Pour Émir et les siens jeudi 5 octobre

Moi Émir et ma vie d’enfant… en 2017 :
“J’ai 12 ans et j’habite Angers depuis 2009.
Je suis fatigué après tous ces mois passés sous tente, parfois sous le soleil, parfois sous la pluie et le vent, parfois dans le froid de la nuit.
Je suis au collège dans un quartier loin du camp où je vis.
Ma mère élève mes frères et sœurs seules. Elle aussi est fatiguée.
Elle ne veut plus croire qu’un jour, ce sera meilleur.
J’ai encore dans la tête l’arrivée de la Police en nombre avec des chiens pour nous expulser de l’appartement où nous vivions au bâtiment du Chêne vert avec d’autres familles.
Pourquoi c’est toujours aussi violent ? Qu’est ce que j’ai fait ? Qu’est ce que nous avons fait pour vivre encore une fois dehors ?
Le 11 juillet, nous avons posé nos sacs avec nos affaires sur un terrain près du bâtiment d’associations.
Grâce à des personnes qui nous ont aidé et d’autres qui ont laissé ouvert ce bâtiment, je peux aller aux toilettes et aller boire au robinet.
La Police est venue plusieurs fois sur le camp. À chaque fois, j’ai peur quand je les vois car je ne sais jamais ce qui va se passer.
J’ai appris que la mairie demande notre expulsion. Pour aller où ?
En plus, je dors mal et mes crises d’asthme m’épuisent.
Mes parents sont arrivés en 2009 à Angers pour demander l’asile après avoir fui la guerre et la misère.
Depuis, c’est mon histoire, celle où je ne sais jamais ce qui va se passer de plus pire, même en France.
Je vais à l’école depuis que j’ai 4 ans. C’est ma chance et je parle bien français.
Quand on me voit, personne ne peut croire que mes parents sont d’un autre pays.
Sans argent, je prends pas le tramway pour aller à l’école.
Et aussi, je garde mes petits frères et sœurs pendant que ma mère va chercher à manger ou quand ma mère est malade.
J’ai lu un texte qu’une amie à ma maman m’a montré et qui est copié ici :
« …convention internationale des droits de l’enfant … article 27 alinéa 3… Les États parties adoptent les mesures appropriées,
compte tenu des conditions nationales et dans la mesure de leurs moyens, pour aider les parents et autres personnes ayant la charge de l’enfant à mettre en œuvre ce droit et offrent, en cas de besoin, une assistance matérielle et des programmes d’appui notamment en ce qui concerne, l’alimentation, le vêtement et …le logement. »
A l’école, mes copains parlent encore de leurs vacances et rigolent.
Moi, je n’arrête pas de penser.”
Pour défendre Émir et les siens, vous pouvez aussi signer la pétition
Non aux expulsions sans relogement !
Lors de la « Rentrée des solidarités » organisée par la ville le 20 septembre 2017, des militants ont donc eu le malheureux plaisir de remettre le prix du Pipeau d’or à Monsieur le Maire d’Angers, M. Christophe Béchu, afin de mettre en évidence des contradictions entre des discours et des actes. Partout en France, autant que nécessaire, nous appelons toutes les personnes ou organisations indignées par des contradictions similaires à manifester leur désapprobation en jouant ou en brandissant un pipeau. Le pipeau devient le symbole de la dénonciation des hypocrisies ou des mensonges de responsables politiques et institutionnels.
En attendant, la plus grande violence est la situation de ceux qui vivent à la rue et le traitement qu’ils subissent.

 

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