fins de mois quand la fin du monde se dessine à l’horizon. Mieux que quiconque pourtant nous avons senti peser le poids du désastre global dans nos budgets faméliques, dans nos combines à deux sous.
Pendant qu’une portion toujours plus réduite de la population se cale sur le rythme effréné des « premiers de cordée », avec, en ligne de mire, l’insolente réussite des plus riches (le fameux 1%), nous regardons s’écrouler les immeubles vétustes comme à Marseille, nous voyons péricliter nos services publics – étendard de notre France sociale – sous les coups répétés de réformes scélérates, nous sentons bien que les institutions complices de cette mécanique impitoyable, que les politiques de gestion de crise sont au bout du rouleau. Qui peut croire que ces dernières peuvent encore lutter sérieusement et loyalement contre les monstres économiques qu’elles ont couvés et engendrés ? Qui peut croire qu’il y a encore une âme derrière les sourires crispés des gestionnaires en déroute ?
Nous encourageons à nous rejoindre, tous ceux qui ne peuvent plus se résoudre à la routine du déni, aux élections cadenassées, tous ceux qui ne s’en laissent pas conter. Nous tendons la main à tous ceux qui savent, en leur âme et conscience, que nous ne sommes pas des monstres racistes, homophobes et antisémites, pour reprendre la terne litanie des communications officielles. Ceux qui devinent que nous n’avons nullement vocation à la paresse ou à la haine, aux déprédations et aux provocations. Nous accueillerons tous ceux qui se sentent cernés et impuissants, tous ceux qui ne demanderont plus l’aumône.
Nos mains pourtant, se sont d’abord tendues vers vous, Monsieur le Président. Vous qui ne pouvez presque rien quand les grands établissements financiers peuvent presque tout, vous qui affichez une politique jupitérienne quand vos pairs sont à Bruxelles à la tête d’une Europe construite dans notre dos et sur notre dos. Vous étiez la nouveauté et l’audace dans cette Vème République vieillissante à laquelle, comme par fatalité, vous avez fini par ressembler. Vous imaginiez pouvoir comprendre et échanger avec tous les Français alors que tous vos gestes sont étudiés : pas une mimique qui ne soit calibrée par la com’, pas une émotion qui ne soit affectée. Votre langue parfois se délie, il le faut bien quand on parcourt la France au pas de course, mais là encore : nulle trace de chaleur ou d’empathie, seulement ces fameuses petites phrases assassines, ces concentrés de venin dont on fait des gorges chaudes. Vous engagez un débat national pour repenser notre vie démocratique quand, en réalité, vous avez décidé par avance des règles du jeu. En définitive, vous le savez bien, l’essentiel n’est pas négociable.
Est-ce là ce que vous appeliez votre « révolution » ?
« Vous ne pouvez rien sans les français, Monsieur le Président Macron, alors enfilez le gilet jaune et marchez avec nous pour alarmer et secourir. Avec nous et non pas contre nous, ayez l’esprit de courage et d’humilité, transformons les colères en solutions. » C’était la première invite des gilets jaunes, elle vous a été adressée en novembre 2018. Il s’agissait alors de comprendre, d’agir avec discernement, d’évaluer l’urgence de la situation. Entre-temps gaz lacrymogènes et flashballs ont éclairé nos lanternes. Nos mains tendues se sont retirées pour se tenir plus fermement les unes aux autres. Seule la violence pouvait occuper cet espace que le dialogue avait déserté. Avions-nous d’autres choix ? Peut-on éternellement reprocher à ceux qui se savent condamnés de se débattre jusqu’à leur dernier souffle ? Nos seuls ennemis sont pourtant la cécité et la surdité.
Osons une formule à l’emporte-pièce : le mouvement gilets jaunes est la conscience de notre temps. Notre époque est celle d’une crise généralisée qui ne dit pas son nom, et détourner le regard n’empêchera pas la catastrophe. A tous ceux qui spéculent sur la fin du monde, à ces briseurs d’humanité emportés par leur rapacité, nous disons que nous ne reviendrons pas sur cet état d’urgence parce que c’est désormais ce que nous sommes. A ceux qui gouvernent dans le déni et l’autoritarisme nous disons : n’oubliez jamais que sans vous, nous sommes tout et que sans nous, vous n’êtes rien.
Vivre humainement et dignement dans une société plus juste, qui se rappelle qui elle est, voilà ce à quoi nous aspirons. Il n’y a pas de réponses interdites face à cet immense défi, il n’y aura pas de réponses faciles. Tôt ou tard, il faudra les entendre.
( Benoît Christel et Arnaud Marie )

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Café repaire Gilets jaunes Stop ou encore ?

Dernier Café repaire de l’été :
Rendez-vous avec ou sans gilet jaune
mardi 2 juillet à 19 heures 30
au bar Le Challenge ( 12 place Mendes France )
Nous ferons le point sur ces sept mois de lutte en jaune
et envisagerons les suites estivales à donner au mouvement.

Une pause avant la reprise ? ( publié sur Bellaciao )
Personne ne peut le nier, le mouvement des Gilets Jaunes (GJ) marque le pas.
Un bref coup d’œil et on voit vite qu’il a perdu pas mal de ses troupes et, en général, la partie qui constituait son cœur social, c’est-à-dire les plus pauvres et les moins politisés. Ce qui en faisait, malgré tout, les plus combatifs car ils avaient tout à gagner.
Leur impatience ; une issue positive qui s’éloignait ; des guerres de chefs ; la peur de la répression ; la campagne de discrédit continue qui a porté ses fruits sur quelques uns ; des raisons économiques ;  Bref, tout un tas de motifs ou raisons qui ont provoqué cette baisse de mobilisation et qu’il falloir analyser pour remobiliser sur des bases plus solides.
A ce jour, ne reste plus en place que deux types de mouvements :
  Ceux qui sont organisés à minima et qui pensent que les seules actions violentes sans base d’accord politique minimum, sont la solution ;
  Ceux qui sont organisés en AG régulières et qui tentent d’autres formes d’action plus pérennes, pour maintenir haut la flamme.
Aucun des deux n’a, à ce jour, réussi la remobilisation dans leur zone d’influence. Aucun des deux n’a réussi à ramener la totalité de ce cœur social qui fait la force et la conscience politique du mouvement.
Si les partisans des actions violentes et rien d’autres sont voués à l’échec dans la situation actuelle (ce qui ne veut pas dire qu’un jour ou l’autre, l’usage de la violence ne sera pas nécessaire), les autres cherchent un second souffle. L’assemblée des assemblées, au niveau national, en est un exemple. Il existe localement des déclinaisons de cette démarche qui sont dans la même problématique : que faire ?
Déjà, on peut constater que restent dans ces groupes locaux « non-violents », plus ou moins coordonnés, des militants (surtout de gauche radicale) et des gens qui, socialement et économiquement sont plus intégrés (même si les revenus de certains sont bas et/ou les situations sociales sont précaires). Les autres, les plus faibles, les plus vulnérables sont majoritairement partis, même s’il en reste.
Car il reste malgré tout une part de ce cœur social ; ce mouvement a, depuis, novembre 2018, forger leur sens politique et critique.
Tout le travail va donc consister maintenant, pour ces groupes, à forger des actions et des bases programmatiques pour ramener ceux qui ont fait le mouvement au début et à leur laisser une place dans la direction du mouvement tout en les aidant à se former politiquement.
Ce travail sera sans doute long, il faudra être vigilant car le RN et ses idées sont toujours là, à l’affût.
Les conditions objectives qui ont fait naître les GJ sont inchangées ; cela il faut le dire et le marteler pour maintenir le feu.
Enfin, adresse aux militants révolutionnaires, il s’agit d’un mouvement de masse (comme un syndicat) et non pas d’un énième mouvement politique militant. Comme tout mouvement de masse, il ne s’agit donc pas de le noyauter mais, au contraire, de l’aider à se développer, s’organiser, se politiser.
Et puis ce beau texte en forme de bilan à lire aussi sur Lundi matin :
A d’autres !
Autre point de vue dans cette vidéo : Gilets jaunes, stop ou encore ?
Un ressenti de Gilets jaunes interviewés à Montpellier pendant l’Acte 30 sur la chaîne Gémil Choses A Te Dire :

Café repaire mardi 4 juin décroissance oblige…

Rendez-vous mardi 4 juin pour un nouveau Café repaire
en compagnie de Simon Moulin et de Marie Fouquay,
les deux candidats angevins qui se sont présentés
sur la liste Décroissance 2019 aux élections européennes.
Extrait :
« Notre société du gaspillage est à l’origine de l’épuisement des ressources, du changement climatique, de l’extinction des espèces,
de l’augmentation des inégalités…

Ce constat est maintenant largement partagé,
certains parlent même d’effondrement.
Des spécialistes annoncent depuis 50 ans
l’échéance pour la prochaine décade.

Pourtant, tous les partis continuent de prêcher une relance
de la croissance et s’écharpent sur les moyens pour y parvenir.
Ils continuent de faire du problème la solution. »

Évidemment, pour beaucoup, de tels propos sont quelque peu
difficiles à entendre… Pour un Jean-Jacques Bourdin, par exemple :

En introduction à la profession de foi Décroissance 2019 :
« Le capitalisme a gagné sur toute la ligne, colonisant même
l’extrême gauche avec sa foi en la science et son productivisme.
Le sentiment d’impuissance est tel qu’individualisme et fuite en avant prédominent.
Comme si guerres, famines et épidémies étaient inéluctables. Comme si le suicide était préférable à une cure d’amaigrissement.
Le simple bon sens devrait pourtant nous suggérer que, lorsque les limites physiques sont dépassées et que la survie est en jeu, il faut faire machine arrière pour revenir à l’intérieur de ces limites.
La seule politique responsable est donc d’organiser une
décroissance de l’empreinte écologique globale
tout en augmentant la résilience de la société. Cela passe par une
réduction du cycle extraction-production-consommation-déchets,
par une baisse du niveau de vie matériel global et par un programme de transition économique qui garantisse l’essentiel du bien vivre aux plus nombreux.. »
Mardi 4 juin, avec nos deux candidats angevins décroissants,
nous reviendrons plus en détail sur chacune de leurs propositions :

Production : donner à des conventions de citoyens le droit de
refuser certaines productions, d’imposer des normes afin de sortir du gaspillage et de l’obsolescence programmée. Supprimer ou taxer lourdement la publicité, le luxe, les bolides urbains, les produits toxiques, les grandes surfaces, le nucléaire, les technologies
abrutissantes.
Commerce : sortir évidemment de tous les traités européens de libre-échange, conçus depuis le début pour enrichir les riches en rendant les gens captifs d’un approvisionnement lointain et assumer un protectionnisme douanier, y compris régional, qui permette une relocalisation effective des productions.
Fiscalité : faire porter la fiscalité non plus sur la ressource abondante – le travail – mais sur celles en voie de raréfaction, comme l’énergie et les matières premières pour les économiser. Taxer équitablement le kérosène et le fuel des bateaux et des camions. Instaurer un revenu maximum, car la richesse excessive est une atteinte à la décence commune. Instaurer des quotas carbone individualisés pour garantir à tous un minimum d’énergie.
Monnaie : multiplier les monnaies pour affaiblir la finance : rétablir des monnaies publiques locales, régionales et nationales, à côté d’une monnaie commune remise à sa place.
Migration : sortir des fables libérales sur la liberté de circuler, qui justifient l’errance économique au service de l’exploitation salariale, alors que chacun aspire d’abord à pouvoir vivre dans son pays.
Savoir cependant intégrer les migrants chassés par le changement climatique et par nos guerres néocoloniales pour les ressources.
Agriculture : arrêter les grands travaux inutiles consommateurs de foncier pour financer un « plan Marshall » en faveur d’une alimentation saine de proximité : nourrir à nouveau les villes par leurs campagnes, réformer l’enseignement agricole pour réintroduire une polyculture-élevage paysanne en circuit court. Régénérer les sols et créer de nombreux emplois avec la permaculture. Garantir un droit au jardinage au moyen d’une réappropriation foncière par les communes.
Démocratie :  rapprocher les décisions des citoyens en relocalisant la politique dans les  provinces, les pays et les communes. Pour y parvenir, instaurer chaque année des référendums d’initiative citoyenne et des assemblées populaires tirées au sort, comme un Sénat des peuples européens disposant d’un droit de veto.

On discute de tout ça mardi 4 juin, au bar Le Challenge à partir de 19h30, comme d’hab’.
Pas dans un esprit de discorde, mais bien au contraire, pour renforcer les liens d’affinité et d’amitié qui nous unissent.
Nous, qui nous nous retrouvons immuablement, coude à coude
sur tant de lieux de résistance !

Café repaire mardi 7 mai Élections européennes, pour quoi faire ?

Mardi 7 mai, le Café repaire invite les formations politiques locales
à venir s’exprimer sur la campagne pour les élections européennes
et à exposer leurs propositions sur les questions économiques,
écologiques, sociales et démocratiques.
Débat ouvert en présence des porte-paroles
– de la Fédération 49 du Parti socialiste,
– d’Europe Écologie Les Verts 49,
– de la section d’Angers du Parti communiste 49
– d’Angers Insoumise
– de Lutte Ouvrière 49
– du NPA 49
– du Parti animaliste du Maine-et-Loire
– du mouvement des Gilets jaunes angevins.
Le public aussi est invité à donner son avis.
Au bar Le Challenge ( 12 place Mendes France ) à 19H30.
Dans cette vidéo, les Gilets jaunes réunis
lors de l’Assemblée des assemblées de Saint-Nazaire
lancent un appel à l’action et à la mobilisation
pour la période des élections européennes :

Mardi 23 avril Café repaire Le nucléaire ? Non merci !

Mardi 23 avril,
le Café repaire vous donne rendez-vous pour
une soirée d’information et de discussion
avec les camarades du réseau Sortir Du Nucléaire 49
et du Comité angevin de soutien à Bure.

Au programme de la soirée :

– le « débat national » sur la gestion des matières radioactives
– le faux-convoi Chinon-Flamanville ( le projet EPR )
– les journées de mobilisation à Nancy ( 1er et 2 juin )
– le passage de l’Atomik tour à Angers ( 27/28/29 juin )

On compte sur vous en particulier pour aider à préparer le passage
de l’Atomik Tour à Angers ( idées, matos, coups de main… )
Au bar Le Challenge ( 12 place Mendes France )
à
partir de 19h30 comme d’hab’.

Café repaire mardi 5 mars : soutenir la Grande Ourse

Mardi 5 mars, le Café repaire vous invite
à faire connaissance avec les habitants de la Grande Ourse,
bâtisse de l’ancienne CPAM au 34 bd Daviers,
réquisitionnée et autogérée depuis le 3 septembre 2018.

La Grande Ourse naît de trois constats. Le premier se situe au niveau national : il s’agissait de réagir au projet de loi ELAN. Les deux autres se jouent au niveau local, avec en premier lieu la crise de l’héber-gement d’urgence des personnes sans-abris sur la ville d’Angers : à la halte de nuit du 115, ce sont chaque soir 20 à 30 personnes laissées sans solutions. Pour les personnes en demande d’asile, comme pour les SDF nés en France : situation d’accueil déplorable, droits bafoués pour une très large catégorie d’invidu.e.s (mineur.e.s, familles avec parfois enfants en bas âge, ou femmes enceintes) et multiples évictions des squats habitatifs – où ces personnes peuvent se réfugier quand il n’y a plus de solution. Le second versant de cette crise locale concerne la question du logement des étudiant.e.s. Face à l’inflation de l’immobilier, le nombre de jeunes qui n’ont pas trouvé d’hébergements en ce début d’année a simplement explosé.
Face à cela, la Grande Ourse a ouvert ses portes avec pour objectif de palier au mieux ces crises en proposant en son sein, et avec la force de simples bénévoles, des solutions d’hébergement à des individu.e.s en situation de grande vulnérabilité – familles, femmes seules, SDF ou étudiant.e.s, subissant ces décisions politiques. Elle a fait son nid dans l’ancienne CPAM du quartier de la Doutre, laissée à l’abandon depuis plusieurs années, et que le propriétaire actuel souhaite vendre pour la raser et construire à sa place un parking. Alors que le compromis de vente n’est pas encore signé, que les dates de démolition restent flou, et face à l’urgence que pose cette crise du logement et de l’hébergement, il devenait plus que légitime l’investissement immédiat du lieu, même sans l’accord préalable du propriétaire ou des autorités.
La Grande Ourse est certes un lieu habitatif, qui réunis des individus très différents (exilé.e.s, sdf nés en France, étudiant.e.s, travailleur.e.s précarisé.e.s…) ; pour autant ce qu’ils et elles ont en commun n’est pas tant une « vie compliquée », mais bien d’être touché de plein fouet par la crise de l’accès au logement et celle de l’hébergement d’urgence. Ces crises ne sont pas le produit du « destin », et ne sont pas fatales, elles, comme le retour saisonnier de l’hiver, par exemple. Ces crises sont le résultat immédiat du manque de considération et de prise en charge concrète de la part des décideurs locaux : mairie, agglomération, département, préfecture.
Nous rappelons l’horreur : environ 2000 SDF meurent chaque année à la rue (source : collectif Les morts de la rue) ; les femmes à la rue sont bien plus exposées aux violences sexuelles – même si celles-ci sont difficilement comptabilisables…
Pourquoi les décideurs, puisqu’ils en possèdent le pouvoir ne réquisitionnent-ils pas par eux-mêmes ces bâtiments libres ? Pourquoi, face à l’urgence du nombre de débouté.e.s à la halte de nuit du 115, plus de place d’hébergement d’urgence ne sont pas ouvertes ?
La Grande Ourse est certes un lieu habitatif, mais sert aussi de palliatif aux carences des autorités ; et notamment, vis-à-vis de l’hébergement d’urgence. La semaine dernière 56 personnes ont été accueillies pour une nuit en urgence.
Lieu d’hébergement d’urgence, mais aussi lieu d’activités, et lieu qui veut servir à visibiliser ces crises, tout en construisant le rapport de force pour en sortir. Nous ne pouvons pas continuer à attendre qu’une solution soit trouvée par ces décideurs qui, depuis bien trop longtemps, maintiennent cette situation dramatique !
Appel de la Grande Ourse : s’organiser pour le logement !