Archives pour la catégorie Billets

Merci

Très belle soirée samedi 4 février au bénéfice d’Asile et Partage
qui accompagne de jeunes exilé.e.s vivant à Angers.

Merci au public nombreux venu assister au spectacle.

Merci aux chanteurs, aux musiciens, aux comédiens.

Merci à tous les bénévoles pour l’installation, pour l’organisation.

Et merci aux jeunes de La Vendange pour le repas et le service !

Et puis finalement, rendez-vous à la prochaine !

Un samedi ordinaire, comme d’hab’ !

Après la grande journée de protestation populaire de ce jeudi dernier, le groupe CJA se devait d’être là pour entretenir la flamme de la colère contre le projet de réforme des retraites bien évidemment mais de manière plus générale contre la politique antisociale de ce gouvernement.

Pour ce samedi 21 janvier, il y avait plusieurs propositions alléchantes en matière de rassemblement, à Paris, à Nantes… On ne s’attendait donc pas à attirer la foule des grands soirs mais notre appel a une nouvelle fois réussi à mobiliser surtout… les forces de l’ordre.
C’est donc par trois voitures de police que nous avons été accueillis à l’entrée du Jardin des Plantes et par deux fois plus hélas de policiers que de camarades Gilets jaunes.
Recontrôle des identités, interdiction de « déambuler » et prohibition bien sûr de sortir le moindre petit bout de tissu jaune.
Du coup, nous avons abandonné l’esplanade et le centre-ville où le Gilet jaune est décidément devenu persona non grata et nous avons filé à l’anglaise au devant de grilles plus hospitalières où déployer sans risque nos banderoles.
Nous ne vous dirons pas lesquelles. C’est comme les bons coins à champignons, un rond-point aussi accueillant, ça ne se dit pas !
A samedi prochain, on ne lâche rien !

Un samedi ordinaire… désolant

Ce samedi 14 janvier, appel du groupe CJA à se rassembler devant le Jardin des Plantes malgré la pluie et le vent… désolant.
Nous nous retrouvons à guère plus d’une dizaine de Gilets jaunes (mais déterminés malgré tout)… désolant.
En s’approchant de l’entrée du Jardin des Plantes, deux voitures de police stationnent déjà… désolant.
A moins de 100 mètres des grilles, les policiers arrêtent tout ce qui ressemble de plus ou moins loin à un Gilet jaune… désolant.
La police contrôle immédiatement nos identités et fouille nos sacs… désolant.
On nous fait savoir qu’il est interdit de nous « rassembler », ordre du préfet… désolant.
Nous descendons le boulevard Carnot pour simplement prendre le temps de discuter entre nous. Aussitôt, la police nous interpelle à nouveau… désolant.
Plus conciliante, elle nous enjoint d’aller sous les arches de la Bourse du Travail (où les agents de la BAC pourront nous avoir à l’œil)… désolant.
Nous déclinons cette offre alléchante et décidons de nous attabler au café Oh Puces. Deux voitures de police stationnent devant le bar en attendant que l’on en ressorte… désolant.
Nous décidons d’aller saluer le rassemblement de producteurs de pommes au carrefour St-Serge avec l’idée d’y déployer une ou deux banderoles contre la flambée des prix… désolant.
En entrant dans la grande surface, on entend le vigile avertir que des « Gilets jaunes trainent dans le coin »… désolant.
En sortant du magasin, les voitures de police sont à nouveau là… désolant.
Fin de la partie, je ne sais pas ce qui est le plus désolant :
l’acharnement à nous faire taire ou bien le temps et l’énergie que déploient les agents à jouer au chat et à la souris avec de simples manifestants.

Et « désolé » pour ce dernier dessin mais tout ça est si pathétique.
Vaut mieux en rire…

Victor Hugo : Les barbares

En 93, selon que l’idée qui flottait était bonne ou mauvaise, selon que c’était le jour du fanatisme ou de l’enthousiasme, il partait du faubourg Saint-Antoine tantôt des légions sauvages, tantôt des bandes héroïques.
Sauvages. Expliquons nous sur ce mot. Ces hommes hérissés qui, dans les jours génésiaques du chaos révolutionnaire, déguenillés, hurlants, farouches, le casse-tête levé, la pique haute, se ruaient sur le vieux Paris bouleversé, que voulaient-ils ? Ils voulaient la fin des oppressions, la fin des tyrannies, la fin du glaive, le travail pour l’homme, l’instruction pour l’enfant, la douceur sociale pour la femme, la liberté, l’égalité, la fraternité, le pain pour tous, l’idée pour tous, l’édénisation du monde, le Progrès ; et cette chose sainte, bonne et douce, le progrès, poussés à bout, hors d’eux-mêmes, ils la réclamaient terribles, demi-nus, la massue au poing, le rugissement à la bouche. C’étaient les sauvages, oui ; mais les sauvages de la civilisation.
Ils proclamaient avec furie le droit ; ils voulaient, fût-ce par le tremblement et l’épouvante, forcer le genre humain au paradis. Ils semblaient des barbares et ils étaient des sauveurs. Ils réclamaient la lumière avec le masque de la nuit.
En regard de ces hommes, farouches, nous en convenons, et effrayants, mais farouches et effrayants pour le bien, il y a d’autres hommes, souriants, brodés, dorés, enrubannés, constellés, en bas de soie, en plumes blanches, en gants jaunes, en souliers vernis, qui, accoudés à une table de velours au coin d’une cheminée de marbre, insistent doucement pour le maintien et la conservation du passé, du moyen-âge, du droit divin, du fanatisme, de l’ignorance, de l’esclavage, de la peine de mort, de la guerre, glorifiant à demi-voix et avec politesse le sabre, le bûcher et l’échafaud. Quant à nous, si nous étions forcés à l’option entre les barbares de la civilisation et les civilisés de la barbarie, nous choisirions les barbares.
Victor Hugo,  Les Misérables.

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L’histoire des Gilets jaunes… par nous

Bienvenue dans le cinéma des gilets jaunes, avec des images trouvées sur internet. Notre film raconte les événements du mouvement des gilets jaunes. C’est l’histoire de la révolution et la contre-révolution, l’histoire d’une insurrection populaire face à la récupération politique. Nous répondons à notre propre appel: Écrire 2001 histoires des Gilets Jaunes.  C’est un film sans subvention, sans budget, un film pirate révolutionnaire qui veut se penser comme une réalisation émanant du mouvement. Le film est un récit historique de l’insurrection des gilets jaunes du 17 novembre 2018 au 17 novembre 2019. Le récit est écrit par un acteur du mouvement, relus et retravailler par nombreux gilets jaunes. Le script dialectise les rapports marquant entre insurrection et contre-insurrection. Quelles sont les forces contre lesquelles un mouvement révolutionnaire fait face ? Comment le mouvement s’organise-t-il face a ses force récupératrice ? Qu’es ce que c’est de faire mouvement ? Comment es ce que le mouvement gilets jaunes a ouvert le champ des possibles ? On entend souvent dire que «L’histoire est écrite par les vainqueurs ». Le 1er décembre on a vu écrit sur l’Arche de Triomphe « Les Gilets Jaunes triompheront ». On a vue de partout des Gilets Jaunes participer à la création d’un discours propre au mouvement, de la vidéo escamotée et repartagée dans un file d’actualités aux slogans reproduits sur des pancartes en manifestation. Le discours prolifère et entraîne des vagues de personnalités créatives à faire le travail de représenter le mouvement. Le projet veux faire le travail de représenter un mouvement ingouvernable tout en restant fidèle aux accord de principe et valeur défendu collectivement par le mouvement. Le collectif “The Stories of the Yellow Vests” propose au moins 3 histoires des Gilets Jaunes, l’une en français, une 2e en espagnole et la 3e en anglais, le projet prend la forme d’un long-métrage documentaire avec des voix off qui contextualisent les images et exposent des réflexions sur les prises de trajectoires du mouvement.
Bon visionnage.

Hommage aux enfants de la Terre

Le média Contre-Attaque a reçu ce beau texte, adressé aux personnes qui se battaient et se battent encore pour une juste répartition de l’eau à Sainte-Soline. Merci à cette personne d’avoir su exprimer ce que nous avons toutes et tous ressenti à ce moment là, ce formidable mélange de force de vie, d’intelligence collective et de solidarité.

“Hommage aux enfants de la terre, habillés de noir, croisés quelque part sur des champs dévastés.
J’étais à Sainte-Soline le week-end dernier ; j’étais à Sainte-Soline là où une méga-bassine de 16 hectares est en construction, financée en grosse partie par l’argent public pour pomper l’eau dans les nappes phréatiques au profit d’une seule poignée d’exploitations agro-industrielles.
J’étais à Sainte-Soline et je crois bien que j’y ai laissé une partie de mon cœur, car je voudrais encore être auprès d’eux ; auprès de ceux qui sont restés ; auprès de ceux qui, ce week-end ont subi un déploiement inouï des «forces de l’ordre», et auprès de ceux qui aujourd’hui vont subir le déchaînement médiatique mensonger orchestré par «l’état-mafia» et propagé par une presse et une télé «à la solde».

Je regarde quelques commentaires sur les réseaux sociaux et j’ai honte. J’ai honte de tous ces «braves gens» qui éructent leur haine envers ceux qu’ils nomment «voyous» ; qui éructent leur haine sous couvert du «bon ordre» et du «respect de la loi» ; ceux-là même qui ne savent rien de l’histoire des bassines, ni même de l’histoire du monde et qui ne veulent d’ailleurs surtout pas savoir ; ceux-là qui n’entendent que ce que la voix de leurs maîtres leur raconte et qui crieront, une fois la guerre terminée, «Vive la résistance !»

Décidément, Brassens avait bien raison : «Les braves gens n’aiment pas qu’on suive une autre route qu’eux». Et demain, ce seront eux aussi qui s’étonneront de n’avoir plus ni retraite, ni aide sociale lorsqu’ils perdront leur travail, ni eau potable au robinet ? La faute à Pas-de-chance, diront-ils alors.
Qu’il est pratique, n’est-ce pas, de s’insurger contre ces jeunes qui «profitent du système», contre ces «assistés» comme ils les nomment, et de ne surtout pas, mais alors surtout pas regarder du côté de la mafia gouvernementale qui, pendant ce temps, transfère le plus tranquillement du monde ce qu’il reste d’argent public à ses potes milliardaires et en profite au passage pour créer une dette abyssale, histoire d’asservir tout ce petit monde jusqu’à la fin des temps. Cette même mafia qui aujourd’hui veut «ficher S» ceux qu’ils appellent «éco-terroristes»… Quel est le rapport déjà entre le fait de tuer au nom d’une croyance et celui de défendre le Bien Commun face à des intérêts privés ? Oubliant peut-être au passage que ce gouvernement affiche tellement d’affaires en cours que ç’en serait risible si ça n’était si grave ?

le 29/10/2022 Manifestation anti-bassines à Sainte Soline

Alors oui, j’étais à Sainte-Soline ce week-end au côté de ceux qui manifestent contre cette logique qui nous tue. Des milliers de gens de tous âges, de tous styles, d’ici et d’ailleurs, certains ayant plongé corps et âme dans cette histoire d’eau, d’autres apportant leur soutien d’un jour «ou plus si affinités».
Et puis, il y a vous. Cette jeunesse, jeunes femmes et jeunes hommes, habillée de noir, visages cachés, dont on devinait à peine les regards. Et nous sommes partis à votre suite. Nous avons approché ce méga-monstre de bassine. Expérimentant pour quelques-uns pour la première fois, ce que, du haut de votre jeune âge, vous ne connaissez que trop bien déjà.

Et c’est au beau milieu d’un paysage dévasté par une agriculture qui n’en est plus une, étouffée par les lacrymos, sous les grenades qui volaient, que j’ai ressenti toute votre détermination et votre courage. J’ai vu aussi cette fabuleuse organisation, reflet d’une intelligence collective aiguisée au couteau.

ls vous disent ultra-violents mais au beau milieu de ce champ de bataille, je n’ai vu que quelques «cœurs brûlants» à l’incroyable gentillesse, semblant apparaître toujours au bon endroit et au bon moment pour tendre une main à qui en avait besoin, malgré le «jeu» dangereux dans lequel nous étions embarqués. Et c’est dans ce chaos que je me suis dit en vous regardant : «les voilà donc, les enfants de la terre ; ils sont là».

Cette jeunesse que la plupart ne voulait pas entendre lorsqu’ils nous alertaient du désastre écologique en cours et qui aujourd’hui se voit contrainte d’avancer à corps découverts face à des machines de guerre infernales, tentant le tout pour le tout pour sauver leur monde, pour sauver notre monde. Des pierres contre des fusils, nouvelle saison. Sauf que les fusils, eux, ont bien changé…

J’étais donc à Sainte-Soline ce week-end et j’y ai laissé une partie de mon cœur ; cette partie peut-être qui, ne sachant qui vous étiez, ne trouvait pas comment vous dire merci.
Peut-être alors que ce texte finira par vous parvenir.
Alors à tous ces enfants de la terre habillés de noir, croisés sur des champs dévastés, je voulais vous dire merci. Merci d’être tels que vous êtes, merci de garder bien au chaud cette part d’humanité et de sensibilité sauvage que vous érigez avec superbe au milieu de ces heures sombres. Cette part d’humanité que d’autres semblent avoir perdu.
Merci d’éclairer l’horizon de votre espoir.
Et surtout, je vous souhaite de voir un jour le monde tel que vous le rêvez. Soyez fières et fiers de qui vous êtes et enfin, ne doutez pas que, un peu partout, beaucoup de gens finalement, vous aiment de tout leur cœur.
No bassaran – Hauts les cœurs”