Ce sera eux ou nous

Tout le monde doit en être convaincu, il ne s’agit plus maintenant de « changer la vie » mais bien de la sauver…
Il devient évident qu’aujourd’hui, deux mondes, deux projets de société, deux civilisations se font face.
D’un côté, les tenants d’un monde capitaliste et marchand, dopé à la croissance, accroc à la consommation, sevré à la compétition et shooté aux énergies carbonées.
De l’autre, les partisans d’un mode de vie sobre, décroissant, précautionneux, fraternel.
Aujourd’hui, il est manifeste que ces deux mondes s’affrontent et ne pourront jamais cohabiter.
Et aujourd’hui, il est manifeste que l’un de ces deux mondes est en train d’anéantir l’autre.
Ce sera eux ou nous.
Heureusement, des collectifs passent à l’action ici et là.
Deux exemples ( infos publiées sur le site Contre-Attaque )

Un collectif revendique avoir mené une «action Kirikou» dans deux golfs toulousains pour protester contre leur grande consommation d’eau en pleine sécheresse.
«Alors que nous traversons un épisode de sécheresse extrême, l’arrosage des parcours de golf est autorisé par dérogation en raison du coût d’entretien de ces luxueux terrains À côté de ça, la sécheresse entraîne jusqu’à des interdictions totales d’irrigation en agriculture» explique le collectif Extinction Rébellion Toulouse.
«Pour dénoncer l’accaparement de l’eau par cette industrie de loisir pour les plus privilégiés», des trous ont été bouchés avec du ciment et la pelouse a été endommagée. «Cette action vise directement à empêcher l’utilisation de ces golfs et donc leur arrosage, et exige un réel contrôle des prélèvements d’eau de la part des golfs» conclut le communiqué. Des petits panneaux comportant des explications ont aussi été plantés sur certains trous, par exemple : «Ce trou a été bouché car son utilisation ne s’alignait pas avec le maintien d’un monde viable».
La crise climatique menace l’existence même des êtres vivants, dont nous faisons partie, ici et maintenant. Et le chaos s’accélère, personne ne peut plus l’ignorer. Les actions directes risquent de se multiplier partout contre les criminels climatiques et les gaspilleurs de ressources. Il en va de la survie collective.

Dans la nuit du 28 au 29 juillet, des jacuzzis pour touristes ont été éventrés à Gérardmer, dans les Vosges, alors que la commune est en proie à une sécheresse inédite. Le message «l’eau, c’est fait pour boire» avait été laissé sur place.
En mars dernier, c’est en Charente que des «méga-bassines» destinées à retenir de l’eau pour l’agriculture intensive étaient sabotées. Un collectif avait dénoncé «l’accaparement de l’eau» conduisant à «l’épuisement de ce bien commun».
Dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 août, c’est en Vendée qu’une action similaire a eu lieu. Deux bassines artificielles qui pompent dans la nappe phréatique au profit de gros agriculteurs ont été sabotées, à Pouillé et à Nalliers. Un collectif de «jardiniers, pêcheurs et amoureux des cours d’eaux» a publié un communiqué que voici :
«Cet été, comme tout le monde, nous subissons la sécheresse et les restrictions d’utilisation de l’eau qui vont avec. Cet été, comme tout le monde, nous voyons les monocultures de céréales inadaptées à nos régions être grassement arrosées. Cet été, nous voyons les millions de mètres cubes d’eau, présents dans les méga-bassines, fondre comme neige au soleil. Une eau qui a été directement pompée dans les nappes phréatiques. Cette eau nous manque.
Elle devrait servir en priorité à notre alimentation, aux rivières et à la diversité en faune et en flore qu’elles abritent. Les méga-bassines sont le pansement d’une agriculture-industrielle en bout de course. Une industrie qui, à la place de nous nourrir, tue les poissons et les abeilles et rend malade ceux qui la consomment. Il faut changer de modèle. Et pour commencer, il faut arrêter de construire et d’utiliser des méga-bassines. Face à ce constat, nous ne pouvions rester sans rien faire.
Alors, comme chacun le peut, la nuit du 8 au 9 août, nous avons enfilé des gants et masqué nos visages, nous avons pris des pinces et des couteaux, et nous avons enlevé la bâche qui recouvrait deux méga-bassines du sud Vendée. Celle située au nord est de la commune de Nailliers proche de la départementale D99 et celle au sud est de Pouillé. Pour prouver nos dires nous fournissons en pièce jointe deux photos prises cette nuit là.
Ce n’est pas une attaque contre les agriculteurs qui les utilisent, mais contre le système industriel qui les exploitent eux aussi. C’est aussi un message à la préfecture et au gouvernement : s’il n’y a pas vite un arrêt des projets de méga-bassines, nous appliqueront, de fait, un moratoire aujourd’hui plus que vital. Nous sommes des millions, à vivre directement les conséquences du réchauffement, à voir nos rivières s’assécher, et nous sommes prêts à passer à l’action.»

Un élu local s’est empressé de condamner les actes : «La bâche qui retenait l’eau a été sectionnée en hauteur. Cette coupure se prolonge jusqu’au niveau d’eau actuel». Le lobby de l’agriculture chimique, la FNSEA, a déclaré que «ces réserves d’eau sont la réponse aux enjeux environnementaux et économiques du territoire». L’agriculture industrielle représente près de la moitié de la consommation d’eau en France, en grande partie pour des monocultures de fourrage destinées à l’élevage intensif. Un modèle qui épuise les sols, les bêtes, et qui n’est plus viable.

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