Samedi 13 juin à Angers : soutien aux déboulonneurs lillois

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Les Déboulonneurs lillois ont vécu hier leur premier procès en correctionnelle pour avoir « barbouillé » des panneaux publicitaires. Des actes réfléchis et viscéralement militants qu’ils ont pris grand soin d’exposer à l’audience.

Ce procès, ils le souhaitaient presque. Deux membres du collectif des Déboulonneurs lillois comparaissaient, ce mardi devant le tribunal correctionnel de Lille, pour dégradation de panneaux publicitaires et refus de prélèvement d’ADN.
Face au refus de payer les amendes, le ministère public a décidé de les poursuivre pour une action menée en mai 2014. « Certains policiers auprès desquels nous nous sommes dénoncés approuvent notre action », souligne d’emblée, Alessandro Di Giuseppe, un des prévenus. Le comédien est aussi l’ancien candidat à l’élection municipale de Lille sous l’étiquette de l’Église de la Très sainte consommation. Il dénonce « l’omniprésence des panneaux sur l’espace public, et notamment devant les écoles ». Son acolyte, Mallory Fossard, précise qu’ « un panneau sur trois, à Lille, est installé de façon illégale ».

Depuis le temps qu’ils en rêvaient ! Devant le palais de justice, tout le monde est arrivé tôt, les soutiens aux deux Déboulonneurs convoqués ce mardi, devant la 7e chambre correctionnelle, écoutent les consignes : on n’entre pas au tribunal avec des bouteilles d’eau, on n’intervient pas ni pour protester ni pour applaudir dans la salle d’audience et on laissera les banderoles à l’entrée. Il y a, dans l’air, un peu d’excitation et beaucoup d’émotion.

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À la barre, Alessandro Di Giuseppe et Mallory Fossard s’entendront reprocher des dégradations légères commises en réunion et un refus de prélèvements ADN, les deux infractions qui leur valent de comparaître. Le 26 mai 2014, ils sont arrêtés après avoir peint avec d’autres déboulonneurs, des slogans sur des panneaux publicitaires. À l’angle des rues Solférino et Gambetta, place Philippe-de-Girard, la bombe orange décline le combat : « Pas de pub devant les écoles », « La pub nous saoule », « Stop pub »… Ils ont agi dans le calme et à visage découvert. Alessandro Di Giuseppe et Mallory Fossard sont très clairs sur leurs convictions : « Je conteste l’invasion de la publicité agressive et violente dans l’espace public », dira le premier ; « Je souhaite, par mon action, créer un débat public et alerter… », souligne la seconde.

Michael Simoens ferraille pour borner le débat : « Ici on fait du droit. On est là pour juger des infractions ». Mais il suffit d’une question de Me Wiliam Bourdon pour que la parole s’envole. L’avocat parisien, spécialiste de la cause, a amené des témoins triés sur le volet. Laurence Blisson, secrétaire nationale du syndicat de la magistrature, est une lanceuse d’alerte de haut vol sur le fichage policier. Julien Dubois, élu Vert à Lille, a le poids de son poste d’adjoint quand il évoque « une pub trop prégnante à Lille ».
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Depuis maintenant neuf ans, ces militants anti-pub réalisent en moyenne une action par mois, cela fait de ce collectif d’une dizaine de militants le plus actif de France. « Nous voulons aussi défendre la liberté de non-réception, car le message publicitaire ne doit pas s’imposer aux passants », ajoute Mallory Fossard, la seconde prévenue. Selon la jeune femme, les « dangers » de l’excès d’affichage sont multiples. « Cela contribue au gaspillage, à la surconsommation, aux accidents de voiture, aux images dégradantes de la femme ou tout simplement à de la pollution visuelle et mentale », énumère-t-elle.

Me Bourdon plaidera la relaxe. Il se réfère à deux décisions précédentes, relaxant les Déboulonneurs. L’une était motivée par « l’état de nécessité » et l’autre par « la liberté d’expression ». L’avocat plaide cette fois l’absence de préjudice : il n’y a pas de partie civile et les panneaux ont été nettoyés. Le procureur Michel Isbled a requis un mois de prison avec sursis pour le barbouillage des panneaux et deux mois avec sursis pour le refus de prélèvements ADN. Décision le 7 juillet.(  Reportage Grand Lille TV )
déboulonneursLe Cercle 49 envisage de mener une action de rue sous forme d’un tournage d’une saynète chantée autour des nombreux panneaux lumineux angevins le  samedi 13 juin de 11 h à 12 h. Petit film que nous enverrons à nos amis lillois en forme d’encouragement.
Nous essaierons en même temps d’initier une pétition « Pour libérer l’espace public angevin du matraquage publicitaire : la ville de Grenoble l’a fait, pourquoi pas nous ? » La mairie de Grenoble a en effet décidé en novembre 2014 de ne pas renouveler le contrat qui la liait aux afficheurs : des arbres et des espaces d’affichage libre ont remplacé les panneaux publicitaires !

Saynète chantée : A six sous la douzaine

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2 réflexions sur “ Samedi 13 juin à Angers : soutien aux déboulonneurs lillois ”

  1. Le 13juin? Sinon j ai obtenu gain de cause: le film de Daniel Mermet « Howard Zinn » passe aux 400 coups a partir d aujourd hui! Un petit rappel sur le site? Amicalement, Anne.

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