Samedi 30 octobre 15H, tous ensemble !

Samedi 30 octobre, nous unirons à nouveau nos deux colères dans un même cortège : l’exigence de démocratie du mouvement anti-Pass en lutte contre cette politique liberticide du tout sécuritaire et l’exigence de justice sociale du mouvement des Gilets jaunes en lutte contre cette régression permanente de nos droits, de nos acquis sociaux.
Nous appelons aujourd’hui à un retour de toutes nos colères dans la rue et sur les ronds-points. Parce que le pouvoir nous espère désunis, il essaie d’entretenir la division et la diversion à grands coups de propagande médiatique et de débats stériles et clivants . Ne tombons pas dans ce piège et rassemblons-nous, unissons nos voix, nos aspirations et nos colères. Parce que les combats sont les mêmes, parce que l’ennemi est le même. On peut l’appeler comme on veut, le système, le capitalisme, la mondialisation, la croissance, le pouvoir ou bien le profit… mais une chose est certaine : nous n’arriverons pas à le démettre si nous nous obstinons à lutter chacun dans notre coin.
Nous appelons à bâtir ensemble une autre société dans laquelle ce sont les premiers de corvée, celles et ceux qui travaillent le plus dur et dont les tâches sont les plus ingrates et pourtant les plus indispensables, qui seront honorés et respectés. Nous appelons à rejoindre partout ces hommes et ces femmes de bonne volonté qui se lèvent et qui se battent sans relâche pour un monde meilleur, un monde véritablement démocratique, social et écologique.
Rendez-vous samedi 30 octobre sur la place du Ralliement à 15 heures.
Mêmes colères, même détermination !

Un beau texte de Jacques Chastaing sur ce qu’il faut penser de cet automne qui s’échauffe ( publié sur Ricochets ) :
23 OCTOBRE : LES MANIFESTATIONS ANTI-PASS SONT EN TRAIN DE METTRE LE FEU A TOUTES LES COLÈRES
La tendance qui s’était révélée le 9 octobre, puis confirmée le 16, a encore pris de l’ampleur ce samedi 23 octobre avec un retour en nombre des Gilet Jaunes sur les rond-points et dans les cortèges anti-pass sanitaire.
On a ainsi vu plusieurs manifestations anti-pass terminer leurs parcours sur les rond-points Gilets Jaunes et d’autres envahir des gares ou bloquer la circulation.
De la sorte, la tonalité de l’ensemble de cette journée était marquée non seulement par l’opiniâtreté des anti-pass qui continuent à occuper la rue en nombre à leur 17e samedi mais aussi par les Gilets Jaunes avec une ouverture à d’autres revendications contre les hausses de prix du carburant, du gaz et de l’électricité et globalement enfin ainsi par une nouvelle détermination plus socialement ancrée à gauche avec notamment une manifestation de tous contre l’extrême droite à Lyon.
Ce qu’il y a d’extraordinaire dans le mouvement actuel et probablement d’unique, mais qui est la marque de la période actuelle dans son ensemble, c’est qu’un mouvement social en cours sur des revendications particulières fait renaître un autre mouvement presque éteint qui s’était bâtit sur de toutes autres revendications et enfin que tous deux fusionnent pour certainement en entraîner d’autres… et ainsi de suite.
Le mouvement anti-pass a entamé sa lutte en refusant l’expertise médicale sans contrôle populaire de ceux du dessus au service de l’industrie pharmaceutique. Par sa détermination dans la durée, la détermination des soignants prêts à perdre leur emploi pour leurs convictions, cette lutte contre des mesures liberticides déguisées en mesures sanitaires, a formé au fond une lutte contre la peur, contre l’acceptation, contre l’esprit de défaitisme sur lequel le gouvernement qui se prétend fort s’appuie pour faire passer toutes ses mesures et ne rien céder. Mais là, il a trouvé face à lui des personnes libres qui se tiennent debout et qu’aucune force ne fera plier.
On voit particulièrement bien cette même détermination dans les anciennes colonies où par celle-ci le mouvement anti-pass a unifié toutes les révoltes qui sont dans l’air, ce qui mène à une sorte de pré-grève générale ou grève générale rampante en Martinique, Guadeloupe, Guyane, Polynésie et Nouvelle Calédonie avec de premiers succès par l’obtention du report du pass sanitaire pour tous fin décembre en Nouvelle Calédonie et l’autorisation de travailler et accéder au CHU de Martinique sans pass sanitaire.

Le confinement, le couvre-feu, les attestations de sortie étaient des mesures qui prolongeaient d’autres mesures coercitives antérieures particulièrement mal ressenties dans les anciennes colonies ou les quartiers et qui pavaient la voie à un renforcement brutal du contrôle social. Le Pass Sanitaire est une décision politique, un outil sécuritaire, un instrument du contrôle social, dont un des objectifs est d’opposer une partie de la population à l’autre et à partir de là de distiller petit à petit une nouvelle ère de délation organisée et de surveillance des uns par les autres.L’épidémie a continué et maintenant semble s’atténuer mais le gouvernement qui a pris goût à « l’état d’urgence permanent » et au vidage progressif de la démocratie de son contenu a, dans ce contexte, fait adopter la loi Sécurité globale. Puis ça a été l’obligation vaccinale et le Pass Sanitaire…

Et maintenant, le Pass sanitaire qui devait prendre fin le 15 novembre, est prolongé jusqu’au 31 juillet 2022, tout comme l’état d’urgence ainsi que l’autorisation d’accéder au statut vaccinal des élèves par les directeurs d’écoles ou les chefs d’établissement du second degré.
Le Pass, symptôme des dérives liberticides et l’Etat d’urgence sanitaire sont bien installés dans le quotidien de la population tout comme les mesures liberticides imposées pour soi-disant lutter contre le terrorisme après les attentats de 2015 qui ont été intégrées dans le droit commun.

Bien des Gilets Jaunes avaient des affinités d’esprit avec le fond de la résistance à ces évolutions des anti-pass. Mais c’est la détermination du mouvent anti-pass dans la durée contre toutes les calomnies et les sanctions qui a entraîné peu à peu de plus en plus de Gilets Jaunes dans le mouvement et qui a réveillé leur détermination au moment même où la hausse des prix leur rappelait le point de départ de leur révolte.
Or, à un moment où les grèves se multiplient depuis le mois de mai et maintenant plus significativement en septembre-octobre sur les salaires, le mouvement anti-pass par le biais des Gilets Jaunes qui ont beaucoup évolué à gauche depuis trois ans, est en train non seulement de réveiller toutes les colères pour la défense de toutes les libertés, mais aussi contre la hausse des prix, pour des hausses de salaires, et surtout de dessiner la possibilité d’unir tous les petits ruisseaux de ces colères en un seul fleuve contre le régime Macron et ses amis milliardaires… ce que l’on a vu tout particulièrement avec la manifestation contre l’extrême droite ce samedi 23 à Lyon,comme pour déblayer clairement le terrain politique, lever les ambiguïtés et permettre tous les ralliements.

La possibilité de ce mouvement d’ensemble qui se dessine de plus en plus est déjà inscrite dans le fait que le mouvement actuel anti-pass, les Gilets Jaunes et les grèves contribuent à inverser l’air du temps, la tendance néolibérale des quarante dernières années qui pesaient lourdement sur les épaules et les esprits des classes populaires.

Après des décennies d’aggravation des inégalités au détriment des plus pauvres comme au détriment des libertés, on assiste aujourd’hui – depuis un lent démarrage qui s’est fait en 2016 (voire 2009) – au renforcement de la force des exploités et opprimés, de son expression et à travers cela aux prémices de l’affirmation de l’existence des exploités et opprimés en tant que classe politique et de leur pression sur l’ensemble de la société et son avenir.
Avec la pandémie, on a qualifié les travailleurs en première ligne de héros, en particulier les soignants. Mais aujourd’hui, on les montre du doigt, on les culpabilise et suspend leurs salaires en attendant de les licencier tandis que les salaires de la majorité des salariés et des héros des premières lignes leur suffisent à peine à survivre alors que les milliardaires ont profité du covid pour s’empiffrer encore plus au vu et au su de tous.

Aujourd’hui, où les gouvernements qui ont montré une incapacité totale au plus fort de l’épidémie, sanctionnent des soignants, licencient des premiers de cordée et alors que les prix explosent, beaucoup expriment sous forme de manifestations ou de grèves quelque chose qui va eu delà des revendications immédiates et qui est une détestation commune de ce monde où toute la richesse revient toujours aux plus riches, aux planqués, aux voleurs et fraudeurs alors que les salaires de la grande majorité de ceux qui travaillent n’ont même pas suivi l’inflation.
La pandémie a provoqué une prise de conscience chez les travailleurs du monde et par là a changé la situation et changé chaque conflit.
Des rond-points, des usines, des grèves et des manifestations se lève l’exigence commune de découvrir et dénoncer le luxe dans lequel baignent les voyous qui nous gouvernent, qui profitent de notre travail et qui après avoir donné 300 milliards aux 500 plus grandes fortunes du pays, jettent une pièce, 100 euros, à ceux qui par leur sueur ont produit toutes leurs richesses. Ça devient insupportable et c’est ce qui est dans l’air, partout et qui unifie la diversité des mouvements dans leurs revendications particulières pour en faire un seul en tendance.

C’est pour le moment un cri encore sourd qui monte de toutes les manifestations, toutes les grèves avant qu’il ne devienne clair, limpide et explicite demain sous forme de programme général anticapitaliste et révolutionnaire.
La recherche de cette expression commence à devenir pressante. Dans cette situation, la tentation de la force par la bourgeoisie grandira au fur et à mesure que les tensions sociales se développeront et avant qu’elles ne deviennent trop dangereuses pour elle. On le voit déjà au pullulement de chroniqueurs d’extrême droite dans les médias, à la candidature soudaine de Zemmour propulsée par les médias des milliardaires.

Que sera demain ?
Cette urgence nécessite plus que jamais l’intervention maintenant du « facteur subjectif », l’appel à la rencontre des militants des Gilets Jaunes, du mouvement anti-pass, des militants syndicalistes de base, comme l’avait fait en son temps le Front Social en décembre 2016, mais aujourd’hui dans une situation infiniment plus mûre qu’à ce moment, pour faire entendre le cri sourd qui monte des manifestations, pour le rendre conscient, pour dire haut et fort où en est le mouvement général actuel, ce qu’il est en train de faire, vers quoi il se dirige et quels obstacles il va rencontrer, en général, mais plus précisément déjà avec les élections présidentielles qui se profilent.

On ne peut rien comprendre à la situation actuelle si on ne comprend pas la dimension de tension vers la « grève générale » que porte toute cette période et le dire haut et fort est un élément qui renforce encore le mouvement devenant ainsi plus conscient de ce qu’il est tout en accélérant sa progression.
C’est cette dimension de la période qu’un regroupement conscient et organisé peut décrire. C’est cette dimension qui explique pourquoi chaque mouvement est lié aux autres ; pourquoi le mouvement anti-pass n’est pas intrinsèquement de nature fascisante comme l’écrivaient bien des militants démoralisés mais qu’il tire au contraire à gauche dans la durée, comme tous les mouvements aujourd’hui, et pourquoi ainsi il peut fusionner avec celui des Gilets Jaunes pourtant apparemment si différent ; pourquoi dans cette situation chaque échec ne se traduit pas par un découragement mais est juste compris comme une leçon pour faire mieux la prochaine fois ; pourquoi cette détermination se montre dans la durée qui grandit dans les conflits sociaux en particulier pour les salaires ; pourquoi par exemple chez les salariés de Bergams en grève depuis 40 jours contre la baisse des salaires en échange du maintien de l’emploi, on entend comme chez les soignants suspendus par refus de l’obligation vaccinale, « qu’ils la ferment leur usine, on sera mieux à la maison qu’au travail à se détruire la santé pour une bouchée de pain » ; pourquoi la détermination monte chez les sages-femmes à leur 4e mobilisation nationale en refusant les réquisitions du préfet ; pourquoi encore a surgi la grève surprise des cheminots ce week-end pour l’augmentation de salaires et son extension possible à tous les week-end à venir laissant entrevoir à nouveau une lutte importante des cheminots alors qu’on imaginait les cheminots définitivement battus après les échecs de leurs deux longues luttes de 2018 et 2019/2020 ; pourquoi la journée d’action syndicale nationale du 5 octobre conçue pour démoraliser a pu être utilisée par des militants comme point d’appui pour aller plus loin, au point qu’un mouvement lancé chez Enedis ce 5 octobre s’étend aujourd’hui de proche en proche dans différentes unités de l’énergéticien pour des augmentations de salaires, reprenant le chantier de leur mouvement général très important de juin et juillet 2018… et pourquoi enfin il va se profiler bien d’autres conflits de ce type, à commencer par celui de la RATP de 2019/2020 qui ne demande qu’à reprendre ; pourquoi enfin cette fois-ci, le lien va se faire encore plus clairement entre les Gilets Jaunes qui luttent contre la hausse des prix et les salariés en grève qui se battent pour des augmentations de salaires face à la hausse des prix ; pourquoi pour finir, la grève générale rampante en Italie entraînée par les anti-pass qui se centre maintenant autour de son noyau prolétarien et vers laquelle regardent avec attention Gilets Jaunes et militants syndicalistes de base ou celle aux USA sont des autres figures du même mouvement qui se passe en France.

Pour comprendre et décrire cette situation, il faut être optimiste et il est temps de donner une expression organisée et consciente à cet optimisme.
Car aujourd’hui, dans cette « période de grève générale », l’optimisme n’est pas une dimension morale, il est l’intelligence de la situation.
La formule d’hier « allier l’optimisme de la volonté au pessimisme de la raison » attribuée à Gramsci et reprise pour leur compte par bien des militants découragés est non seulement une absurdité philosophique qui sépare la volonté de la raison, le corps de l’esprit, mais est aussi aujourd’hui l’expression d’un renoncement à comprendre la période, morcelant la situation en autant de conflits séparés alors que sa dynamique pousse au contraire à leur unité. Ceux qui ne voient pas cette poussée à l’unité sont alors toujours surpris par les explosions de colère sans arrêt renouvelées et une combativité jamais éteinte qu’ils enterrent pourtant à chaque occasion et qu’ils n’attribuent qu’à la nécessité de se défendre contre des attaques incessantes. Mais en général, des attaques incessantes écrasent, ici, elles poussent à la révolte incessante. Cette vision de conflits morcelés, défensifs, sans en voir l’unité offensive, obligent ces militants à courir sans fin derrière les événements sans jamais rien y comprendre, ne trouvant pour se justifier qu’à critiquer les mouvements, le peuple devenu selon eux fascisant sans jamais se mettre en cause eux-mêmes. Bousculés par ces mouvements qui les surprennent en permanence, ils ne trouvent à s’abriter que dans le sillage des organisations traditionnelles au nom du moindre mal. Ils justifient alors tout cela en se construisant un univers mental refermé sur lui-même, un univers du discontinu, de l’amnésie, de la mauvaise foi, de l’indifférence aux idées et de l’adaptation à des structures, de l’addition de formules militantes comme on empile des assiettes, et, au final, un univers mental où l’agressivité comme état d’esprit général irrité par tout ce qui différent, tout ce qui est vivant, prend la forme du goût du pouvoir.

Alors, vive l’optimisme, l’intelligence de la situation !

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