Samedi 6 novembre, résistance au système !

Samedi 6 novembre, à l’occasion de cette journée de mobilisation internationale pour le climat, rassemblons-nous en unissant nos colères contre ce système oppresseur, exploiteur, destructeur.
Place du ralliement dès 14 heures puis place Saint-Éloi à 15 heures pour une marche unitaire derrière la banderole :
« Changeons le système ! Combien faudra t-il encore de COP 26 ? »

Le pouvoir nous espère désunis et essaie d’entretenir la division et la diversion à grands coups de propagande médiatique, de dénonciation de boucs-émissaires, de débats stériles et clivants. Ne tombons pas dans le piège et rassemblons-nous en unissant nos voix, nos aspirations et nos colères.
– l’exigence de démocratie du mouvement anti-Pass en lutte contre cette politique liberticide du tout sécuritaire et du grand marché sanitaire.
– l’exigence de justice sociale du mouvement des Gilets jaunes en lutte contre cette régression permanente de nos droits, de nos acquis sociaux.
– l’exigence d’un vrai réveil environnemental porté par le mouvement écologiste avant qu’il ne soit trop tard et que la planète devienne invivable.
Parce que les combats sont les mêmes, parce que l’ennemi est le même, unissons nos forces pour résister à ce système !

L’espoir est dans la lutte
Une alternative est nécessaire, donc un programme de revendications. Il n’existe pas clé sur porte, à nous de l’élaborer pas à pas, à partir du mouvement réel. Pour ce faire, nous ne devons pas partir du niveau de conscience des classes populaires mais nous focaliser en premier lieu sur le besoin d’une réponse globale cohérente à la situation objective diagnostiquée par la physique du climat. En bref : il faut un plan pour rester sous 1,5 °C de réchauffement en laissant les fossiles dans le sol, sans dépassement temporaire, sans compensation carbone et sans compensation de biodiversité ; un plan qui exclut les technologies dangereuses comme la BECCS (captage et stockage du carbone) et le nucléaire ; un plan qui développe la démocratie, propage la paix, respecte la justice sociale et climatique (principe des responsabilités et des capacités différenciées) ; un plan qui renforce le secteur public et fait payer le 1 % ; un plan pour produire moins, transporter moins et partager plus – le travail, les richesses et les ressources. Ce plan doit supprimer les productions inutiles et nuisibles tout en assurant la reconversion collective des travailleuses et travailleurs dans des activités utiles, sans perte de salaire ; il doit notamment nous sortir de l’agrobusiness et de l’industrie de la viande, organiser le passage à l’agroécologie. C’est évidemment d’un plan anticapitaliste qu’il s’agit. Mais sa force est d’être vital, au sens littéral du terme : il est indispensable au sauvetage de la vie.

Inutile de se voiler la face : nous sommes loin d’un tel plan aujourd’hui. Il faudra beaucoup de détermination, de patience et de courage pour convaincre, en remontant la pente des défaites subies par notre camp social. Les obstacles à surmonter sont terriblement nombreux. Dans une telle situation, le péril d’une désespérance de masse ne peut être écarté. Mais la sidération mélancolique ne résout rien. Comme disait Gramsci, on ne peut prévoir que la lutte, pas son issue. N’oublions pas les leçons terribles du 20e siècle : sous le capitalisme, le pire est toujours possible. Il faut donc le répéter sans cesse : seule la lutte collective peut inverser la tendance et il n’est jamais trop tard pour lutter. Certes, ce qui est perdu est perdu, les espèces disparues ne reviendront pas. Mais, si loin qu’on s’enfonce dans la catastrophe, la lutte pourra toujours rouvrir le chemin de l’espérance.
Pour combattre, nous devons être conscients non seulement des terribles dangers mais aussi de ce qui peut renforcer l’alternative. Paradoxalement, l’ampleur même du danger peut nous renforcer, à condition d’y voir la possibilité du changement révolutionnaire nécessaire. La crise de légitimité vertigineuse du système et de ses représentants nous renforce : nous n’avons pas à respecter ces gens qui ont laissé la catastrophe écologique grandir sans rien faire, alors qu’ils étaient informés. Les diagnostics de la science du changement climatique nous renforcent : ils plaident objectivement en faveur d’un plan du type de celui qui est esquissé ci-dessus. La mobilisation croissante de la jeunesse internationale nous renforce : elle se dresse contre la destruction du monde dans lequel elle devra vivre demain. La nouvelle vague féministe nous renforce : son combat contre les violences diffuse une culture du prendre-soin, aux antipodes de la chosification des êtres. La résistance admirable des peuples indigènes nous renforce : leur vision du monde peut nous aider à inventer d’autres relations avec la nature. Les combats des paysans nous renforcent : en disant non à l’agrobusiness ils concrétisent tous les jours des modes de production alternatifs.

Nous pouvons gagner le combat éthique, et soulever des montagnes. Il s’agit d’articuler, de faire converger les luttes contre toutes les exploitations et toutes les oppressions et de faire circuler les savoirs qui vont avec. Cette confluence est décisive. Elle seule peut mettre en branle un mouvement tellement massif qu’il permettra d’entrevoir à nouveau la possibilité concrète d’un changement de société profond, à la fois écologique, social, féministe et éthique. Dans le contexte ultra-défensif actuel, une puissante lame de fond sociétale sera sans doute indispensable pour que le monde du travail et ses organisations rompent le compromis productiviste avec la croissance capitaliste. En tout cas, cette rupture est un enjeu majeur : on ne gagnera pas la bataille pour la Terre et la Vie si les productrices et les producteurs ne se soulèvent pas contre le productivisme. Il s’agit de préparer ce soulèvement. Par des discours et des revendications qui allient le rouge et le vert (notamment la réduction massive du temps de travail sans perte de salaire), mais cela ne suffit pas : il faut multiplier les initiatives concrètes de rapprochement, de mise en réseau entre gauches syndicales, écologiques, féministes, paysannes, indigènes, au niveau mondial.
Dans ce contexte, une attention particulière doit être attachée aux luttes de territoires contre les mégaprojets productivistes, destructeurs de la nature et des gens. C’est là que le social et l’environnemental sont mis très concrètement au défi de surmonter les barrières que le capital dresse entre eux. Naomi Klein, dans son livre sur la crise climatique, a proposé de désigner ces luttes par le terme général de Blockadia. C’est dans le creuset de cette « Blockadia écologique », et dans sa convergence avec une « Blockadia sociale », du type Gilets jaunes, qu’émergera une alternative au rouleau compresseur du Capital : un projet écosocialiste pour vivre bien sur cette Terre, la laver des souillures du capital, et nous avec. (Publié sur le site Gauche anticapitaliste, le 29 octobre 2021)

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