Du souci pour les soucis

Samedi dernier, nous étions venus « en visite », armés de notre seule bienveillance…
Des voisins fort sympathiques nous avaient aidés à débarrasser la Friche des jardins de tous ses détritus, à débroussailler, à désherber, à bêcher et à planter un joli parterre de soucis.
Et puis voilà qu’hier, d’autres voisins moins accueillants ont jugé nécessaire de couper court à nos envies de nature, d’amitié et de partage. Ils ont refermé le portail que nous avions laissé grand ouvert et retiré la belle plaque de bienvenue que nous avions confectionné à leur intention.
En réaction à notre souhait de faire vivre la Friche des jardins, j’aurais compris l’inquiétude, j’aurais accepté l’indifférence mais je reste désemparé devant cette fin de non recevoir, cet acharnement à faire disparaitre toute trace de notre venue, comme si nous avions commis je ne sais quelle vilenie.
Mais malgré tout, je veux croire que ces actes ne sont que la provocation de quelques « braves gens qui n’aiment pas qu’on suive une autre route qu’eux », sans doute effrayés par cet espace de liberté inattendue. Pensez, que de simples citoyens puissent laisser libre cours à leur envie de bonheur sans même en référer au bon vouloir des autorités ! Alors je préfère oublier ces éternels gardiens de l’ordre établi, ces rabat-joie qui ne connaissent que la défiance et le repli sur soi.
Et pour  me remonter le moral, je m’en vais gratouiller sur ma guitare La visite de Brassens mais franchement, le cœur n’y est pas…
Yohann, je me fais du souci pour tes soucis.
On n’était pas des Barbe-Bleue, ni des pelés, ni des galeux
Porteurs de parasites.
On n’était pas des spadassins, on venait du pays voisin
On venait en visite.
On n’avait aucune intention de razzia, de déprédation
Aucun but illicite
On venait pas piller chez eux, on venait pas gober leurs œufs
On venait en visite.
On poussait pas des cris d’Indiens, on avançait avec maintien
Et d’un pas qui hésite.
On braquait pas des revolvers, on arrivait les bras ouverts
On venait en visite.
Mais ils sont rentrés dans leurs trous, mais ils ont poussé les verrous
Dans un accord tacite.
Ils ont fermé les contrevents, caché les femmes, les enfants
Refusé la visite.
On venait pas les sermonner, tenter de les endoctriner
Pas leur prendre leur site.
On venait leur dire en passant, un petit bonjour innocent
On venait en visite.
On venait pour se présenter, on venait pour les fréquenter
Pour qu’ils nous plébiscitent.
Dans l’espérance d’être admis et naturalisés amis
On venait en visite.
Par malchance, ils n’ont pas voulu de notre amitié superflue
Que rien ne nécessite.
Et l’on a refermé nos mains, et l’on a rebroussé chemin,
Suspendu la visite.
( La visite  –  Georges Brassens )

 

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4 réflexions sur « Du souci pour les soucis »

  1. Je comprends ton vague à l’âme, Marc, c’est dur de ne pas être compris, d être décalé. Mais tu fais ton chemin, et tu le fais avec conviction et motivation, poussé par une idée forte, c’est ce qui compte. Je t’embrasse. Ségolène

  2. Bonjour, Je suis très proche de ce lieu et étais très contente de cet investissement. Je propose, si c’est possible, d’afficher le texte de Brassens à différents endroits autour de ce site pour amener les gens à réfléchir « un peu » Courage !

  3. Bonjour, Est-on certain qu’il s’agisse de « voisins » ? Combien de personnes ? 1 ? 2 ?
    Si au RDV du 8 avril nous sommes bien plus nombreux, un débat pourrait être lancé…

  4. t’inquiète marc des souci j’ai pas fini de leur en apporter 🙂 le combat continu yohann

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