Archives pour la catégorie Billets

La rue Thiers… enfin débaptisée !

Aujourd’hui 18 mars 2021, nous rebaptisons la rue Thiers, fossoyeur du peuple de la Commune de Paris, du nom de Louise Michel, figure emblématique du combat des femmes, des opprimés et libératrice de la conscience kanak.
“Non Nicolas, la Commune n’est pas morte !”

Les Ami.e.s de la Commune  ( et du Cercle 49 )

Un regard éclairant sur ce que nous sommes en train de vivre

Quels enseignements tirer dès à présent de la crise du Covid-19 ?
La pandémie a-t-elle grippé la grande machine libérale ?
Ce documentaire singulier revient sur la funeste année 2020 et ouvre des perspectives politiques pour l’avenir. Le Covid-19 a-t-il grippé la grande machine libérale ? Depuis bientôt un an, la pandémie mondiale a mis en évidence la faiblesse de nos systèmes de santé, mais elle souligne surtout l’immunité défaillante de nos démocraties, affaiblies par les crises économique et climatique. Exposant les citoyens à une régression des libertés fondamentales, elle pousse entreprises et États à faire des choix cruciaux. Faut-il alors abandonner le modèle économique qui a contribué au surgissement de ce virus et alimenté le réchauffement de la planète ?
Tourné à travers le monde, le film revient sur les événements de l’année passée et combine les approches de sociologues, scientifiques, politiques et philosophes. Entremêlant information, récit et émotion, il entrechoque la réalité avec une certaine forme de poésie… salvatrice.
Documentaire d’Alain de Halleux (France/Belgique, 2020, 1h30mn)


Encore une Sale journée pour la planète…

Encore une sale journée pour la planète…

Une poignée d’amoureux de la vie et de la joie de vivre affrontent ce matin la violence implacable de ce système économique et politique. Cela se passe sur les terres fertiles du Triangle de Gonesse dans le nord-est parisien. Mille fois merci à ces irréductibles « zadistes » pour leur détermination à empêcher la destruction de notre possibilité même de vivre simplement sur Terre.
Ils et elles le savaient… mais hier soir, à la veille de ce bras de fer attendu avec le pouvoir et l’argent, voici le message humoristique adressé à toutes celles et ceux qui souhaitaient les rejoindre dans leur lutte :   

A 40 min de Paris, à 10 mn de Roissy et du Bourget, Les Cabanes de la ZAD du Triangle de Gonesse vous proposent le mix parfait : INSOLITE/CONFORT/BIEN-ETRE Prix : 500€ /nuit
Construite au cœur des meilleures terres fertiles de France, son domaine s’étend sur 640 hectares, les cabanes sont 100% confort moderne et ouvertes toute l’année, construites entièrement en matériaux recyclés. Cinq cabanes d’hôtes disposent de salle de bain collective et leurs terrasses.
Toutes les possibilités s’offrent à vous : nuit romantique avec champagne, week-end entre amis ou en famille, balade en plein champ et barbecue feu de camp au pied de la cabane ou encore départ en randonnée depuis votre ZAD pour une exploration du chantier le plus contesté de France…. Nos différentes offres seront en mesure de combler toutes vos envies, un seul leitmotiv pour les habitants des lieux : faire de votre séjour un moment à part et inoubliable.
La ZAD vous offrira de longues discussions auprès du feu, autour de l’intérêt de bétonner les dernières terres fertiles les plus proches de Paris avec une gare de métro de la ligne 17 (Grand Paris Express) et une zone d’affaire internationale de 110 hectares. Venez refaire le monde avec nous, et mettre les mains dans la terre en construisant les projets de demain autour du maraîchage et la création de formations pour les jeunes du territoire.
Le prix fixé par le TGI de Pontoise à 500€ la nuit, n’est rien en comparaison du vivre ensemble proposé par nos habitants.
Pour contribuer à la kermesse du TGI c’est ici https://www.helloasso.com/assoc…/cptg/formulaires/1/widget , et pour les questions en message privé.

From ZAD with Love

Ignoble manipulation

Hier à nouveau, Macron ose comparer sur BFM TV le mouvement des Gilets jaunes pour la justice sociale à celui des fascistes américains pro-Trump qui ont envahi le Capitole !


Tribune publiée sur le site Nantes Révoltée :

MACRON COMPARE LES GILETS JAUNES AUX FASCISTES DES USA : POURQUOI C’EST FAUX, démontage d’une ignoble manipulation médiatique et politique :
Hier, le président Macron a recyclé un petit refrain malsain qui traversait la sphère politique et médiatique en janvier : les néo-nazis américains qui ont envahi le Capitole, à Washington, pour soutenir Trump, seraient l’équivalent des Gilets Jaunes en France. Cette comparaison a été utilisée par tous les valets du pouvoir : Aurore Bergé, figure du gouvernement, tweetait : « Factieux trumpistes aujourd’hui / gilets jaunes hier. » Puis la quasi totalité des élus En Marche et du rassemblement National vont faire cette analogie : « Trump n’invente rien. JLMelenchon et Francois Ruffin ont en leur temps tenté le coup de force institutionnel». Le syndicat de policiers Synergie publiait un message du même type, et les chaînes de télévision reprenaient cette idée en cœur. Pourquoi tout est complètement faux :
➡️L’extrême droite américaine s’est mobilisée pour maintenir au pouvoir un président en fin de règne. Les Gilets Jaunes luttaient contre le pouvoir, et pour la justice sociale, fiscale, climatique. Des études ont montré que les trumpistes étaient souvent des cadres et des professions bien payées. Les Gilets Jaunes ne manifestaient pas pour un milliardaire à la tête d’un Etat : il s’agissait de précaires, d’oubliés, d’invisibles qui reprennent la parole.
➡️ L’extrême droite américaine se réunit derrière un leader, Trump, à l’appel d’un homme politique, Trump, avec des bannières, des casquettes et des vêtements à l’effigie d’un puissant, Trump. Le tout encadré, planifié, structuré. L’exact inverse des Gilets Jaunes dont la mobilisation a été spontanée et sans leader, sans moyens logistiques, sans représentant, et rejetant les figure du pouvoir.
➡️ L’extrême droite américaine se mobilisait pour un milliardaire qui a fait fortune sur la spéculation immobilière à New York, les Gilets Jaunes sont les victimes de la spéculation immobilière, et luttaient contre les riches, et pour le partage des richesses.
➡️ L’extrême droite américaine a pu rentrer en armes, dans le siège du pouvoir de la première puissance mondiale. Des vidéos montraient même des policiers ouvrir la voie et guider les trumpistes à l’entrée du Capitole. Les Gilets Jaunes ont subi une répression atroce, des milliers d’arrestations, de mutilations pour avoir simplement manifesté.

➡️L’extrême droite américaine exhibait des symboles ouvertement nazis, esclavagistes, pro-armes. Les Gilets Jaunes étaient un vaste mouvement hétéroclite de gens d’en bas. Les rares éléments d’extrême droite présents au début ont été très rapidement chassés des cortèges pour ne plus en revenir. Aucun mot d’ordre du mouvement ne peut aujourd’hui être rattaché à l’extrême droite.
➡️L’extrême droite américaine est obsédée par la question raciale. Les Gilets Jaunes n’ont mis en avant que de justice sociale.
➡️ L’extrême droite américaine manifeste pour « la Loi et l’Ordre » et soutien la police. Les Gilets Jaunes ont créé la révolte la plus incontrôlable depuis des décennies en France, en résistant comme jamais à la police.Il n’y a donc absolument rien en commun entre ces deux mouvements. D’un côté le soutien à un milliardaire, de l’autre une révolte populaire de classe, pour la dignité. La soif de pouvoir d’un côté, le rejet du pouvoir de l’autre. Ce ne sont ni les mêmes gens, ni les mêmes revendications, ni les mêmes enjeux, pas les mêmes moyens, pas le même rapport à la police, pas la même répression …
Cette comparaison organisée par les cercles de pouvoir français révèle, encore une fois, un immense mépris du peuple : finalement, toutes les colères se vaudraient. Le nazisme et la soif d’égalité seraient équivalentes. C’est aussi un choix idéologique, car en réalité Macron soutient et applique les idées de l’extrême droite française : il ne peut donc pas la dénoncer. Macron est d’ailleurs beaucoup plus proche, politiquement, de Trump que ne le sont les Gilets Jaunes. Il préfère donc assimiler les colères dans un même ensemble. Fascistes et anticapitalistes, libertaires et partisans d’un Régime autoritaire, néo-nazis et antifascistes ou Gilets Jaunes : tout ça serait une même chose, une « foule haineuse ». Cette grande confusion alimente l’idée qu’il n’y aurait que deux « camps », les élites néolibérales au pouvoir et les « populistes » dangereux de l’autre. Ce n’est pas seulement un mensonge, c’est extrêmement dangereux. Car à la fin, ce sont bien les fascistes qui récoltent les gains de cette confusion générale et de ces humiliations répétées.

Merci

Merci à vous qui êtes venu.e.s me soutenir ce matin.
Merci, car on a beau se dire qu’on est dans son droit, dans son droit à la dignité, dans son droit à la justice, dans son droit à la liberté, on se sent petit et désarmé devant la toute puissance de l’autorité.
Cette autorité qui voudrait nous faire croire que tout ça ne serait qu’une banale affaire administrative de « droit » ou de « ne pas droit » à brandir une banderole dans l’espace public. Mais tout le monde ici l’a bien compris, à travers ce qu’il m’arrive aujourd’hui, c’est le mouvement de contestation sociale et d’émancipation qui est visé, qui est intimidé, qui est bridé, qui est réprimé.
Désolé, messieurs les tout puissants, mais quand on est en colère, quand on vous exploite, quand on vous affame, qu’on vous tire dessus avec des armes de guerre, on ne lève pas la main pour demander gentiment l’autorisation de pouvoir crier tout ce qu’on a sur le cœur, ni même celle de taguer quelques panneaux publicitaires. On use alors de ce vieux truc désuet qui nous anime, nous les humanistes. Un truc dont vous vous gargarisez dans les salons pour faire joli mais qui nous sort des tripes et qui enfle dans nos gorges, cela s’appelle  la liberté d’expression.
Non, nous n’allons pas nous taire, sous votre bureaucratie, sous votre bon droit, sous votre arrogance, sous vos menaces, sous votre soi-disant légalité. Nous sommes des millions d’organisatrices et d’organisateurs d’un monde meilleur qui mettent toute leur ardeur et toute leur joie de vivre à organiser comme vous nous le reprochez la chute de ce monde mortifère, inhumain et violent.
Nous ne lâcherons rien , nous sommes le monde meilleur qui vous survivra.

Ci-dessous, le texte que Jacques L. nous a lu devant le commissariat.

La lutte paie !

Les infirmières et aides-soignantes du bloc pédiatrique du CHU de Toulouse ont décidé hier de bloquer et d’occuper leur bloc, ne laissant que les urgences fonctionner, pour dénoncer notamment le non-remplacement d’une dizaine d’infirmières et la dégradation de leurs conditions de travail.

Quelques heures plus tard, la direction annonce :
– recrutement de 8 infirmières
– recrutement de 2 infirmières pour combler l’absentéisme
– stagiairisation des 9 collègues en CDD ou CDI
– paiement en heures sup des week-ends effectués en plus de ceux planifiés, et ce sur la base du volontariat
– pas d’augmentation des amplitudes de travail.

La lutte paie !

Même combat ? Voyons, tout est si simple…

Bel article de Nantes Révoltée qui remet bien les choses à leur place ( s’il y en avait encore besoin… )

Extrême-droite américaine et Gilets jaunes, MÊME COMBAT ?
Ignoble manipulation médiatique et politique : une émeute pour un Président milliardaire comparée au combat pour la justice sociale.
Depuis deux jours, un petit refrain malsain traverse la sphère politique et médiatique : les néo-nazis américains qui ont envahi le Capitole, à Washington, pour soutenir Trump, seraient l’équivalent des Gilets Jaunes en France. Cette comparaison commence au moment même de l’émeute pro-Trump : Aurore Bergé, figure du mouvement au pouvoir, tweete : « Factieux trumpistes aujourd’hui / gilets jaunes hier. » Puis la quasi totalité des élus En Marche et du rassemblement National vont faire cette analogie : « Trump n’invente rien. JLMelenchon et Francois Ruffin ont en leur temps tenté le coup de force institutionnel» selon un député. Le syndicat de policiers Synergie va publier un message du même type, et les chaînes de télévision reprendre cette idée en cœur. Pourquoi tout est complètement faux :
➡️ L’extrême droite américaine se réunit derrière un leader, Trump, à l’appel d’un homme politique, Trump, avec des bannières, des casquettes et des vêtements à l’effigie d’un puissant, Trump. L’exact inverse des Gilets Jaunes dont la mobilisation a été spontanée et sans leader, sans moyens logistiques, sans représentant, et rejetant les figures du pouvoir.

➡️L’extrême droite américaine se mobilise pour maintenir au pouvoir un président en fin de règne. Les Gilets Jaunes luttent pour la justice sociale, fiscale, climatique. Ce ne sont pas des adeptes d’un des hommes les plus puissants du monde mais au contraire, des précaires, des oubliés, des invisibles qui reprennent la parole.
➡️ L’extrême droite américaine se mobilise pour un milliardaire qui a fait fortune sur la spéculation immobilière à New York, les Gilets Jaunes se mobilisent contre les riches, et pour le partage des richesses. Ils sont souvent les victimes de la spéculation.
➡️ L’extrême droite américaine a pu rentrer tranquillement, en armes, dans le siège du pouvoir de la première puissance mondiale. Des vidéos montrent même des policiers ouvrir la voie et guider les trumpistes à l’entrée du Capitole. Les Gilets Jaunes ont subi une répression atroce, des milliers d’arrestations, de mutilations pour avoir simplement manifesté.
Dans cette vidéo, 2 salles, 2 ambiances : la police face aux manifestants Black Lives Matter VS la police face aux pro Trump qui entrent dans le Capitole :

➡️L’extrême droite américaine exhibe des symboles ouvertement nazis, esclavagistes, pro-armes. Les Gilets Jaunes étaient un vaste mouvement hétéroclite de gens d’en bas. Les rares éléments d’extrême droite présents au début ont été très rapidement chassés des cortèges pour ne plus en revenir. Aucun mot d’ordre du mouvement ne peut aujourd’hui être rattaché à l’extrême droite.
➡️L’extrême droite américaine est obsédée par la question raciale. Les Gilets Jaunes ne parlent que de justice sociale.
➡️ L’extrême droite américaine manifeste pour « la Loi et l’Ordre » et soutient la police. Les Gilets Jaunes ont créé la révolte la plus incontrôlable depuis des décennies en France, en se défendant comme jamais face à la police.

➡️L’extrême droite américaine a envahi le Congrès, l’équivalent du Parlement, pour soutenir le Président, alors que les Gilets Jaunes visaient, sans y parvenir, l’Elysée, le Palais du Président.Il n’y a donc absolument rien en commun entre ces deux mouvements. D’un côté le soutien à un milliardaire, de l’autre une révolte populaire de classe, pour la dignité. La soif de pouvoir d’un côté, le rejet du pouvoir de l’autre. Ce ne sont ni les mêmes gens, ni les mêmes revendications, ni les mêmes enjeux, pas les mêmes moyens, pas le même rapport à la police, pas la même répression …Cette comparaison organisée par les cercles de pouvoir français révèle, encore une fois, un immense mépris du peuple : finalement, toutes les colères se valent, le nazisme et la soif d’égalité seraient équivalentes. C’est aussi un choix idéologique : Macron soutient et applique les idées de l’extrême droite française, il ne peut donc pas la dénoncer. Il préfère donc assimiler les colères dans un même ensemble. Fascistes et communistes, libertaires et partisans d’un Régime autoritaire, néo-nazis et antifascistes ou Gilets Jaunes : même chose, une « foule haineuse ». Cette grande confusion alimente l’idée qu’il n’y aurait que deux « camps », les élites néolibérales au pouvoir et les « populistes » dangereux de l’autre. Ce n’est pas seulement un mensonge, c’est extrêmement dangereux. Car à la fin, ce sont bien les fascistes qui récoltent les gains de cette confusion générale et de ces humiliations répétées.

Voeux de santé

Chaque nouvel an, Mediapart propose à un·e citoyen·ne d’être notre président·e de la République d’un soir, afin de rappeler que celle-ci nous appartient à toutes et tous. Pour 2021, à l’issue d’une année marquée par la pandémie, Médiapart a demandé à Yasmina Kettal, infirmière en Seine-Saint-Denis, de porter la voix des soignants et des premiers de corvée.
Voici le texte des vœux pour 2021 de notre présidente de la République d’un jour, Yasmina Kettal :

Bonsoir à toutes et tous,

Si je suis la présidente d’un jour sur Mediapart, c’est avec la lourde responsabilité d’essayer de représenter les premiers de corvée. Celles et ceux dont certains ont découvert le caractère indispensable face à l’épidémie. Je parle des soignants, comme moi, infirmière en Seine-Saint-Denis, mais aussi tous les autres travailleuses et travailleurs de l’ombre, avec ou sans papiers, qu’ils soient livreurs, éboueurs, transporteurs, caissières, femmes de ménage et aides à domicile…
Je dois avouer qu’il n’a pas été très simple d’écrire les vœux d’une année qu’on aimerait pouvoir en grande partie effacer de notre mémoire. Pas simple non plus une nouvelle fois de s’exprimer sur une situation qu’on a inlassablement rabâchée.
Car oui, si ce virus est entré par effraction dans nos vies, il l’a malheureusement fait en validant le constat, porté pendant des mois par une mobilisation hospitalière sans précédent. Un mouvement dont le seul but était d’obtenir les moyens nécessaires pour vous soigner et qui redoutait la situation actuelle. Avoir fait face à autant d’aveuglement, d’entêtement et de mépris rend la situation plus cruelle encore. Si, année après année, chaque attaque contre l’hôpital a laissé des traces, le Covid, lui, a laissé derrière lui un cratère.
Je pourrais vous faire une liste de toutes les choses immondes vues et vécues durant cette crise mais aussi celles qui rythment notre quotidien depuis bien trop longtemps. Elle serait longue, elle parlerait des morts, de peurs, d’injustice, de fatigue et de larmes. Des situations où tout ne tient qu’à un fil où l’on nous a même nié le droit d’avoir des limites. Mais ai-je réellement besoin d’en passer par là pour vous faire comprendre ?
Je sais que pour certains d’entre vous le message s’est brouillé. Il y a eu un certain nombre d’experts en rien donnant un avis sur tout, mais aussi de la culpabilisation, de l’infantilisation, voire même des insultes. Pourtant, qui parmi nous n’a pas été un jour déstabilisé par ce virus ? D’autant plus lorsque la communication gouvernementale a été mensongère et désastreuse, et ses actions irresponsables et dangereuses.
Ce soir, vous entendrez l’autre Président user de tout un tas de superlatifs pour nous qualifier. Il dira probablement que c’est grâce à la mobilisation exceptionnelle des soignants que nous passons chaque cap. En un sens, c’est vrai, j’ai vu mes collègues se dépasser comme jamais. Pourtant pour beaucoup d’entre nous cela provoquera de l’amertume, voire même de la colère. Car cela s’est fait sur notre dos, notre sueur, nos larmes, notre santé. Il n’y a vraiment pas de quoi en être fier.
D’autant plus si ce n’est pas pour en tirer des leçons et finir par voter ces deux milliards d’euros d’économies supplémentaires à réaliser en 2021.
Alors pourquoi on accepte ? Le problème c’est qu’on n’accepte plus vraiment. Certaines d’entre nous, lassées de batailler dans le vide, finissent aussi par dire : « On se lève et on se casse. » En ce moment trouver des infirmières expérimentées, c’est comme chercher des FFP2 en mars. Il n’y en a pas. Qui pourrait les en blâmer ? Un système qui ne tient que par la culpabilité n’est pas viable éternellement.
Elle est là la réalité de nos hôpitaux.
Ce que je n’oublierai pas, c’est qu’en Seine-Saint-Denis, on y est mort plus qu’ailleurs et dans l’indifférence la plus totale. Justement parce qu’on y concentre les premiers de corvée, fragilisés par des maladies, des conditions de vie et un accès aux soins médiocres. Ces personnes qu’on a continué d’exposer au nom de la sauvegarde d’une économie dont nous ne sommes même pas les bénéficiaires.
Je n’oublierai pas non plus que votre première réaction fut de trouver des moyens d’exprimer votre solidarité. Mais, tout comme notre mouvement pour défendre l’hôpital, je suis désolée d’avoir à vous le dire, cela n’a pas suffi. D’ailleurs, une petite accalmie, elle, a suffi pour que l’autre Président, comme tant d’autres avant lui, nous reparle d’organisation et non de manque de moyens.
Si cette année s’achève avec une perspective de vaccin contre le Covid, où est celui contre les autres maux de nos sociétés qui nous rongent ? Le racisme, les violences policières, la chasse aux réfugiés, la pauvreté, les dérives autoritaires ? Le Covid ne doit pas être un prétexte à la restriction des libertés ou au reniement des promesses d’égalité. Au même titre que les autres enjeux climatiques, économiques ou sociétaux, la question de l’hôpital n’est pas indépendante de celle du monde dans lequel nous souhaitons vivre.
Nous sortons de cette année lassés et changés. Nous avons dû apprendre à vivre avec nos peurs et nos doutes. Mais cette année nous a aussi montré que, face au danger, la solidarité est vitale. Que face à l’injustice et aux mensonges, nous ne pouvons pas nous permettre de nous taire.
Je devais ici vous délivrer un message d’espoir mais je me garderai bien de tout pronostic pour l’année 2021, car c’est à nous de l’écrire. Si elle laisse entrevoir des aspects de plus en plus sombres, elle porte aussi en elle la nécessaire promesse d’un autre monde.
Alors, je nous souhaite de vivre ces moments où l’on relève la tête et où l’on peut sentir la force de l’énergie collective. Ce soir, mes collègues s’occupent des moins chanceux d’entre nous. Je nous souhaite de réussir à nous protéger les uns les autres, parce que nos vies en valent la peine. Surtout, je nous souhaite de connaître joie, rire, amour et santé.

Très belle année 2021 à vous. Courage et force à nous.

Bon Monde d’après 2020 !

Le collectif Cité Jaune Angers souhaite à toutes et à tous un bon « Monde d’après 2020 ».
Soyons fiers de toutes les luttes que nous avons menées au long de cette année et accueillons joyeusement celles que nous allons mener ensemble en 2021 !
A travers ce petit film du groupe Kalune, nous vous offrons tous ces beaux messages d’espoir d’un avenir meilleur qui fleurissent le dos de nos gilets.
Gardons-les au cœur, chacun d’eux est mille fois plus précieux que les discours moribonds des politiciens de ce monde.
Que 2021 vous apporte enfin la lumière pour laquelle nous n’avons cesse de nous battre.

« Résister se conjugue toujours au présent. » ( Lucie Aubrac )