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Du vert aussi…

Si ce weekend, le groupe Cité Jaune Anticapitaliste a su agrémenter d’un peu de jaune le programme des Accroche-coeurs, le Cerce 49 tient à saluer cette initiative du groupe Greenpeace Angers qui lui, est allé le pimenter d’une touche franchement verte !
Vendredi soir, en pleine cérémonie d’ouverture du festival sur la place du Ralliement, les militants écologistes ont déployé quelques belles banderoles devant les officiels de la mairie :
« Eh non… nous ne pouvions pas passer à côté d’une telle occasion : l’inauguration de notre génialissime festival des Accroche-coeurs ! Un magnifique dragon de nos ami.e.s de Paris pour nos retrouvailles avec les Accroche-coeurs … et une banderole haute en couleurs pour rappeler à Christophe Béchu, notre ancien maire, devenu Ministre de la Transition Écologique, que nous étions bien déçus de son mandat de maire et de ses débuts en tant que ministre…
Monsieur Béchu : Stop au Blabla, Place aux Actes ! »
Bravo les artivistes, on ne lâche rien !

Salut l’ami

Florent nous a quittés.
Il a décidé d’aller rejoindre les étoiles et de percer le grand mystère de l’univers. Sans doute un peu aussi pour voir si l’air là-haut est plus respirable que celui d’ici-bas.
Florent était de tous les combats, de toutes les indignations.
Vous l’avez tous croisé un jour ou l’autre lors d’une manif ou d’un rassemblement. Toujours prévenant, toujours souriant.
Repose en paix l’ami au paradis des hommes bons.
Toute ma sympathie à Hélyane et aux siens.

Ce sera eux ou nous

Tout le monde doit en être convaincu, il ne s’agit plus maintenant de « changer la vie » mais bien de la sauver…
Il devient évident qu’aujourd’hui, deux mondes, deux projets de société, deux civilisations se font face.
D’un côté, les tenants d’un monde capitaliste et marchand, dopé à la croissance, accroc à la consommation, sevré à la compétition et shooté aux énergies carbonées.
De l’autre, les partisans d’un mode de vie sobre, décroissant, précautionneux, fraternel.
Aujourd’hui, il est manifeste que ces deux mondes s’affrontent et ne pourront jamais cohabiter.
Et aujourd’hui, il est manifeste que l’un de ces deux mondes est en train d’anéantir l’autre.
Ce sera eux ou nous.
Heureusement, des collectifs passent à l’action ici et là.
Deux exemples ( infos publiées sur le site Contre-Attaque )

Un collectif revendique avoir mené une «action Kirikou» dans deux golfs toulousains pour protester contre leur grande consommation d’eau en pleine sécheresse.
«Alors que nous traversons un épisode de sécheresse extrême, l’arrosage des parcours de golf est autorisé par dérogation en raison du coût d’entretien de ces luxueux terrains À côté de ça, la sécheresse entraîne jusqu’à des interdictions totales d’irrigation en agriculture» explique le collectif Extinction Rébellion Toulouse.
«Pour dénoncer l’accaparement de l’eau par cette industrie de loisir pour les plus privilégiés», des trous ont été bouchés avec du ciment et la pelouse a été endommagée. «Cette action vise directement à empêcher l’utilisation de ces golfs et donc leur arrosage, et exige un réel contrôle des prélèvements d’eau de la part des golfs» conclut le communiqué. Des petits panneaux comportant des explications ont aussi été plantés sur certains trous, par exemple : «Ce trou a été bouché car son utilisation ne s’alignait pas avec le maintien d’un monde viable».
La crise climatique menace l’existence même des êtres vivants, dont nous faisons partie, ici et maintenant. Et le chaos s’accélère, personne ne peut plus l’ignorer. Les actions directes risquent de se multiplier partout contre les criminels climatiques et les gaspilleurs de ressources. Il en va de la survie collective.

Dans la nuit du 28 au 29 juillet, des jacuzzis pour touristes ont été éventrés à Gérardmer, dans les Vosges, alors que la commune est en proie à une sécheresse inédite. Le message «l’eau, c’est fait pour boire» avait été laissé sur place.
En mars dernier, c’est en Charente que des «méga-bassines» destinées à retenir de l’eau pour l’agriculture intensive étaient sabotées. Un collectif avait dénoncé «l’accaparement de l’eau» conduisant à «l’épuisement de ce bien commun».
Dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 août, c’est en Vendée qu’une action similaire a eu lieu. Deux bassines artificielles qui pompent dans la nappe phréatique au profit de gros agriculteurs ont été sabotées, à Pouillé et à Nalliers. Un collectif de «jardiniers, pêcheurs et amoureux des cours d’eaux» a publié un communiqué que voici :
«Cet été, comme tout le monde, nous subissons la sécheresse et les restrictions d’utilisation de l’eau qui vont avec. Cet été, comme tout le monde, nous voyons les monocultures de céréales inadaptées à nos régions être grassement arrosées. Cet été, nous voyons les millions de mètres cubes d’eau, présents dans les méga-bassines, fondre comme neige au soleil. Une eau qui a été directement pompée dans les nappes phréatiques. Cette eau nous manque.
Elle devrait servir en priorité à notre alimentation, aux rivières et à la diversité en faune et en flore qu’elles abritent. Les méga-bassines sont le pansement d’une agriculture-industrielle en bout de course. Une industrie qui, à la place de nous nourrir, tue les poissons et les abeilles et rend malade ceux qui la consomment. Il faut changer de modèle. Et pour commencer, il faut arrêter de construire et d’utiliser des méga-bassines. Face à ce constat, nous ne pouvions rester sans rien faire.
Alors, comme chacun le peut, la nuit du 8 au 9 août, nous avons enfilé des gants et masqué nos visages, nous avons pris des pinces et des couteaux, et nous avons enlevé la bâche qui recouvrait deux méga-bassines du sud Vendée. Celle située au nord est de la commune de Nailliers proche de la départementale D99 et celle au sud est de Pouillé. Pour prouver nos dires nous fournissons en pièce jointe deux photos prises cette nuit là.
Ce n’est pas une attaque contre les agriculteurs qui les utilisent, mais contre le système industriel qui les exploitent eux aussi. C’est aussi un message à la préfecture et au gouvernement : s’il n’y a pas vite un arrêt des projets de méga-bassines, nous appliqueront, de fait, un moratoire aujourd’hui plus que vital. Nous sommes des millions, à vivre directement les conséquences du réchauffement, à voir nos rivières s’assécher, et nous sommes prêts à passer à l’action.»

Un élu local s’est empressé de condamner les actes : «La bâche qui retenait l’eau a été sectionnée en hauteur. Cette coupure se prolonge jusqu’au niveau d’eau actuel». Le lobby de l’agriculture chimique, la FNSEA, a déclaré que «ces réserves d’eau sont la réponse aux enjeux environnementaux et économiques du territoire». L’agriculture industrielle représente près de la moitié de la consommation d’eau en France, en grande partie pour des monocultures de fourrage destinées à l’élevage intensif. Un modèle qui épuise les sols, les bêtes, et qui n’est plus viable.

Deux scénarios possibles

Nous y sommes.
Deux scénarios possibles.
Il y a un scénario pessimiste, celui du chacun pour soi, avec des crises de l’eau, des rationnements, des ruées sur les bouteilles d’eau minérale dans les supermarchés, des crises alimentaires, une police toujours plus violente qui fait tenir l’édifice qui s’effondre, et des riches qui spéculent bien à l’abri.
Et un scénario optimiste : celui dans lequel la population s’organise, renverse le capitalisme et partage équitablement les richesses nécessaires selon les besoins de chacun et chacune tout en respectant l’écosystème.
À nous de choisir.

E. Macron et M. Le Pen… main dans la main

SMIC, loyers, prix, EDF et… gaz de schiste. Les débats se sont éternisés hier soir à l’Assemblée nationale sur le « paquet pouvoir d’achat », adopté tard dans la nuit. Les députés de la NUPES ont tenu la tranchée face à LREM et au Rassemblement National (RN). Main dans la main, la macronie et l’extrême-droite ont refusé d’augmenter le SMIC, de bloquer les prix, de geler les loyers, ont prévu de casser EDF, et ont voté la possibilité d’importer… du gaz de schiste dans notre pays. Une alliance de la macronie et de l’extrême-droite contre les travailleurs, et contre la planète.

Refus d’augmenter le SMIC
Cela aurait été une décision majeure pour des millions de Français, alors que la crise sociale continue de fracasser le pays. Pendant les débats, la NUPES a proposé d’augmenter le SMIC à 1500 euros net. Une mesure qui aurait changé la vie de millions de personnes, du jour au lendemain. « Imaginez la réaction des gens devant leur télévision ou derrière leur radio », disait la députée LFI Clémence Guetté dans l’hémicycle. La hausse du salaire minimum a été refusée main dans la main par la macronie et l’extrême-droite.
Un accord de fond qui ne date pas d’hier. Pendant la campagne présidentielle, Marine Le Pen s’était positionnée contre l’augmentation du SMIC, comme Emmanuel Macron. Alors que les Français sont pris à la gorge par l’inflation historique, l’augmentation du salaire minimum a été rejetée par LREM et le RN. Les députés d’extrême-droite ont approuvé la distribution de miettes et de chèques, portée par le texte de loi du gouvernement, plutôt que la hausse des salaires. « Vos électeurs vous voient. Vous vous couchez contre la logique macroniste qui vise à verser des primes aléatoires et des chèques ! », s’était exclamé Adrien Quatennens à l’Assemblée nationale.

Bloquer les prix ? Que nenni.
+44% sur les pâtes premier prix, +23,5% sur le riz, +10,93% sur la farine, +13,4% sur le lait, +7% sur les œufs, +15,31% sur les pâtes, +14% sur les steaks hachés, +11,34 % sur les viandes surgelées, +8,84% sur les légumes en conserve, +17,97% sur les huiles, +39,2% sur le café arabica… Et l’essence est à 2 euros le litre en moyenne encore aujourd’hui. Les prix s’envolent, les salaires et le SMIC, eux, ne suivront visiblement pas. Face à cette situation, la NUPES a défendu bec et ongles le blocage des prix de l’essence et des biens de première nécessité. Alliés contre les précaires et les plus pauvres, la macronie et l’extrême-droite ont refusé de voter pour cette mesure.

Pas de gel des loyers

L’inflation touche tous les prix, en particuler les loyers. Ils consituent le premier poste de dépenses des Français. Alors que la crise sociale fait rage, les députés de la NUPES ont voulu faire geler les loyers. Cela a également été refusé par la macronie et l’extrême-droite. De son côté, le gouvernement a défendu un plafonnement à 3,5% de l’augmentation des loyers. Mais c’est en réalité une hausse des loyers, déguisée en plafonnement. Un transfert volontaire de l’inflation, du travail (les locataires) vers la rente (les propriétaires). Pour rappel, la moitié du parc locatif français appartient à 3,5% des ménages de ce pays.

La casse d’EDF
« Ils actent la mort d’EDF, l’explosion des prix et bradent notre souveraineté énergétique » s’est indignée Mathilde Panot sur Twitter. En soutenant cette loi fourre-tout qu’est le « paquet pouvoir d’achat », les députés RN ont aussi voté pour la casse d’EDF. Comment ? En votant pour un texte qui, in fine, oblige EDF à vendre plus d’énergie à prix cassé à ses concurrents. Une casse du service public assumée, au profit du privé et au détriment des plus précaires. Le 9 mai dernier, une candidate RN était incapable d’expliquer la vision du parti d’extrême-droite sur les services publics. Toute la lumière a désormais été faite dessus.

Autorisation d’importer le funeste gaz de schiste en France

Enfin, la droite et l’extrême-droite se sont alliées pour voter une mesure… écocidaire. Le « paquet pouvoir d’achat » prévoit l’installation au Havre d’un terminal pour importer du gaz de schiste. Alors que l’urgence climatique est là et que la France est en proie aux flammes de la canicule. Flammes causées par le capitalisme, responsable du dérèglement climatique.
Qu’implique le gaz de schiste ? Une fracturation hydraulique qui pollue les sols et des émissions de méthane libérant des émissions gaz à effet de serre équivalentes au charbon. « Le gouvernement a glissé une bombe climatique dans sa loi ‘pouvoir d’achat ‘», selon les mots du journaliste Mickaël Correia (Mediapart).

Refus d’augmener le SMIC, de geler les loyers, de bloquer les prix des biens de première nécessité et de l’essence, casse d’EDF et autorisation d’importer le gaz schiste en France. LREM et le RN se sont alliés contre les intérêts des travailleurs. L’alliance capital-fasciste bat son plein. À défaut d’aider les Français à payer moins cher le leur. Une alliance contre les travailleurs, les précaires et contre la planète.

Le saviez-vous ?

Un billet publié sur Contre-Attaque :

Effondrement : le superluxe a le vent en poupe
Vente record de superyachts en 2021.

Des températures caniculaires dépassant les 40⁰C en zones tempérées, des feux incontrôlables partout, l’été 2022 nous rappelle à quel point nous habitons déjà le désastre. Tout brûle. Chaque année semble désormais pire que la précédente. Le climat est devenu détraqué. Rien ne semble ralentir le rythme effréné de la catastrophe.
Les capitalistes sabotent la vie, mais ils veulent bien profiter du spectacle. Les ultra-riches continuent de polluer et consomment comme des porcs sur fond crise climatique intense. En 2021, 887 superyachts ont été vendus dans le monde. Un chiffre total qui a doublé par rapport à l’année 2020. Ce record sera probablement pulvérisé à la fin de l’année.
Ces bateaux de luxe gigantesques se vendent comme des petits pains dans les cercles de milliardaires. Des centaines de millions d’euros à l’achat sans compter les frais de maintenance. C’est le symbole de la richesse absolue, obscène. Des super-navires pour super-riches de la taille d’un terrain de football, des méga-pollueurs, des monstruosités, une aberration écologique.

La flotte des 300 plus gros superyachts en activité émet près de 285 000 tonnes de dioxyde de carbone, soit autant voire davantage qu’un petit pays. À titre d’exemple, le Burundi rejette moins de CO² dans l’air. Un seul de ces engins flottants consomme en moyenne 2000 litres de carburant par heure. Un impact ultra-nocif pour le vivant et le climat, sans compter les autres effets indésirables, de la fabrication polluante au bétonnage des côtes pour les accueillir, en passant par la dévastation des fonds marins par les ancres au mouillage…
Des engins néfastes, catalyseur de désastre. Et on voudrait nous inciter aux petits gestes, à faire pipi sous la douche ou réduire nos consommations d’énergie pendant que la bourgeoisie radicalisée et les compagnies de l’énergie se gavent en rendant la vie sur terre inhabitables. Les nantis contempleront le monde brûler en sirotant des cocktails depuis les ponts de leurs superyachts.

La répression en marche

A visionner absolument pour réaliser à quel point de répression politique on est arrivé ! Merci au Média pour ce reportage édifiant.

« Warren Dalle, 26 ans, ne s’est toujours pas remis de sa journée du lundi 4 juillet. Ce militant insoumis, également figure locale des gilets jaunes, ne décolère pas. Alors qu’il revient de week-end, il découvre sa grand-mère en pleurs. Cette dernière n’est pas seule, 4 gendarmes armés sont également à son domicile. Depuis 7h37, et malgré son absence, la maison familiale est perquisitionnée. Fouillée de fond en comble. Très vite, Warren comprend que ce traitement est à mettre en lien avec son engagement politique au sein de la NUPES pour laquelle il était candidat aux dernières législatives. Après plusieurs minutes, on lui révèle la raison de cette perquisition matinale : des inscriptions de couleurs, à la craie, sur des bancs, des trottoirs, des passages piétons ou encore des poubelles municipales, qui appelaient à voter aux législatives. Un « acte de service civique » plaide t-il. Peu importe, deux maires divers droite ont porté plainte pour « dégradation ou détérioration d’un bien culturel, du domaine public, commis en réunion ». Après plus d’une heure de perquisition, il passera 3 nouvelles heures en audition libre… »

Là, non plus…

Ce samedi 2 juillet, le groupe Cité Jaune Anticapitaliste est allé saluer les collectifs angevins Youth For Climate et Extinction Rebellion qui tenaient un salutaire îlot de « gratuité » sur la place du Ralliement au milieu d’un océan de marchandises soldées.
Jour de grande braderie oblige…

Belle initiative non déclarée que nous avons épaulée en y joignant quelques-unes de nos fameuses banderoles jaunes qui donnent tant de fil à retordre aux autorités locales.
À peine dix minutes plus tard, c’était plié ! Les policiers débarquaient en force pour dire à tout ce joli monde de débarrasser l’espace public et que toutes les banderoles devaient être retirées illico. Pas de discussion possible, les ordres venaient d’en haut.

Cette fois-ci, nous avons préféré ôter nous-mêmes les banderoles pour nous épargner d’avoir à aller les réclamer une énième fois à l’hôtel de police de la rue Dupetit Thouars.
Un grand merci aux collectifs YFC et XR Angers de s’être montrés solidaires de la présence jaune à leurs côtés. Et surtout vraiment désolé pour cet « ordre » imbécile qui a mis fin à leur belle initiative d’espace de gratuité en ces temps de marchandisation éhontée de tout et de rien.

Conclusion en ce qui nous concerne : donc là non plus… nos banderoles sont décidément non grata dans cette belle ville d’Angers.
Mais qu’à cela ne tienne, nous vous donnons rendez-vous samedi prochain 9 juillet pour un nouveau « banderolage ».
Départ du jardin du Mail à 14h30, on compte sur vous.
On ne lâche rien. Le peuple en action, voilà la solution !
( Cité jaune Anticapitaliste )

Mon avis sur dimanche… et la suite

Tribune de notre compagnon libertaire Yannis Youlountas :

Ma réponse à vos messages me demandant mon avis pour dimanche. En tant qu’anarchiste, je n’ai pas de conseil à donner, mais je peux dire sans problème ce que j’ai décidé de faire :

INFLIGER UN COUP D’ARRÊT AU SACCAGE NÉOLIBÉRAL ET À L’EXTRÊME-DROITE, SANS OUBLIER QUE RIEN NE SE FERA SANS LES LUTTES SOCIALES

Je n’ai jamais voté à des élections législatives. Très rarement à d’autres élections. Et pour cause : je suis anarchiste, je ne crois pas à la démocratie prétendument représentative ni au système électoral qui permet à une caste de notables de la classe dominante de se maintenir au pouvoir avec l’appui des médias puissants à la solde de quelques milliardaires. Je vote très rarement : uniquement dans des circonstances exceptionnelles. La plupart du temps, je préfère m’abstenir et je me consacre uniquement aux luttes sociales et environnementales, parfois au moyen d’actions artistiques et solidaires. Le plus souvent, je refuse de voter car je me sens dupé sitôt que je me rapproche de l’isoloir, comme dans une sorte de cirque, de spectacle illusoire, de farce grotesque et sans réel enjeu, tant le changement promis est insuffisant à mes yeux.

Mais ce qui se passe en ce moment n’est pas anodin et je ne peux pas l’ignorer. De nouvelles lignes de force se dessinent à l’horizon, par-delà les différentes façons de lutter et la radicalité variable de nos points de vue, face au saccage mortifère de la vie sur Terre. Le rapport du GIEC ne nous donne plus beaucoup de temps pour inverser la tendance. La planète est exhangue. Les guerres se multiplient. Les inégalités ne cessent de se creuser. Le racisme sème la discorde et la confusion au sujet des vrais responsables de cette situation que sont les dirigeants politiques et économiques. Car ce sont eux, les vrais casseurs et les insupportables parasites qui détruisent le monde et se gavent sur notre dos, en exploitant tout ce qui est possible aussi violemment qu’un suicide collectif emportant avec lui des milliards de victimes.

Comme vous, j’observe actuellement la panique des médias du pouvoir en France devant la possible victoire du « bloc populaire » récemment constitué. Tous les néolibéraux montent partout au créneau et inondent les plateaux télé pour annoncer une banqueroute et une pluie de grenouilles en cas de basculement. Sans surprise, les chefs de l’extrême-droite viennent maintenant à la rescousse du système qu’ils prétendaient combattre en ciblant plus que jamais la racaille gauchiste et écologiste. Désormais, deux camps se distinguent clairement, alors que l’issue va se jouer à peu de choses : d’une part, celui d’une gauche antilibérale et écologiste proposant de mettre un frein aux politiques dévastatrices et d’ouvrir le débat sur une refonte des institutions, et d’autre part, le camp des néolibéraux et de l’extrême-droite qui dévoile une fois de plus sa convergence d’intérêts par-delà ses désaccords de façade.

Dans plus de 300 circonscriptions, le second tour va opposer l’Union populaire aux Macronistes. Dans une soixantaine d’autres, l’Union populaire aux Lepenistes. Dans la plupart des cas, tout va se jouer à très peu de choses, quelques milliers de voix, et les instituts de sondages reconnaissent se situer dans la marge d’erreur dans beaucoup de circonscriptions.
Du coup, nous sommes nombreux à nous poser la même question, deux mois après le premier tour de la présidentielle : intervenir à nouveau ou pas ?
Le 10 avril dernier, beaucoup d’entre nous avaient décidé d’intervenir et nous avions failli faire la différence en quelques heures. À 1% près, Le Pen aurait pu être éliminée dès le premier tour (Mélenchon était brusquement passé de 17% à 22% au tout dernier moment, alors que la candidate du RN plafonnait à 23%). Beaucoup de mes ami-es libertaires, révolutionnaires et abstentionnistes convaincu-es m’avaient confirmé avoir également participé à cette puissante irruption. Pour exemple, les nombreux commentaires et témoignages sur facebook :
https://www.facebook.com/photo/?fbid=2981893582121249&set=a.1386628864981070
(et plus nombreux ailleurs, à l’abri des regards)

Actuellement, nous discutons à nouveau de la situation, depuis deux ou trois jours : compagnons anarchistes, camarades de gauche et antifascistes, solidaires de toutes sortes, jeunes et moins jeunes. La plupart d’entre nous allons sans doute intervenir au second tour, chose exceptionnelle. Certains pour la première fois à des élections législatives (c’est mon cas).

Nous allons le faire, non pas pour soutenir quelqu’un ou quelqu’une, mais pour essayer d’infliger un coup d’arrêt au saccage néolibéral et à l’extrême-droite qui ne cessent de gagner du terrain. Il ne s’agit pas de déléguer ce combat à quiconque, mais d’utiliser tous les moyens possibles pour freiner la course en avant mortifère d’un système politique et économique qui nous mène tout droit à la catastrophe.

Mais soyons clairs : quoi qu’il arrive dimanche, rien ne se fera sans les luttes sociales. Rien ne changera vraiment si nous ne descendons pas massivement dans la rue, quel que soit le gouvernement qui sera nommé la semaine prochaine, que ce soit pour nous opposer radicalement à ses décisions ou, à l’inverse, pour lui rappeler résolument ses promesses. Rien ne se construira sans un mouvement social puissant et sa capacité à l’initiative, dans l’autonomie et l’autogestion, en imposant notre agenda et nos priorités quand les médias essayeront à nouveau de faire diversion avec des sujets futiles ou diviseurs.

C’est à nous de changer les choses et à personne d’autre. Pas question de donner des chèques en blanc à des hommes providentiels. Dans notre cas, ce n’est pas eux qui se servent de nous, mais nous qui nous servons d’eux, les uns contre les autres, pour pousser la société toute entière dans le sens de l’Histoire, car la politique du pire n’a jamais rien donné.

C’est à la rue, à la base sociale, aux nombreuses initiatives locales et réseaux de luttes de pousser, pousser encore et pousser toujours plus fort pour accoucher d’un monde différent dans lequel, à l’avenir, plus rien ni personne ne pourra entraver nos choix, nos vies, nos désirs.

Nous aussi, nous voulons une société d’harmonie des êtres humains, entre eux et avec la nature.
Rendez-vous dans la rue sitôt les élections passées, dans les luttes, partout, quel que soit le pouvoir que nous aurons en face de nous, tant qu’il y aura un pouvoir.
Courage à tou-tes, dans votre diversité, et dans le respect de vos choix respectifs !

Anarmicalement depuis la Grèce,
Yannis Youlountas

PS1 : n’oublions jamais que ce n’est pas le gouvernement du Front Populaire qui a donné de lui-même la première semaine de congés payés et les 40 heures de travail hebdomadaires en 1936, mais que c’est, au contraire, la grande grève générale de mai-juin 1936 qui l’a obtenue, en faisant pression sur un gouvernement qui était plus enclin que le précédent à céder.

PS2 : rions un peu avec les expressions alarmistes des Macronistes :