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Le Café repaire met la clé sous la porte…

C’est décidé : après huit années de bons et loyaux services, l’espace public du Café repaire met définitivement la clé sous la porte.
Depuis quelques temps, de nombreux espaces de rencontre, de débat ou d’information ont vu le jour, initiés par nos camarades d’ATTAC, de la France Insoumise, du BCM, des Gilets jaunes, de la Grande Ourse ou d’autres collectifs. Difficile alors de ne pas se gêner les uns les autres, celui du Café repaire leur cède donc volontiers la place et leur souhaite à tous une bonne route.
Le Cercle quant à lui, aura davantage de temps pour se concentrer sur son projet premier, celui de créer et d’animer des espaces de rencontre en extérieur ( dans la rue, sur les places ou sur les ronds-points ) afin d’échanger avec la foule de celles et ceux qui n’ont pas l’habitude de venir discuter entre quatre murs.
Allez, salut les AMG ( Auditeurs Modestes et Géniaux ), un petit coup d’œil dans le rétro avant de se quitter… On lâche rien !

ANNÉE 2012

ANNÉE 2013 :

ANNÉE 2014 :
ANNÉE 2015 :
ANNÉE 2016 :
ANNÉE 2017 :
ANNÉE 2018 :
ANNÉE 2019 :

 

L’avenir est-il si noir ? Ou bien rouge, jaune, vert…

Rendez-vous mardi 4 février pour notre Café repaire :
Rencontre avec le groupe Cité jaune Angers.
Discussion sur le thème « L’avenir est-il si noir ? »
Au bar Le Challenge à 19 heures 30 comme d’hab’.

Dans cet article de décembre 1995,
le philosophe et militant révolutionnaire Daniel Bensaïd
revient sur la lutte contre le Plan Juppé.
Les parallèles avec la grève de l’hiver 2019-2020 sont nombreux.
Le mouvement de 1995 ouvre l’univers des possibles
sur fond de crise de la représentation politique.
Les manifestant.e.s demandent plus que le retrait
de la contre-reforme gouvernementale :
sans spécifier ses contours, ils et elles veulent une autre société.

L’avenir s’invente aujourd’hui.
Un mouvement gréviste tenace, des manifestations monstres, un large soutien dans l’opinion : c’est plus qu’une grève, c’est un véritable soulèvement de la France qui travaille et produit, qui soigne et instruit, dont les politologues pressés annonçaient la dissolution dans la masse grise d’un individualisme sans rivage. Les pendules sont remises à l’heure. La lutte des classes continue et l’action collective n’a pas disparu.
Lorsque le voile de la routine est soudain déchiré, lorsqu’est brisé le carcan du travail qui empêche de penser, lorsqu’est conjuré le sortilège de la marchandise, on apprend et on comprend plus vite en quelques semaines que pendant de longues années de résignation. On se parle, on s’entraide, on découvre en autrui un autre soi-même. On entrevoit la possibilité d’une autre vie. Ce goût de libération ne s’oublie pas facilement.
L’irruption populaire a commencé sur fond d’exaspération, d’avoir trop subi en attendant des lendemains promis, aussi inaccessibles que la ligne d’horizon. On avait voulu croire en un progrès automatique et irréversible et l’on découvre, pour la première fois depuis un demi-siècle, que la nouvelle génération vivra probablement plus mal que les précédentes. Le refus de cet avenir qui n’en est plus un est parfaitement légitime, il est vite apparu que les grévistes se battaient pour tous, que leurs aspirations mettaient à l’ordre du jour un choix fondamental de société, que leur combat ressuscitait l’espérance.
Les clichés sur « la faillite des élites » rendent mal compte du divorce entre un microcosme politico-médiatique pourri de ses propres mythes et une société lacérée par le culte inhumain de la concurrence. À droite, les groupes dirigeants n’ont cessé d’osciller entre la tentation libérale et celle du repli sur une « grandeur française » révolue ; pour que la France continue à « tenir son rang », ils ont misé sur le nucléaire et l’industrie d’armement. À gauche, les gouvernements successifs se sont rapidement décolorés pour sombrer dans le culte du franc fort ; les dirigeants socialistes savent pertinemment que, après douze ans d’exercice du pouvoir de leur part, le « retard des réformes » est le prix de ce libéralisme tempéré.
Ce qu’on appelle crise de représentation ou crise du politique traduit un désarroi démocratique. On n’a plus aucune confiance dans des présidents et des gouvernements qui font le contraire de ce qu’ils avaient annoncé. On ne sait plus très bien qui est responsable de quoi et où se trouvent les centres réels de décision éclatés entre le niveau national, la Commission de Bruxelles (et demain, peut-être, la Banque européenne), les prérogatives déléguées à certaines institutions internationales comme l’Organisation mondiale du commerce. Si la puissance impersonnelle des « mystérieux marchés financiers » s’impose comme une fatalité, il ne faut pas s’étonner du discrédit du politique, de la « crise de représentation », de la perte de substance démocratique.
Face à cette panne sèche du politique, il est logique que le mouvement social se prenne directement en charge. Le contraste entre sa puissance et l’absence d’alternative politique est flagrant. Paradoxalement, cette absence a épargné les calculs électoraux et les arrière-pensées politiciennes qui ont si souvent inhibé les luttes.
On a accusé ce mouvement de tuer dans l’œuf « la réforme », comme si Alain Juppé en détenait seul le secret. Pensée unique, hier Europe unique de Maastricht et maintenant « réforme » unique. Cette « Réforme » majuscule est en réalité une contre-réforme destructive de droits et de liens sociaux.
Initialement inflexible, « droit dans ses bottes », Juppé a dû plier l’échine et se déchausser. Il y a deux mois, le gouvernement mégotait sur les six millions de crédits dus à l’université de Rouen ; Bayrou a été contraint de concéder une promesse de deux milliards pour tenter de détacher le mouvement étudiant de celui des salariés. La question des retraites occupait une place importante dans la « cohérence » proclamée du plan Juppé ; elle a été dissociée et mise en réserve. Le contrat de plan de la SNCF a été « gelé » avec engagement de maintenir les régimes spéciaux des cheminots. Certes, tout cela peut n’être que partie remise pour peu que les salariés baissent la garde.
Reste le noyau dur du plan. L’obstination du Premier ministre à ce sujet est significative. La transformation et la fiscalisation progressive de la Sécurité sociale constituent la première pièce d’une politique « cohérente ». Cette cohérence proclamée doit être prise au sérieux. Elle exprime le choix d’une logique libérale et concurrentielle : recours croissant aux assurances privées, privatisation et rentabilisation marchande des services publics, pression fiscale accrue sur les revenus du travail. Au lendemain de son élection, Jacques Chirac avait recommandé à ses ministres de se poser, avant toute nouvelle mesure, la question : « Est-ce bon pour l’emploi ? » La politique gouvernementale va en sens inverse. Dans un contexte de récession imminente, elle mène à un grand cimetière de l’emploi.
Loin de bloquer la société sur des archaïsmes ou de « poignarder au cœur le service public de l’État », la rébellion populaire est au contraire porteuse d’avenir et d’une dynamique de réformes inscrites dans la perspective d’une société fondée, non sur la compétition de tous contre tous, mais sur un droit à l’existence (à l’emploi, au logement, à la santé) qui passerait avant le droit de la propriété et de la finance.
Ce sont bien deux droits qui s’affrontent. Les grévistes et leurs syndicats sont porteurs de propositions et de solutions : pour une politique de transport et d’aménagement du territoire, pour une participation des Télécoms à la révolution des communications qui n’oblige en rien à privatiser une entreprise publique rentable, pour une redéfinition de la santé publique. Les premiers « experts » sont ceux et celles qui connaissent les possibilités et les ressources de l’outil ou du service qu’ils pratiquent quotidiennement.
L’enjeu décisif est bien là, entre la contre-réforme libérale et un autre choix de société, indissociablement national et européen. La priorité aux besoins du plus grand nombre contre la concurrence débridée conduit en effet à remettre en cause la construction européenne telle qu’elle se fait, de l’acte unique à la monnaie unique. D’où les marges étroites de Juppé comme de Jospin. Le gouvernement s’obstine à sacrifier l’emploi et la consommation populaire, dans la continuité des gouvernements Rocard, Bérégovoy, Balladur. Quant à Jospin, s’il est aussi discret et invisible, c’est bien parce qu’il demeure prisonnier d’un traité, dont le Parti socialiste fut avec les libéraux le principal artisan.
Certes, la question des déficits se pose (y compris aux États-Unis et au Japon), avec ou sans Maastricht. Mais la course effrénée aux critères de convergences et au calendrier monétaire impose les pires solutions. La monnaie n’est pas un fétiche automate, mais l’expression de rapports sociaux et de la productivité du travail. Construire l’Europe par le biais de la contrainte monétaire, c’est la construire à l’envers. Le recours à l’impératif catégorique financier pour discipliner les économies nationales fait en réalité régresser le projet européen. L’Europe monétaire tend ainsi à se réduire au club restreint de cinq ou six partenaires rassemblés autour du mark. Cette Europe peau de chagrin mérite-t-elle encore le nom d’Europe ?
Remettre la construction européenne à l’endroit, c’est commencer par les fondations. D’une part, par la création d’un espace de convergence sociale européen (un rapprochement progressif des niveaux de salaire, des acquis et des droits sociaux, une réduction coordonnée du temps de travail génératrice d’emploi, la mise en chantier de grands chantiers de services publics de transports, de télécommunications, d’énergie à l’échelle européen). D’autre part, la définition d’une Europe politique fondée sur des subsidiarités démocratiquement consenties.
Le choix ne se pose pas seulement, en effet, entre une Europe libérale, qui va dans le mur, et un repli national-populiste en forme d’impasse. Une autre Europe, démocratique et sociale, pourrait obtenir la légitimité populaire qui fait de plus en plus défaut à la politique de Maastricht.
Les grévistes et les manifestants ont démontré que la lutte peut faire reculer le pouvoir et infliger un coup d’arrêt à l’offensive libérale. L’événement crée une situation nouvelle où se nouent l’ancien (la tradition et la mémoire retrouvées) et le nouveau d’un mouvement qui déchire la ligne d’horizon et invente son propre avenir. La mobilisation de décembre marque un début de renaissance d’une culture populaire en même temps que l’ébauche d’une alternative à la dictature des marchés financiers et au règne d’une compétition inhumaine.
Les spéculations vont déjà bon train sur le sens historique d’une grève qui serait la dernière d’une époque. Pourquoi pas aussi la première du siècle qui vient ?
Le Monde, 30 décembre 1995

Aborder différemment les municipales ?

Mardi 7 janvier, le Café repaire
recevra plusieurs membres de la liste
Angers Citoyenne et Populaire.
Au bar Le Challenge à partir de 19h30 comme d’hab’.

S’emparer du local, refondre la démocratie, voilà un des socles fondateurs de cette nouvelle liste qui se lance dans l’aventure des élections municipales : « Ici on parle du programme, des idées, des projets… Brefs des choses qu’il faut changer à Angers ! Chacun y va donc de ses propositions et on en débat ! Savoir proposer aux angevin-e-s une nouvelle manière de s’impliquer dans leur propre gestion de leur ville sur un pouvoir d’agir bordé par un socle de valeurs communes. »
Trois assemblées citoyennes ont été organisées entre octobre et novembre 2019. A l’issue de ce premier processus démocratique, il a été décidé la création du collectif Angers Citoyenne et Populaire, chargé de conduire une liste qui défendra l’écologie, la justice sociale et la participation directe et démocratique des angevin·e·s aux prises de décision.
Ce collectif portera désormais l’organisation des prochaines assemblées permettant de poursuivre le travail de construction d’un programme et d’une liste en vue des municipales 2020. Cette liste demeure soutenue par des militants d’organisations politiques ( La France insoumise, la Gauche républicaine et socialiste, le Parti animaliste ). Mais il est surtout une équipe de citoyennes et citoyens engagés, qui ont à cœur de proposer une alternative au macronisme destructeur de nos services publics et de notre environnement porté par l’actuelle majorité.
Extrait d’une de leur tribune  » Ni lieux, ni timbres ! « 
Sous deux titres «Une ou deux listes à gauche à Angers», «Christophe Béchu présente son premier co-listier», le courrier de l’Ouest du 7 novembre annonce bien le schéma dans lequel serait enfermée la préparation des élections municipales. A gauche deux listes ? Pourquoi ne pas évoquer le groupe initié par des militants de gauche souhaitant d’emblée échapper à la logique des partis et ayant appelé à déjà trois assemblées citoyennes ? Un tel groupe a-t-il le droit concret d’exister face à la puissance de feu des gens établis.
Lisons: «Monsieur Béchu s’apprête à envoyer 90 000 courriers dans les boîtes à lettres des Angevins.», «Un local de 100 m2 ouvert par Angers pour vous.» Pour apparaître il faut le nerf de la guerre. Et en face, qui à la manœuvre ? les ancien élus PS, EELV, PC  forts aussi de leurs moyens, leurs réseaux de plus ou moins obligés et intéressés, à disposition pour prolonger une politique de l’air du temps qui n’annonce guère de rupture ! A un groupe d’anonymes qui ne se reconnaît ni dans les orientations gestionnaires et libérales des partis existants ni dans les priorités qu’ils affichent déjà, sont refusés « naturellement » les lieux publics de réunion. Quand on est peu nombreux, on n’existe pas. Quant à adresser 90000 courriers ! Et comment intéresser la presse elle-même ? Les exclus de demain, sont déjà les exclus aujourd’hui ? Quelle démocratie se cache dans ces pratiques ? C’est contre ce type de fonctionnement qu’ils qualifient de citoyen, que nous entendons poursuivre et rassembler.

Le groupe Cité Jaune Angers , intéressé par le processus démocratique mis en avant et les bases jetées par cette liste, sera aussi présent à cette soirée afin de se positionner et, envisager éventuellement un soutien ou un ralliement à la liste Angers Citoyenne et Populaire.
La politique locale est aussi l’affaire des Gilets jaunes. La preuve en est avec cette complainte que nous avons adressée à Christophe Béchu il y a quelques jours :

Café repaire 3 décembre Tentons tout !

Rendez-vous mardi 3 décembre pour le Café repaire.
Il sera consacré à préparer CONCRÈTEMENT
les journées du 5, du 6 et du 7 décembre.
Construction d’un char, de banderoles, organisation…
En clair, nous avons besoin de bras !
A partir de 19H30 au Challenge comme d’hab’.

Tribune publiée dans Lille Insurgée :
Un appel à la grève est lancé pour le 5 décembre contre la réforme des retraites. Il est évident pour tout le monde que les personnes qui y prendront part auront des volontés et des revendications qui iront bien au delà de cette réforme. Prenons cette date à bras le corps. Tous.tes ensemble, et tentons TOUT.
Nous avons connu en France, ces dernières années de nombreux mouvements aux formes différentes.
Pendant la loi travail, nous vivons des grèves massives et des manifestations radicales. La jeunesse, qui bloque facs et lycées n’hésite pas à remettre de la conflictualité dans un mouvement social complètement pacifié avec l’apparition du cortège de tête qui n’hésite pas à aller au delà de la manifestation syndicale telle qu’elle a existé pendant de longues années. Nous experimentons aussi les Nuits Debout et leurs assemblées interminables. Ces longues nuits permettent tout de même de nous organiser, de créer et d’exprimer un discours politique en plein coeur de nos villes.

En avril et mai 2018, un mouvement massif d’occupation des universités a lieu dans de nombreuses villes de France. Les facs, occupées par les étudiant.e.s, deviennent alors des lieux d’organisation et d’expression politiques conséquentes. À l’époque, elles font peur au pouvoir qui n’a trouvé, comme seule réponse, que l’expulsion manu-militari des campus.
Dans le même temps, une importante grève perlée des cheminot.e.s a lieu, des liens indéfectibles ont été fait durant cette période. On se souvient de ce cortège de cheminot.e.s rejoignant la fac de Lille 2, sous occupation policière le premier jour des partiels. Pour autant, la stratégie de la grève perlée a montré ses limites et il est desormais clair pour tous.tes les travailleurs.ses que seule une grève reconductible permettra d’instaurer le rapport de force nécessaire.

Quelques mois plus tard, en novembre, démarre le mouvement des gilets jaunes. Ce dernier a rebattu les cartes des méthodes de contestation.
Bloquer les rond-points, en faire des lieux de convergence, mais aussi de vie. Durée, longtemps, très longtemps. 1 an. Samedi après samedi, sans en louper aucun.
Ouvrir les péages, bloquer activement les zones commerciales, les ports, les flux. Les gilets jaunes l’ont bien compris. Le pouvoir est logistique. BLOQUONS TOUT.
Toutes ces actions, conjuguées avec d’importantes manifestations insurrectionnelles, ont fait vaciller le pouvoir qui est allé jusqu’à prévoir un hélicoptère pour évacuer Macron si l’Élysée était envahi.

Nous ne pouvons oublier les émeutes contre les violences policières en 2017 avec l’affaire Théo, la victoire amère sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la multiplication des ZAD sur le territoire, les blocages lycéens de décembre 2018, et les terrifiantes images de jeunes humilié.e.s par la police à Mantes-la-Jolie, l’expérience du G7 qui, bien qu’il soit un échec, nous a permis d’apprendre de nos erreurs. Ainsi que les grèves particulières des pompiers et des urgentistes, qui se battent depuis plusieurs mois pour de meilleures conditions de travail tout en continuant à assurer leur rôle : Sauver des vies.
Depuis plus de 3 ans et demi, le pays a avancé de colère en colère, de soulèvement en soulèvement. Aussi différents les uns que les autres, dans leurs méthodes, dans la diversité des personnes qui y participaient.
Aujourd’hui, 9,2 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. La précarité tue. Des profs se suicident, un étudiant s’immole, une mère et sa fille sont retrouvées mortes de faim dans leur appartement.
Aujourd’hui, des milliers de personnes sont en prison, pour avoir ces dernières années, contestées un pouvoir autoritaire. L’État mutile, l’État enferme, l’État tue. Adama, Zineb, Steve, Selom, Matisse et tous.tes les autres.
Mais voilà le message que nous devons transmettre, voilà le message que nous devons porter haut et fort.
Tout est désormais possible.
Le 5 décembre semble être LA date a ne pas manquer, la coagulation de toutes les colères. Le moment où tout peut arriver.
Nous avons les forces, nous avons suffisamment d’expérience, nous avons suffisamment de colère et de rage pour faire du 5 décembre un moment important. Très important.
Nous devons prendre les différentes expériences de ces dernières années, et les pratiquer, une nouvelle fois, une ultime fois, tous.tes ensemble. Pour faire, une bonne fois pour toute, vaciller le pouvoir.
Le 5 décembre. A partir du 5 décembre, tentons tout. Bloquons et occupons les ronds-points, les places, les lieux de travail, les lycées et les universités. Propageons la grève dans tous les corps de métiers. Manifestons aussi massivement que radicalement. Autant lors des démonstrations de force déclarées en préfecture que lors de moments sauvages et spontanés.
Le 5 décembre, Bloquons tout, occupons tout, détruisons tout, créons tout, vivons tout, tentons tout. Une dernière, une ultime fois.
L’envie est là. La rage est là. La date est là.
Il ne nous reste qu’à y aller.

Je suis là, tu es là, on est là Café repaire

Rendez-vous mardi 1er octobre
pour une nouvelle soirée Café repaire
pour continuer, élaborer, renforcer la lutte
contre Macron et son monde !
– Infos sur le dispositif de soutien au référendum

sur la privatisation d’ Aéroport De Paris
– Préparation de l’Acte « 49 », à nous de jouer
!

Au bar Le Challenge ( 12 place Mendes France )
à partir de 19h30 comme d’hab’.

Et à lire, ce beau texte qui circule sur le Net :

Lettre ouverte aux Gilets Jaunes et au Président

Cette lettre ouverte s’adresse aux gilets jaunes, aux français, au Président de la République. En aucune manière, nous ne prétendons représenter le mouvement en cours qui depuis le début, se défie des chefs et des appareils politiques. Sur les ronds-points, dans les manifestations, nous avons jeté toutes nos forces, mais nous ne pouvons en rester là. Il est devenu impératif de témoigner, de réagir sans haine mais sans compromis à l’immense mépris dont nous faisons l’objet. Nous refusons de croire que tout puisse s’arrêter là : dans la brutalité et la défiance, dans l’humiliation et la résignation.
Novembre 2018, les gilets jaunes bousculent l’Histoire et décrètent l’état d’urgence. Urgence fiscale. Urgence sociale. Urgence politique. En France, le sens des injustices est, paraît-il, plus vif qu’ailleurs. Est-il cependant nécessaire de brandir ce signe distinctif, ce brevet d’insoumission pour expliquer notre soulèvement ? Le désastre en cours ne saute-t-il pas aux yeux de tous ? Reconnaissons-le, notre France opulente prend l’eau de toute part et emploie désormais toute son énergie à conjurer l’hypothèse du naufrage. Autour de nous, on ne compte plus ceux qui découvrent l’angoisse des fins de mois, les stratégies laborieuses pour joindre les deux bouts. Vidées de leurs pauvres, les métropoles cultivent l’entre-soi ; leur unique préoccupation : tenir leur rang dans les remous de la globalisation. La périphérie est invisible.
Personne ne saurait dire exactement ce que nous sommes, personne n’est en mesure de porter notre parole, de nous représenter. Sans voix, sans armes, sans guides, nous n’avons eu d’autre choix que de nous emparer de l’espace public. Exprimer les colères, passionner les samedis, perturber le quotidien, envahir les radios et les téléviseurs, enflammer la rue et chanter la Marseillaise, brûler quelques poubelles, se barricader pour engager la lutte. En peu de mots, voilà les gilets jaunes. L’histoire a ses secrets et ses ironies : ces invisibles, ces sans-voix sont partout. Les gilets jaunes sont dans nos esprits, dans nos conversations, dans nos médias, sur les réseaux sociaux et dans les derniers bistrots de France. Et qui, autour de nous, n’a pas une mère, un fils, un ami ou un collègue gilet jaune ?
Nous, gilets jaunes, ne sommes pas le peuple. C’est un fait. Mais la France républicaine aurait-elle encore un visage, sans ces agitateurs de ronds-points, sans ces foules improbables qui envahissent les centres-villes pour foutre en l’air joyeusement les après-midi shopping ? La France républicaine a-t-elle encore un visage, arc-boutée qu’elle est derrière une police éreintée mais acculée au matraquage, de plus en plus grisée par la fièvre répressive ? Devant cette France qui nous toise et décime nos rangs, qui chaque samedi nous refoule dans nos déserts pavillonnaires, nous agitons pourtant un symbole clair et sans équivoque. Porter un gilet jaune c’est se rendre visible en situation d’urgence, montrer qu’on attend les secours. Chacun sait que nous traversons des temps d’interrogation et d’inquiétude, mais nous, les gilets jaunes, nous sommes aux premières loges. On nous prédit un avenir effroyable, on nous reproche de penser fins de mois quand la fin du monde se dessine à l’horizon. Mieux que quiconque pourtant nous avons senti peser le poids du désastre global dans nos budgets faméliques, dans nos combines à deux sous.
Pendant qu’une portion toujours plus réduite de la population se cale sur le rythme effréné des « premiers de cordée », avec, en ligne de mire, l’insolente réussite des plus riches (le fameux 1%), nous regardons s’écrouler les immeubles vétustes comme à Marseille, nous voyons péricliter nos services publics – étendard de notre France sociale – sous les coups répétés de réformes scélérates, nous sentons bien que les institutions complices de cette mécanique impitoyable, que les politiques de gestion de crise sont au bout du rouleau. Qui peut croire que ces dernières peuvent encore lutter sérieusement et loyalement contre les monstres économiques qu’elles ont couvés et engendrés ? Qui peut croire qu’il y a encore une âme derrière les sourires crispés des gestionnaires en déroute ?
Nous encourageons à nous rejoindre, tous ceux qui ne peuvent plus se résoudre à la routine du déni, aux élections cadenassées, tous ceux qui ne s’en laissent pas conter. Nous tendons la main à tous ceux qui savent, en leur âme et conscience, que nous ne sommes pas des monstres racistes, homophobes et antisémites, pour reprendre la terne litanie des communications officielles. Ceux qui devinent que nous n’avons nullement vocation à la paresse ou à la haine, aux déprédations et aux provocations. Nous accueillerons tous ceux qui se sentent cernés et impuissants, tous ceux qui ne demanderont plus l’aumône.
Nos mains pourtant, se sont d’abord tendues vers vous, Monsieur le Président. Vous qui ne pouvez presque rien quand les grands établissements financiers peuvent presque tout, vous qui affichez une politique jupitérienne quand vos pairs sont à Bruxelles à la tête d’une Europe construite dans notre dos et sur notre dos. Vous étiez la nouveauté et l’audace dans cette Vème République vieillissante à laquelle, comme par fatalité, vous avez fini par ressembler. Vous imaginiez pouvoir comprendre et échanger avec tous les Français alors que tous vos gestes sont étudiés : pas une mimique qui ne soit calibrée par la com’, pas une émotion qui ne soit affectée. Votre langue parfois se délie, il le faut bien quand on parcourt la France au pas de course, mais là encore : nulle trace de chaleur ou d’empathie, seulement ces fameuses petites phrases assassines, ces concentrés de venin dont on fait des gorges chaudes. Vous engagez un débat national pour repenser notre vie démocratique quand, en réalité, vous avez décidé par avance des règles du jeu. En définitive, vous le savez bien, l’essentiel n’est pas négociable.
Est-ce là ce que vous appeliez votre « révolution » ?
« Vous ne pouvez rien sans les français, Monsieur le Président Macron, alors enfilez le gilet jaune et marchez avec nous pour alarmer et secourir. Avec nous et non pas contre nous, ayez l’esprit de courage et d’humilité, transformons les colères en solutions. » C’était la première invite des gilets jaunes, elle vous a été adressée en novembre 2018. Il s’agissait alors de comprendre, d’agir avec discernement, d’évaluer l’urgence de la situation. Entre-temps gaz lacrymogènes et flashballs ont éclairé nos lanternes. Nos mains tendues se sont retirées pour se tenir plus fermement les unes aux autres. Seule la violence pouvait occuper cet espace que le dialogue avait déserté. Avions-nous d’autres choix ? Peut-on éternellement reprocher à ceux qui se savent condamnés de se débattre jusqu’à leur dernier souffle ? Nos seuls ennemis sont pourtant la cécité et la surdité.
Osons une formule à l’emporte-pièce : le mouvement gilets jaunes est la conscience de notre temps. Notre époque est celle d’une crise généralisée qui ne dit pas son nom, et détourner le regard n’empêchera pas la catastrophe. A tous ceux qui spéculent sur la fin du monde, à ces briseurs d’humanité emportés par leur rapacité, nous disons que nous ne reviendrons pas sur cet état d’urgence parce que c’est désormais ce que nous sommes. A ceux qui gouvernent dans le déni et l’autoritarisme nous disons : n’oubliez jamais que sans vous, nous sommes tout et que sans nous, vous n’êtes rien.
Vivre humainement et dignement dans une société plus juste, qui se rappelle qui elle est, voilà ce à quoi nous aspirons. Il n’y a pas de réponses interdites face à cet immense défi, il n’y aura pas de réponses faciles. Tôt ou tard, il faudra les entendre.
( Benoît Christel et Arnaud Marie )

Café repaire Gilets jaunes Stop ou encore ?

Dernier Café repaire de l’été :
Rendez-vous avec ou sans gilet jaune
mardi 2 juillet à 19 heures 30
au bar Le Challenge ( 12 place Mendes France )
Nous ferons le point sur ces sept mois de lutte en jaune
et envisagerons les suites estivales à donner au mouvement.

Une pause avant la reprise ? ( publié sur Bellaciao )
Personne ne peut le nier, le mouvement des Gilets Jaunes (GJ) marque le pas.
Un bref coup d’œil et on voit vite qu’il a perdu pas mal de ses troupes et, en général, la partie qui constituait son cœur social, c’est-à-dire les plus pauvres et les moins politisés. Ce qui en faisait, malgré tout, les plus combatifs car ils avaient tout à gagner.
Leur impatience ; une issue positive qui s’éloignait ; des guerres de chefs ; la peur de la répression ; la campagne de discrédit continue qui a porté ses fruits sur quelques uns ; des raisons économiques ;  Bref, tout un tas de motifs ou raisons qui ont provoqué cette baisse de mobilisation et qu’il falloir analyser pour remobiliser sur des bases plus solides.
A ce jour, ne reste plus en place que deux types de mouvements :
  Ceux qui sont organisés à minima et qui pensent que les seules actions violentes sans base d’accord politique minimum, sont la solution ;
  Ceux qui sont organisés en AG régulières et qui tentent d’autres formes d’action plus pérennes, pour maintenir haut la flamme.
Aucun des deux n’a, à ce jour, réussi la remobilisation dans leur zone d’influence. Aucun des deux n’a réussi à ramener la totalité de ce cœur social qui fait la force et la conscience politique du mouvement.
Si les partisans des actions violentes et rien d’autres sont voués à l’échec dans la situation actuelle (ce qui ne veut pas dire qu’un jour ou l’autre, l’usage de la violence ne sera pas nécessaire), les autres cherchent un second souffle. L’assemblée des assemblées, au niveau national, en est un exemple. Il existe localement des déclinaisons de cette démarche qui sont dans la même problématique : que faire ?
Déjà, on peut constater que restent dans ces groupes locaux « non-violents », plus ou moins coordonnés, des militants (surtout de gauche radicale) et des gens qui, socialement et économiquement sont plus intégrés (même si les revenus de certains sont bas et/ou les situations sociales sont précaires). Les autres, les plus faibles, les plus vulnérables sont majoritairement partis, même s’il en reste.
Car il reste malgré tout une part de ce cœur social ; ce mouvement a, depuis, novembre 2018, forger leur sens politique et critique.
Tout le travail va donc consister maintenant, pour ces groupes, à forger des actions et des bases programmatiques pour ramener ceux qui ont fait le mouvement au début et à leur laisser une place dans la direction du mouvement tout en les aidant à se former politiquement.
Ce travail sera sans doute long, il faudra être vigilant car le RN et ses idées sont toujours là, à l’affût.
Les conditions objectives qui ont fait naître les GJ sont inchangées ; cela il faut le dire et le marteler pour maintenir le feu.
Enfin, adresse aux militants révolutionnaires, il s’agit d’un mouvement de masse (comme un syndicat) et non pas d’un énième mouvement politique militant. Comme tout mouvement de masse, il ne s’agit donc pas de le noyauter mais, au contraire, de l’aider à se développer, s’organiser, se politiser.
Et puis ce beau texte en forme de bilan à lire aussi sur Lundi matin :
A d’autres !
Autre point de vue dans cette vidéo : Gilets jaunes, stop ou encore ?
Un ressenti de Gilets jaunes interviewés à Montpellier pendant l’Acte 30 sur la chaîne Gémil Choses A Te Dire :

Café repaire mardi 4 juin décroissance oblige…

Rendez-vous mardi 4 juin pour un nouveau Café repaire
en compagnie de Simon Moulin et de Marie Fouquay,
les deux candidats angevins qui se sont présentés
sur la liste Décroissance 2019 aux élections européennes.
Extrait :
« Notre société du gaspillage est à l’origine de l’épuisement des ressources, du changement climatique, de l’extinction des espèces,
de l’augmentation des inégalités…

Ce constat est maintenant largement partagé,
certains parlent même d’effondrement.
Des spécialistes annoncent depuis 50 ans
l’échéance pour la prochaine décade.

Pourtant, tous les partis continuent de prêcher une relance
de la croissance et s’écharpent sur les moyens pour y parvenir.
Ils continuent de faire du problème la solution. »

Évidemment, pour beaucoup, de tels propos sont quelque peu
difficiles à entendre… Pour un Jean-Jacques Bourdin, par exemple :

En introduction à la profession de foi Décroissance 2019 :
« Le capitalisme a gagné sur toute la ligne, colonisant même
l’extrême gauche avec sa foi en la science et son productivisme.
Le sentiment d’impuissance est tel qu’individualisme et fuite en avant prédominent.
Comme si guerres, famines et épidémies étaient inéluctables. Comme si le suicide était préférable à une cure d’amaigrissement.
Le simple bon sens devrait pourtant nous suggérer que, lorsque les limites physiques sont dépassées et que la survie est en jeu, il faut faire machine arrière pour revenir à l’intérieur de ces limites.
La seule politique responsable est donc d’organiser une
décroissance de l’empreinte écologique globale
tout en augmentant la résilience de la société. Cela passe par une
réduction du cycle extraction-production-consommation-déchets,
par une baisse du niveau de vie matériel global et par un programme de transition économique qui garantisse l’essentiel du bien vivre aux plus nombreux.. »
Mardi 4 juin, avec nos deux candidats angevins décroissants,
nous reviendrons plus en détail sur chacune de leurs propositions :

Production : donner à des conventions de citoyens le droit de
refuser certaines productions, d’imposer des normes afin de sortir du gaspillage et de l’obsolescence programmée. Supprimer ou taxer lourdement la publicité, le luxe, les bolides urbains, les produits toxiques, les grandes surfaces, le nucléaire, les technologies
abrutissantes.
Commerce : sortir évidemment de tous les traités européens de libre-échange, conçus depuis le début pour enrichir les riches en rendant les gens captifs d’un approvisionnement lointain et assumer un protectionnisme douanier, y compris régional, qui permette une relocalisation effective des productions.
Fiscalité : faire porter la fiscalité non plus sur la ressource abondante – le travail – mais sur celles en voie de raréfaction, comme l’énergie et les matières premières pour les économiser. Taxer équitablement le kérosène et le fuel des bateaux et des camions. Instaurer un revenu maximum, car la richesse excessive est une atteinte à la décence commune. Instaurer des quotas carbone individualisés pour garantir à tous un minimum d’énergie.
Monnaie : multiplier les monnaies pour affaiblir la finance : rétablir des monnaies publiques locales, régionales et nationales, à côté d’une monnaie commune remise à sa place.
Migration : sortir des fables libérales sur la liberté de circuler, qui justifient l’errance économique au service de l’exploitation salariale, alors que chacun aspire d’abord à pouvoir vivre dans son pays.
Savoir cependant intégrer les migrants chassés par le changement climatique et par nos guerres néocoloniales pour les ressources.
Agriculture : arrêter les grands travaux inutiles consommateurs de foncier pour financer un « plan Marshall » en faveur d’une alimentation saine de proximité : nourrir à nouveau les villes par leurs campagnes, réformer l’enseignement agricole pour réintroduire une polyculture-élevage paysanne en circuit court. Régénérer les sols et créer de nombreux emplois avec la permaculture. Garantir un droit au jardinage au moyen d’une réappropriation foncière par les communes.
Démocratie :  rapprocher les décisions des citoyens en relocalisant la politique dans les  provinces, les pays et les communes. Pour y parvenir, instaurer chaque année des référendums d’initiative citoyenne et des assemblées populaires tirées au sort, comme un Sénat des peuples européens disposant d’un droit de veto.

On discute de tout ça mardi 4 juin, au bar Le Challenge à partir de 19h30, comme d’hab’.
Pas dans un esprit de discorde, mais bien au contraire, pour renforcer les liens d’affinité et d’amitié qui nous unissent.
Nous, qui nous nous retrouvons immuablement, coude à coude
sur tant de lieux de résistance !