Archives pour la catégorie Billets

Appel du 17 novembre : que faire ?

A propos de l’appel du 17 novembre, un papier de Nantes Révoltée :

QUE FAIRE LE 17 NOVEMBRE ?
Début octobre, une jeune femme, Priscilla, lance une pétition contre l’augmentation du prix de l’essence, partant d’un constat simple : «toutes les personnes qui vivent en banlieue ou dans des zones rurales et qui prennent leur voiture tous les jours n’en peuvent plus de ces augmentations». La pétition se répand comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, et recueille des centaines de milliers de signatures. Elle devient le moteur d’une journée d’action le 17 novembre. De nombreux internautes appellent alors à faire de cette date un moment de blocage des voies. Parmi les plus influents, deux routiers dont les vidéos sont vues des millions de fois. Et dans un second temps, des récupérateurs d’extrême droite apparaissent, notamment un certain Franck B., militant proche du Front National, qui publie des vidéos relayant l’appel. Les notables d’extrême droite, Le Pen et Dupont Aignan, lui emboîtent le pas. Entre temps, la mobilisation sur Facebook pour le 17 novembre a réuni plusieurs centaines de milliers de personnes. Des groupes s’organisent dans chaque ville, avec l’intention de ralentir ou d’arrêter la circulation. Leur slogan ? « Bloquons tout ». Un sondage vient de paraître : « 78% des français soutiennent le mouvement ». Le gouvernement tente déjà d’y répondre dans les médias. Quel que soit l’impact réel de cette journée, elle aura déjà beaucoup plus fait parler d’elle que les jours de grève inutiles, sans perspective ni énergie, décidés par les centrales syndicales depuis deux ans. Tentative d’analyse de cette mobilisation inclassable.
Quelles revendications ?
La revendication première paraît très limitée : la lutte contre l’augmentation du prix du carburant, qui atteint effectivement des sommets ces dernières semaines, à cause de l’augmentation des taxes. Au delà de l’hypocrisie d’un gouvernement qui prétend taxer l’essence pour raisons «écologiques » tout en faisant des cadeaux faramineux aux plus riches et au multinationales qui détruisent la planète, cette revendication pose une question bien réelle. Celle des formes de vies contemporaines. Celle des existences gâchées à passer des heures chaque jour au volant pour aller subir des jobs précaires et inutiles, toujours plus éloignés de nos lieux de vie. Les métropoles s’étendent, le béton dévore le paysage, et de plus en plus de personnes sont contraintes de se loger toujours plus loin, dans des zones péri-urbaines sans âmes, pour des raisons économiques. Les mêmes doivent rouler toujours plus longtemps pour aller rejoindre leurs lieux de travail. Cette France périphérique, éloignée des centre-villes, est celle des perdants de la mondialisation, des perdants de la métropole, des exclus de la gentrification. Celle qui ne peut pas aller au travail en vélo, en transports en commun, voire en taxi. Balayer cette réalité en traitant simplement les organisateurs du 17 novembre de « fachos » est un non-sens et une erreur politique.
Oui, l’appel au 17 novembre est insatisfaisant, mais il part du réel. Il part des conditions objectives d’existence déplorables subies par des millions de personnes. De la même manière, le mouvement contre la loi travail en 2016 était parti du réel, avec des recueils de témoignages en ligne contre la précarité, les humiliations des petits-chefs, les salaires de misère …
Une initiative d’extrême droite ?
En regardant les groupes Facebook d’appel au 17 novembre, on ne peut que constater une grande confusion. Des appels à chanter la Marseillaise côtoient des appels à « refaire Mai 68 ». On y débat pour savoir s’il faut avoir le soutien des policiers, ou au contraire les attaquer. D’autres veulent « élargir les revendications » plutôt que se concentrer sur le prix de l’essence. Ces groupes ne sont pas d’extrême droite, mais il est incontestable que des militants d’extrême droite tentent de faire de l’entrisme sur ces réseaux. On y trouve aussi des syndicalistes, des militants de gauche, voire d’extrême-gauche. Mais pour l’immense majorité, il s’agit d’une France périphérique sans références précises, qui se revendique « apolitique ». A l’image de la situation du pays : instable et atomisé, mais en colère.
Sur le fond, les protestations contre les taxes rappellent effectivement des mouvements réactionnaires, comme celui de Pierre Poujade dans les années 1950, ou plus récemment le mouvement confus des Bonnets Rouges en Bretagne. D’autant plus qu’on trouve aussi bien des travailleurs précaires que des patrons d’entreprise dans ces différents appels : autant de mondes qui n’ont aucun intérêt commun, et qui se retrouvent ligués ensemble contre le prix de l’essence.
Mais si l’on remonte plus loin, les révoltes anti fiscales font aussi écho aux Jacqueries paysannes de l’Ancien Régime, qui ont mené à des situations insurrectionnelles contre les injustices. On a aussi vu ces dernières années en Espagne des refus collectifs de payer les loyers ou les taxes. Dans un climat où le président s’affiche comme un monarque aux goûts luxueux, et crache ouvertement sur la plèbe, ce refus de payer plus de taxes se comprend largement.
En bref, il est difficile de classer ces revendications sur l’échiquier politique traditionnel, même si, redisons le, elles ne sont pas suffisantes pour en faire un véritable mouvement social. Il s’agit pour l’instant d’un agrégat de colères.
« On bloque tout ». Un moyen d’action efficace ?
C’est là le plus important, et aussi le plus douloureux. Nous avons tous constaté l’inefficacité des seules manifestations. Nous savons tous qu’une victoire sociale passe par le blocage de l’économie. Alors que les mouvements sociaux appellent depuis des années à « tout bloquer » sans jamais y parvenir, ni à organiser sérieusement les blocages, le mouvement du 17 novembre lui, a l’air de vouloir se donner les moyens de paralyser les flux.
Les directions syndicales ont fait preuve de leur totale inefficacité alors que les attaques de Macron sont d’une violence sans précédent : tout au plus quelques manifestations minables, isolées, sans volonté d’engager le rapport de force. Les «cortèges de tête» non plus, ne sont pas parvenu à aller au delà des actions spectaculaires et des slogans radicaux. Pendant tout le printemps 2016, nous avons crié «on bloque tout» sans effet. Au printemps 2018, nous n’avons pas été capables de dépasser le calendrier syndical qui nous a mené à l’échec, malgré une multitude de luttes.
En s’organisant sur Facebook, le mouvement du 17 novembre a imposé sa propre date, son propre calendrier, avec l’objectif affiché de tout bloquer. Ce mouvement que beaucoup insultent, ou traitent avec mépris, serait-il en passe de réussir ce que les révolutionnaires n’ont pas réussi à mettre en œuvre ? Nous aurons la réponse dans une dizaine de jour.
Que faire ?
Si notre seule réaction face aux dizaines de milliers de personnes qui s’organisent pour bloquer effectivement l’économie, se cantonne à les traiter de fascistes, alors nous avons déjà perdu. Rejoindre sans regard critique cet agrégat de colères n’est pas non plus la solution. Si ces colères confuses n’émergent ni dans les manif classiques, ni dans les cortèges de tête, posons nous les bonnes questions. Les centrales syndicales font échouer toutes les luttes depuis 10 ans, les mouvements radicaux se font isoler par la répression, la propagande, et les logiques d’entre-soi puristes. Comment dépasser ces contradictions ? En organisant des blocages parallèles ? En ciblant des multinationales comme Total ? En allant soutenir ces blocage tout en affichant des revendications anticapitalistes ?
La question reste ouverte.

Publicités

J. C. Bertrand, portrait d’un homme charmant

Français, soyez rassurés, vous pourrez toujours compter sur le sens du devoir de Jean-Christophe Bertrand pour être sûr que tout se passe au mieux dans notre beau pays.
C’était jeudi dernier 2 août à Nantes, au petit matin.
Jean-Christophe Bertrand a supervisé de manière très professionnelle l’expulsion ordonnée par la préfecture nantaise, pour la 5ème fois en deux mois, en pleine canicule, de plusieurs centaines d’exilés réfugiés dans l’enceinte vide du lycée Leloup Bouhier.
Retour donc pour tous ces malheureux dans des campements de fortune au square Daviais en plein centre-ville de Nantes ( clin d’œil de l’histoire puisque Jean-Baptiste Daviais était un résistant nantais antifaciste qui sauva des Juifs en 1945… )

A la question du journaliste de Ouest-France qu’on imagine être : « Alors, monsieur Bertrand, content de vous ? », écoutez la réponse consciencieuse de ce fonctionnaire zélé, convaincu de faire le bien puisqu’il ne fait qu’appliquer le droit…
VIDÉO : https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01124706/src/m0xp8f/zone/1/showtitle/1/

Pétition : plutôt le squat que la rue…

SIGNEZ  LA  PÉTITION. MERCI !

Monsieur le Préfet,
15 jeunes migrants en attente d’un jugement pour une reconnaissance de leur minorité, ont trouvé refuge depuis plusieurs mois dans une maison inoccupée, située à la périphérie d’Angers et promise à la démolition.
Une injonction à quitter les lieux a été prononcée par la justice avec une mise à exécution dès le 17 Juillet. En dépit des différentes tentatives de médiation, le président de l’agglomération angevine a rejeté lundi dernier toute possibilité de maintien dans les lieux arguant des conditions sanitaires du logement ce qui a été infirmé par deux organismes (Médecins du Monde et une association habilitée dans l’hébergement d’urgence) lors de leur visite sur site.
Ces jeunes ne bénéficient d’aucune prise en charge par les pouvoirs publics. Seules les associations caritatives et de soutien aux sans papier leur apportent une aide tant sur le plan alimentaire, matériel, sanitaire, que scolaire. Cette maison est l’unique lieu qui leur donne un peu de stabilité et de sécurité dans ce parcours d’exil où les chances d’être régularisés, de pouvoir suivre une scolarité et préparer un avenir professionnel s’amenuisent de jour en jour.
Pour que ces jeunes ne soient pas condamnés à la désespérance,
Pour qu’ils ne soient pas exposés à la rue et à ses dangers,
Nous vous demandons, Monsieur le Préfet, de surseoir à la mesure d’expulsion tant qu’une solution pérenne et digne ne sera trouvée.

Auprès de leur arbre, ils squattaient heureux…

Deux des jeunes Somaliens exilés à La Rose
ont perdu la vie dimanche dernier lors d’un dernier naufrage,

loin de chez eux, dans les eaux de La Loire…
Tous ont trouvé refuge dans de nombreux squats angevins
dont celui du Château de Moulinsart.
Tous ont vécu l’exclusion, la grande précarité
mais tous ont trouvé aussi dans ces ultimes havres,
une forme généreuse de solidarité, de reconnaissance.

Cette histoire est pour eux. Qu’ils reposent en paix.

 

La vie sur Terre prend parfois des allures
de pièces de théâtre absurdes…

ACTE 1 :
Le 17 février 2016, les terres du « Château de Moulinsart »
( c’est ainsi que nous avions baptisé ce nouveau squat )
accueillaient généreusement la vingtaine d’exilés d’origine africaine
qui venaient d’être chassés de la maison de la Petite Pignonnière.
ACTE 2 :
Sur les terres du château, la vie suivait son cours paisiblement
entre les parties de football, les soirées cinéma
les balades à vélo et les journées jardinage
sans se douter un seul instant qu’au bord de ce potager improvisé
se dressait, encore plus clandestin qu’eux, un trésor inestimable…
ACTE3 :
Six mois plus tard, la justice décidait qu’il était urgent
de mettre un peu d’ordre sur ces terres trop animées du château
et ordonnait manu militari l’expulsion de ces hommes
qui n’avaient décidément  aucune légitimité à rester plantés là…
ACTE 4 :
Et voilà qu’aujourd’hui, deux ans plus tard, nous découvrons
qu’un ultime occupant continue de résister courageusement
aux promoteurs immobiliers !
Souhaitons donc bonne chance à ce brave séquoia nain
en signant la pétition pour sa non-expulsion
et qu’il connaisse plus de compassion que n’ont eue jadis
nos amis Bachir, Sako, Yussuf et leur joyeuse bande.
Et pourtant, dieu sait si, auprès de leur arbre,
ils squattaient heureux…

Mercredi 20 juin Journée mondiale des réfugiés

A l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, le collectif du Cercle 49  vous invite à venir le rencontrer :
place Lorraine ( 17h30-21h ) aux côtés de diverses autres associations de la Coordination migrants ( LDH, La Cimade, le REDA, Amnesty International, Emmaüs Angers, ATD Quart Monde… )
à la Maison Pour Tous de Monplaisir ( 18h30-22h ) aux côtés du collectif Pas Sans Nous 49

Pour venir en aide à tous les exilés présents sur notre sol
Pour dénoncer la politique de tri et d’exclusion des pouvoirs publics
Pour le respect des droits humains fondamentaux
( logement, alimentation, santé, éducation… )
Pour la liberté de circulation et d’installation

Un être humain, quel qu’il soit, obligé de vivre dans la rue est un « réfugié » du manque d’humanité de cette civilisation capitaliste.
Combattons la misère, pas les miséreux !

Et tiens, en attendant les jours heureux,
une belle leçon de savoir-vivre de la part de tonton Georges :

19 avril, journée fertile !

Depuis des semaines, une vague de colère ne cesse de monter
dans tout le pays contre les attaques de Macron.
Dans les universités, les lycées, les gares, les hôpitaux,
les grandes surfaces, à EDF, à la poste, dans les écoles …
On ne compte plus les secteurs, toujours plus nombreux,
qui entrent en lutte, partout, contre la politique de Macron.
Une politique qui conjugue les cadeaux aux plus riches,
la guerre aux plus pauvres et la répression la plus dure.
Pour faire reculer ce gouvernement qui ne répond
que par l’arrogance et la matraque,
à nous de nous rassembler, d’unir nos forces
et à la fin c’est nous qu’on va gagner !
Après la manif du matin, on ne rentre pas bêtement à la maison.
Rendez-vous sur la place du Ralliement :
piquenique, assemblée populaire, convergence des luttes
en présence de Yannis Youlountas, le réalisateur franco-grec
qui nous présentera son nouveau film L’amour et la révolution
le soir-même au cinéma Les 400 coups à 20 heures.
Un stand de collecte sera dressé tout au long de l’après-midi
sur la place du Ralliement pour recueillir vos dons
( voir la liste des besoins )
Répondons présent à ce nouvel appel à soutien
avec ceux qui n’ont cesse de lutter en Grèce face à l’austérité
en organisant des lieux solidaires autogérés :
cuisines gratuites, dispensaires médicaux
et centres d’accueil pour migrants.
Apportons chacun notre « part »
pour lutter contre le feu de la tourmente grecque
comme dit le petit colibri… OUI mais
SANS OUBLIER de dénoncer et de combattre sans relâche
les pyromanes ivres de pouvoir et d’argent
qui allument un peu partout sur la planète ces brasiers de misère,
de destruction et de désespoir
dans lesquels nous allons disparaitre.